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À La Une - Liban

Crise des déchets : Machnouk annonce un début de solution aux contours flous

Des manifestants ont crié, samedi dans le centre-ville de Beyrouth, leur ras-le-bol.

Les manifestants, rue des banques au centre-ville de Beyrouth, scandaient, samedi, "Vous Puez" à l'attention des responsables politiques libanais qu'ils accusent d'être derrière la crise des déchets ménagers. Photo Assaad Thebian via Twitter/

Excédés par les ordures ménagères qui inondent les rues de Beyrouth et d'autres régions libanaises, des centaines d'activistes de la société civile ont manifesté samedi leur colère en bloquant l'accès à la rue des banques, au centre-ville, alors que le ministre de l'Environnement annonçait un début de solution aux contours flous.

Aux alentours de 18h30 samedi, le ministre de l'Environnement Mohammad Machnouk a annoncé dans un communiqué que les déchets qui s’amoncellent dans les rues de Beyrouth seront ramassés dès le soir-même. "Nous coordonnons en ce moment les opérations de déblayage et de ramassage des déchets " a-t-il expliqué, ajoutant qu'une liste de localités qui accueilleront ces déchets, au préalable triés, a été établie par le ministère et qu'elle a été communiquée aux responsables des fédérations municipales concernées. "Dès ce soir, et durant plusieurs jours, les déchets dans les rues de Beyrouth seront ramassés", a-t-il assuré. Il n'était pas clair dans l'immédiat quelles municipalités étaient concernées, et comment une telle solution a pu être obtenue.

 

L'annonce du ministre n'a pas convaincu les militants de la société civile, qui avaient appelé à une manifestation, samedi après-midi, au centre ville de Beyrouth, pour dénoncer la non-gestion par le gouvernement de la crise des déchets.

"Ce n'est pas une vraie solution, au mieux ce n'est que du temporaire, estime Assaad Thebiane, un des manifestants du centre-ville interrogé par L'Orient-Le Jour. Il n'y aura pas de tri et les déchets continueront à s'accumuler. Et pourquoi avoir attendu que la crise s'aggrave pour trouver une solution? Les responsables savaient depuis six mois que nous serions confrontés à un sérieux problème".

Depuis la fermeture, le 17 juillet, du dépotoir de Naamé au sud de Beyrouth, la compagnie Sukleen, dont le contrat a pris fin, n'assure plus le ramassage et le transport des ordures qui s'accumulent dans les rues de la capitale et plusieurs régions du pays.

Depuis le début de la crise, les habitants et responsables de certaines régions libanaises refusent catégoriquement d'accueillir les déchets de la capitale ou d'autres zones du pays. Les habitants du Akkar, au nord, ont réaffirmé ce refus samedi. Le député Khaled Daher a ainsi menacé de "dévoiler les magouilles" concernant le dossier des déchets, au cas où une décision de transférer les ordures vers le Akkar était prise, rapporte la LBCI.

 

(Lire aussi : Comment, en pleine crise, réduire le volume des ordures chez soi)

 

Les manifestants, réunis au centre-ville de Beyrouth, ont également interpelé les dirigeants, en manifestant leur colère, non loin du Grand Sérail, avec comme slogan "Vous Puez", en allusion à la responsabilité des dirigeants politiques dans la crise des ordures ménagères. 

Assad Thebiane assure qu'environ 1000 personnes ont défilé samedi devant le Grand Serail, en passant par la place de l'Etoile et le Parlement et la place des Martyrs. "La manifestation s'est bien déroulée, et nous avons pu faire parvenir notre message, explique-t-il. Les Forces de l'ordre se sont montrées très compréhensives, et ne nous ont pas bousculés". Si le slogan principal de la manifestation était "Vous Puez", certaines personnes ont scandé "le peuple veut la chute du régime", qui fait écho au célèbre cri des révolutionnaires des Printemps arabes. "Il se peut que certaines personnes aient exprimé une opinion personnelle, elles sont libres de le faire. Mais elles ne s'expriment pas au nom de tous les manifestants", a expliqué l'activiste. 

Il s'agit là du deuxième mouvement de colère de la société civile au centre ville de Beyrouth depuis le début de la crise le 17 juillet. Vendredi soir, des jeunes avaient, en outre, exprimé leur ras-le-bol via des opérations coup de poing dans plusieurs quartiers de Beyrouth. Ces jeunes avaient notamment déversé au milieu de plusieurs rues, dont certaines menant au centre-ville, des sacs d'ordures et avaient incendié des bennes à ordures.

Après la manifestation de samedi, la société civile ne compte pas s'arrêter là. "Nous allons manifester mardi, en marge du Conseil des ministres, affirme Assaad Thebiane. Nous voulons une solution qui soit écologique, à long terme et qui respecte la santé des Libanais".

 

 

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