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Économie - Reportage

« J’ai travaillé plus de 50 ans en mer, et maintenant je mendie 120 euros »

Entre colère et résignation, les retraités grecs viennent chercher leur pension.

Des retraités font la queue devant la National Bank pour retirer leurs 120 euros autorisés. Louisa Gouliamaki/AFP

« Qu'ils aillent au diable ! »
En colère ou résignés, les retraités grecs sans carte bancaire se pressaient hier devant les banques qui font une exception à la fermeture décrétée par le gouvernement pour leur permettre, pendant trois jours, de retirer 120 euros.
« J'ai travaillé plus de 50 ans en mer, et maintenant je mendie 120 euros », se désolait à Athènes un ancien marin qui expliquait ne pas avoir assez d'argent pour acheter les médicaments de sa femme, malade. « J'ai pris l'argent, je sais que ce n'est pas suffisant, mais c'est ce que j'avais à prendre, et je l'ai pris », a témoigné Dyonisia Zafiropoulou, ancienne employée de la DEI, la compagnie d'électricité. « J'ai vécu l'Occupation, j'ai vécu des difficultés, et je crois qu'on va surmonter ce moment », espérait-elle.
Depuis lundi, toutes les banques grecques sont fermées et les retraits limités à 60 euros par jour, une mesure décidée par le gouvernement pour préserver le pays d'un effondrement bancaire. Mais pour les retraités qui ne disposent pas de carte de crédit ou de débit, et ils sont nombreux, près d'un millier d'établissements bancaires ont ouvert hier pour une durée de trois jours.
Leur priviliège s'arrête là : ils ne pourront pas retirer au guichet plus de 120 euros pour la semaine. Sachant que les banques ne rouvriront pas avant mardi, cela ne fait que 20 euros par jour. « Je vais dépenser moins que ça », commente un homme dans la file d'attente d'une agence de la Banque nationale grecque (BnG).
Dans les agences bancaires ouvertes, les retraités sont reçus par ordre alphabétique ou en fonction de leur heure d'arrivée. Ils doivent présenter leur numéro de compte et une carte d'identité.
À proximité, des policiers veillent à ce que tout se passe bien. La nervosité et l'exaspération sont palpables. « Comme vous pouvez le voir, nous avons beaucoup de chance », ironise une dame près d'une succursale d'Alpha Bank, en face de l'université d'Athènes. « Qu'ils aillent au diable ! » s'emporte un autre en sortant. D'autres clients, qui ne sont pas retraités mais n'ont pas non plus de carte bancaire, essayent de négocier l'accès à l'argent de leur compte. Mais le « non » des employés de la banque est catégorique.
En annonçant la suspension des négociations et la tenue d'un référendum sur les propositions des créanciers de la Grèce (UE, BCE, FMI), dans la nuit de vendredi à samedi, le Premier ministre Alexis Tsipras, a provoqué un bank run, les Grecs se précipitant vers leurs banques pour retirer quelques économies. Depuis, le contrôle bancaire a été mis en place.
« Je soupçonne que les choses ne vont pas bien, quand on impose constamment des restrictions comme ça, commente Thanasis, qui a travaillé dans le bâtiment pendant 20 ans. Que Dieu nous aide... »
Alvaro VILLALOBOS /AFP


« Qu'ils aillent au diable ! »En colère ou résignés, les retraités grecs sans carte bancaire se pressaient hier devant les banques qui font une exception à la fermeture décrétée par le gouvernement pour leur permettre, pendant trois jours, de retirer 120 euros.« J'ai travaillé plus de 50 ans en mer, et maintenant je mendie 120 euros », se désolait à Athènes un ancien marin...

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