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La Dernière

La route de la soie, de Sartirana à Bsous

Exposition

Il faut descendre toute la vallée de Bsous pour retrouver cet endroit un peu perdu au milieu de rangées d'oliviers. L'ancienne bâtisse qui abritait jusqu'en 1945 une filature de soie a été transformée en musée dédié à cette industrie, qui fut l'une des plus importantes au XIXe siècle au Liban. Cette année, le musée accueille l'exposition « Silk Fantasy » : un hommage aux soieries italiennes.

22/07/2015

Laissée en ruine après l'arrêt des activités industrielles en 1945, la magnifique bâtisse qui abritait une filature de soie avait bien failli être détruite. En 1966, George et Alexandra Asseily s'arrêtent au bord de la route devant la maison oubliée, que la végétation commençait à envahir. C'est le coup de foudre. Le couple décide de réaménager la demeure en musée, qui sera inauguré en 2001. Tandis qu'une partie du musée est consacrée à l'histoire de la fabrication de la soie, une seconde partie se veut ouverte sur le monde. Chaque année, ces salles accueillent une nouvelle exposition autour du sujet et de la matière.
Depuis le mois de mai, l'Italie est à l'honneur avec des soieries imprimées provenant de la ville de Côme. Jusqu'au 8 novembre, le Musée de la soie, en partenariat avec le Mumo, le Museo della Moda (Musée de la mode), la Fondazione Sartirana Arte et la fondation Ken Scott, propose une exposition baptisée Silk Fantasy, parrainée par l'ambassade d'Italie et l'Institut culturel italien. Parmi les artistes emblématiques de la mode italienne, les organisateurs ont choisi de mettre en valeur deux figures des années 1980 : Ken Scott et Andrea Pfister.
Le choix des artistes est essentiellement celui de Giorgio Forni, directeur du Mumo. Avec chacun des créateurs italiens, il entretenait un lien particulier. Il a vécu dans la même ville que Pfister, où il fut l'ami de longue date de Versace, le collaborateur de Moschino et... l'admirateur de Ken Scott. Le choix de ce dernier, un artiste né aux États-Unis, est moins évident : «Nous n'avions pas à l'origine imaginé présenter le travail de Ken Scott, explique Dona Raad, responsable du musée. Mais c'était une proposition de leur part, et nous nous sommes dit que cela nous permettrait d'élargir aussi nos horizons, et surtout nous avions accès à de très belles pièces !»
Pourtant, l'ancrage italien de Ken Scott est bien réel. C'est à Milan qu'il viendra s'établir et se fera surnommer le « plus milanais des artistes italiens ». Et ce n'est autre que le château de Sartirana que le président de la Fondation Ken Scott, Aldo Papaleo, a choisi comme lieu d'exposition permanente des pièces du créateur.

 

De Milan à Bsous
Sous la houlette du scénographe Jean-Louis Mainguy, une incontournable complicité qui se répète depuis de nombreuses années, l'exposition comporte deux salles, consacrées chacune à l'un des créateurs. Y sont dévoilées certaines de leurs plus belles soieries aux couleurs chatoyantes et aux motifs exotiques ou épurés. Les pièces sont nombreuses : foulards, robes, cravates, parapluies, et sont présentées auprès d'autres créations de noms célèbres de la mode tels Gucci, Versace, Ferragamo ou encore Valentino. Pièces phares de l'exposition, des cravates, foulards et écharpes Armani, Ferré et Gucci, ainsi que les quatre blouses du créateur Ferragamo qui ont été cédées à la Fondation Sartirana par Carla Burri, tante de Giogio Forni et directrice des Instituts culturels italiens.
Si les pièces exposées sont très belles et ravissent les yeux, on pourrait cependant regretter le manque d'information nécessaire pour mieux saisir l'univers stylistique de ces deux grands noms de la mode contemporaine.

« Silk Fantasy », Musée de la soie, Bsous. Jusqu'au 8 novembre 2015. De mardi à dimanche, de 10h à 18h.
Adultes : 8 000 LL. Étudiants : 5 000 LL.
Pour plus d'informations : www.thesilkmuseum.com

 

Andrea Pfister et Ken Scott en bref...

Andrea Pfister est né en 1942 à Pesaro en Italie. Talentueux, il part à Paris en 1963, après avoir achevé ses études d'art, pour s'établir en tant que designer de marques de haute couture, tel Lanvin. En 1967, à 25 ans seulement, il ouvre son premier magasin à Paris et lance en 1968 ses propres collections. Dans son atelier de Vigevano seront produits des chaussures, des sacs, des robes et autres créations, qui finiront aux pieds et au bras de nombreux amis et célébrités, parmi lesquels Elizabeth Taylor, Raquel Welch, Ursula Andress, Rudolf Noureev, Barbara Streisand et Madonna...

Ken Scott est né à Fort Wayne (Indiana) en 1918. Après des études de design à Manhattan, il s'établit à Paris, puis à Milan, où il travaille pour Falconnetto et se rend célèbre grâce à ses foulards colorés. En 1964, il lance sa propre marque de prêt-à-porter. Dans Two for the Road (1967), de Stanley Donen, Audrey Hepburn porte certaines de ces créations. Aujourd'hui, grâce à Aldo Papaleo, président de la Fondation Ken Scott, les créations du designer continuent de vivre et d'égayer le paysage stylistique italien.

 

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Lumières sur les soies du Liban, de Syrie et de Palestine 

 

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