La dégradation de la couche d’ozone et l’augmentation de l’intensité des rayons de soleil accroissent les risques de mélanomes. Il est important donc de s’exposer au soleil d’une manière raisonnable. Photo Michel Sayegh
« Je pense que je vais mal !
On est déjà en juin et je suis encore blanche ! » Cette confidence d'une amatrice de la plage en dit long sur les mauvaises habitudes, voire l'insouciance en matière de bronzage. Il suffit, en effet, qu'un rayon de soleil pointe dans le ciel pour que les accros du bronzage envahissent les plages. Impatients de voir la couleur de leur peau foncer, ils (et surtout elles) se prélassent des heures durant, faisant fi des recommandations des spécialistes.
Certes, le soleil est bénéfique pour l'organisme. Il aide en fait à synthétiser la vitamine D nécessaire à la minéralisation des os, à la croissance et au maintien du capital osseux. Le soleil agit aussi positivement sur le moral. Il suffit toutefois d'une exposition d'un quart d'heure par jour pour en tirer les bénéfices.
Loin d'appeler à une privation du soleil, le but de cet article est d'insister sur la nécessité de s'y exposer d'une manière raisonnable et intelligente. Et pour cause, puisque la dégradation de la couche d'ozone et l'augmentation de l'intensité des rayons de soleil accroissent les risques de mélanomes.
Les instructions du président de l'ordre des médecins interdisant aux spécialistes d'accorder des interviews – même à caractère scientifique – aux journalistes étant toujours en vigueur, L'Orient-Le Jour se contente d'une compilation d'articles parus sur le même sujet.
Anatomie de la peau
Les spécialistes rappellent que pour bénéficier du soleil sans nuire à sa santé, il est impératif d'éviter les rayons ultraviolets (UV) entre 10h et 16h, mais aussi les coups de soleil qui augmentent le risque de cancer de la peau. Ils expliquent dans ce cadre que les effets du soleil sur la peau sont cumulatifs, « dans le sens où les maladies de la peau peuvent se manifester après plusieurs années d'exposition excessive au soleil ».
Un exposé de l'anatomie de la peau permet de mieux comprendre. La peau est formée de trois couches : l'épiderme ou la couche superficielle ; le derme ou la couche intérieure ; et l'hypoderme, qui est la couche la plus profonde et la plus épaisse de la peau.
Les cellules mélanocytes, trouvées dans l'hypoderme, produisent la mélanine, qui donne à la peau sa couleur naturelle et la protège contre les UV. Une exposition normale à ces rayons entraîne une augmentation de la production de mélanine, ce qui rend la peau plus foncée et lui donne cet aspect bronzé. « C'est un système de défense », soulignent les spécialistes. Une exposition excessive au soleil toutefois provoque une mutation des cellules mélanocytes et une modification de leur code génétique ou ADN. Normalement, les cellules de la peau sont dotées d'un système qui permet de réparer les lésions de l'ADN. Lorsque celles-ci deviennent récurrentes, la réparation ne peut plus avoir lieu, entraînant un vieillissement prématuré de la peau et souvent un mélanome. C'est une forme très grave de cancer de la peau qui pourrait être fatale si elle n'est pas traitée.
Mélanomes et personnes à risque
Bien que les cancers de la peau soient dans leur majorité bénins, pouvant être traités localement chez un spécialiste, la précaution est de mise. Selon le Data Monitor Report, le nombre de personnes souffrant de mélanome doublera au cours des prochaines années, passant de 138 000 nouveaux cas par an à 227 000 nouveaux cas en 2019. Au Liban, 44 nouveaux cas de mélanome et 602 nouveaux cas d'autres types de cancer de la peau sont diagnostiqués chaque année, d'après l'édition 2007 du Registre national du cancer. Au Liban également, des cas de mélanomes sont de plus en plus diagnostiqués à un âge plus jeune.
Les mélanomes superficiels et nodulaires sont les plus fréquents. Le mélanome superficiel constitue près de 70 % de l'ensemble des cancers de la peau. Il se développe vers l'extérieur et ne risque pas, généralement, de se propager à d'autres parties du corps, sauf s'il croît en profondeur. Il est nécessaire donc de le diagnostiquer à un stade précoce.
Le mélanome nodulaire par contre se développe en profondeur et peut, par conséquent, se propager vers d'autres organes. Il représente près de 15 % des cas de cancer de peau diagnostiqués.
Le risque de développer un mélanome dépend du phototype de la peau. Les spécialistes en distinguent cinq catégories : la peau laiteuse, qui brûle toujours et ne bronze jamais ; la peau claire, qui brûle toujours, mais bronze légèrement ; la peau mate, qui brûle parfois, mais bronze toujours ; la peau brune, qui ne brûle jamais et bronze toujours ; et la peau noire, qui ne brûle jamais.
De plus, les personnes aux yeux colorées, celles qui ont des taches de rousseur et des grains de beauté sont également exposées à un risque accru de développer un mélanome, sachant que tous les grains de beauté n'entraînent pas un mélanome. En effet, moins de 20 % des cas sont dus à une transformation des grains de beauté. Néanmoins, le nombre important de grains de beauté sur la peau est un indicateur d'une prédisposition génétique à un mélanome. D'où l'importance d'observer ses grains de beauté et de consulter un spécialiste au moindre changement.
Reconnaître un mélanome

La règle de l'ABCDE du mélanome permet de distinguer un grain de beauté normal d'un mélanome. Cinq caractéristiques sont à retenir :
– Asymétrie : un grain de beauté est plutôt rond et symétrique. Un mélanome est asymétrique.
– Bords : les bords d'un grain de beauté sont réguliers et géométriques. Ceux d'un mélanome sont irréguliers et dentelés.
– Couleur : la couleur du grain de beauté est unifiée. Celle du mélanome n'est pas homogène et varie du brun clair au noir foncé.
– Diamètre : le grain de beauté est généralement petit, avec un diamètre inférieur à 6 mm. Celui d'un mélanome dépasse cette taille.
– Évolution : la taille, la forme et la couleur du grain de beauté ne changent pas. Par contre, la taille, la couleur et l'épaisseur du mélanome évoluent.
Davantage de protection pour les enfants

Photo archives.
Certaines précautions supplémentaires sont à prendre chez l'enfant d'autant que les nuages et les parasols n'arrêtent pas efficacement les rayons UV et que les surfaces réfléchissantes (eau, neige et sable) augmentent l'effet de l'exposition au soleil :
– Ne jamais exposer un nouveau-né au soleil.
– Utiliser un écran solaire chez les enfants âgés de plus de six mois.
– Exposer progressivement l'enfant les premiers jours pendant une courte durée.
– Exposer le moins possible les enfants âgés de moins de 3 ans, parce qu'ils sont plus sensibles aux effets néfastes du soleil.
– Donner à boire à l'enfant.
– Appliquer des produits apaisants après le soleil sur le visage et le corps si nécessaire.
– Faire porter à l'enfant des habits légers et protecteurs (T-shirt, short et chapeau). Ne pas oublier les lunettes solaires.
– Ne pas utiliser des produits autobronzants pour les enfants pour éviter les risques d'allergie.
– Ne pas faire subir aux enfants des séances de bronzage dans des centres spécialisés.
Mesures de protection solaire

Joseph Barrak/AFP
– Ne pas s'exposer entre 10h à 16h.
– Éviter de se brûler.
– Éviter le bronzage prolongé et les cabines de bronzage aux rayons UV.
– Se couvrir avec des vêtements, de préférence des chemises à manches longues et des pantalons longs. Mettre un chapeau à larges bords et des lunettes de soleil avec filtre UV.
– Utiliser quotidiennement un écran solaire qui protège à la fois des rayons UVA et UVB. Opter pour un écran solaire à indice protecteur supérieur à 15 et qui soit résistant à l'eau et à la sudation.
– Appliquer un écran solaire sur tout le corps 30 minutes avant de sortir. Renouveler l'application toutes les deux heures ou immédiatement après la baignade ou la transpiration excessive.
– Examiner sa peau à la recherche d'un moindre changement.
– Se faire examiner la peau par un spécialiste régulièrement.
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Et pourtant comme dans le poulet , le meilleur c'est le blanc ....lol...
15 h 30, le 30 juin 2015