Repère

Grèce : la semaine de tous les superlatifs

A actualité extravagante, quotidien hors-normes.

AFP / THEO KARANIKOS

En quelques jours, la Grèce est devenue le premier pays industrialisé à être en défaut de paiement vis à vis du FMI, a dû fermer ses banques et monter de toutes pièces l'organisation d'un référendum à l'enjeu inédit.

 

Enterré à crédit

Limités dans les grosses dépenses en liquide en raison du contrôle des capitaux, les Grecs ont pu bénéficier de quelques dérogations au règlement de leurs factures. Selon les médias, la ville d'Athènes a ainsi suspendu le paiement des frais de funérailles dans les cimetières municipaux, en attendant la réouverture des banques. Pour ceux qui envisageraient un voyage moins lointain, la compagnie aérienne Ryanair a fait une entorse à sa politique du tout Internet en permettant aux Grecs l'achat de billets d'avion en cash aux comptoirs des aéroports.

 

Une campagne fulgurante et totale

Annoncé dans la nuit de vendredi à samedi derniers, dans un pays qui n'avait pas organisé une telle consultation depuis 40 ans, le référendum a pourtant donné lieu à une brève mais réelle campagne avec tout l'attirail traditionnel : dès mardi, le site Internet du gouvernement referendum2015gov.gr était en ligne, même si beaucoup lui ont reproché de ne présenter que le point de vue de la majorité de gauche radicale qui défend le non ; dans le même temps, les partisans du oui, menés par des représentants du monde économique, universitaire et des partis d'opposition, avaient monté leur page Facebook, compte Twitter, mis au point leur logo, slogans et leur spot de campagne en quelques jours.

 

Des médias polarisés à l'extrême

L'esprit de parti pris assumé de la presse grecque a atteint des proportions inédites dans la dernière ligne droite du référendum. Samedi, les quotidiens du oui clamaient en Une "Oui à l'euro, oui à la Grèce" (Vima), "Les Grecs choisissent l'Europe" (Ethnos), "Nous votons pour le maintien dans l'euro" (Eleftheros Typos). De l'autre côté du spectre, Avghi, le quotidien de Syriza, est le seul à barrer sa Une d'un "Oxi" (Non). A la partialité, les chaînes de télévision privée grecques, expressément en faveur du "Nai" (Oui), ont ajouté la corde de l'émotion, multipliant les reportages catastrophistes, les bandeaux anxiogènes, les prédictions apocalyptiques sur leurs antennes consacrées en continu aux "derniers développements".

 

Les grands mots

Il y a bien sûr les passes d'armes devenues banales entre le gouvernement d'Alexis Tsipras, prompt à dégainer les accusations de "chantage", et ses créanciers pas beaucoup plus amènes. Mais signe de la dramatisation des enjeux, le débat a suscité des prises de position moins attendues. Le pape François a "désiré faire sentir sa proximité au peuple grec" appelant à maintenir "la dignité de la personne humaine". La Chine s'est immiscée, souhaitant "que la Grèce reste dans la zone euro". Le président Nicolas Maduro a exprimé "toute la solidarité du peuple bolivarien du Venezuela" avec la Grèce.
Pour l'ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi, l'Europe a rendez-vous avec l'histoire : "la Première guerre mondiale a éclaté à cause d'un incident mineur. Mais je veux espérer qu'Athènes ne soit pas notre Sarajevo".

 

Météo modérée

Dans cette course à l'excès, la météo grecque s'est montrée d'une modération inhabituelle pour la saison. Alors que l'Europe de l'Ouest transpirait sous plus de 35°, les températures dans la majeure partie de la Grèce ont rarement dépassé les 30° avec, fin juin, une fraîcheur inhabituelle en soirée.
Un répit de courte durée : dans les prochains jours, la canicule devrait se déplacer lentement vers l'est de l'Europe, touchant la Grèce notamment, selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

 

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