Très bientôt, les étudiants et étudiantes diplômé(e)s dans leurs diverses disciplines vont émerger des facultés et des universités pour franchir le grand pas qui sépare la préparation des réalisations, le monde du possible, de celui du réel.
Que devons-nous dire à ces jeunes gens, nous qui appartenons à une génération antérieure, déjà marquée par les épreuves ? Il faut, d'après nous, leur dire la vérité, les prévenir de ce qui les attend, de ce que nous attendons d'eux, et pour quelles raisons ?
Très chers jeunes gens et jeunes filles, les difficultés, les incertitudes, les dangers vous tendent les bras. Regardez autour de vous : partout, à l'intérieur comme à l'extérieur, les problèmes sont énormes. Ce n'est pas nouveau. La génération précédente s'est battue deux fois pour repousser l'envahisseur ; elle a été aux prises, à l'intérieur, avec de redoutables problèmes économiques et sociaux. Nous avons fait de notre mieux – peut-être ne nous en sommes-nous pas tirés trop mal – mais, pendant ce temps, nous avons négligé certaines choses.
Qu'allez-vous faire, vous, pour remédier à l'aggravation constante des problèmes économiques, sociaux et écologiques ? À l'habitude du pot-de-vin et à la corruption ? À la pornographie en littérature et dans les films ; au goût de la perversion que reflètent certains romans, certaines vidéos et certaines pièces de théâtre ?
Ne vous y trompez pas, ce sont là les symptômes historiques de la décadence. Où est la clé de ces problèmes ? Entre les mains des hommes, pas de n'importe lesquels, bien sûr, mais d'une catégorie d'hommes bien définie.
Il nous faut des hommes droits, d'une droiture farouche, inflexible, des hommes qui estiment que mentir est méprisable, et trahir sa parole, avilissant.
Il nous faut des hommes intelligents, capables de peser « le pour et le contre », de juger, d'agir. Déjà les pays rivalisent âprement pour s'assurer les services des étudiants polyvalents.
Il nous faut des hommes hardis, que le danger, loin de paralyser, stimule, des hommes qui sachent prendre des risques à bon escient et tout perdre s'il le faut, hormis la volonté de risquer de
nouveau.
Il nous faut des hommes héroïques. La leçon de l'histoire sur ce point est claire : aucun pays n'a jamais conquis sa liberté sans se battre et ne l'a conservée sans être prêt à se battre de nouveau.
Il nous faut des hommes et des femmes qui aient la passion du travail non pas pour la célébrité, la fortune ou la sécurité qu'il peut procurer, mais pour la satisfaction d'accomplir une tâche difficile ou même de tenter l'impossible.
Il nous faut des hommes qui soient patriotes, parce qu'ils auront compris que l'amour de la patrie est une chose fondamentale, la fierté engendrant la confiance et la confiance engendrant le succès.
Il nous faut des hommes et des femmes gai(e)s et chaleureux(ses), qui aiment la vie et les bouleversements qu'elle ne manque pas d'apporter. Il nous faut des hommes doués d'imagination, d'humour, de curiosité et qui aiment le beau, de sorte qu'ils ne s'embarrassent pas des frontières nationales et soient d'emblée des citoyens du monde dans ce choc des civilisations d'aujourd'hui.
D'où sortiront-ils, ces hommes-là ? Des entrailles des pays qui seront demeurés capables de se juger, de renoncer aux extravagances, d'exiger des sacrifices quand il le faut, de donner l'exemple et d'inciter leurs citoyens à un constant effort vers le mieux et le meilleur.
Ils sortiront de familles où la notion de dévouement est à la base même de la vie, d'écoles où la discipline forme des êtres capables de se discipliner ; d'universités où la culture ne se confond pas avec l'acquisition de connaissances mais est conçue à la manière d'un pèlerinage sans fin vers des buts lointaints et difficiles : faire régner la justice et l'honneur, et servir
l'humanité.
Des hommes de ce genre, notre pays en a toujours connu à quelques exceptions près. Votre génération, elle aussi, en comptera dans ses rangs autant, mais ils doivent être plus nombreux que jamais, parce que les courants de l'histoire sont plus rapides, et que les hommes de cette trempe sont absolument nécessaires à notre monde. « Jeunes gens et jeunes filles », la liberté n'est pas seulement un privilège, il faut la mériter, sinon elle vous échappe. Soyez donc les bienvenu(e)s à votre entrée dans l'arène. Armez-vous de courage, de vitalité et de bonnes résolutions. Vous allez en avoir besoin... et votre pays le Liban va avoir besoin de vous... Bonne chance et bon succès !
Nos lecteurs ont la parole - Sylvain Thomas
Hautes études terminées, jeunesse l’avenir vous attend !
OLJ / le 17 juillet 2015 à 00h00


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