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Moyen Orient et Monde - Témoignages

« Même dans les campagnes, les habitants ne sont plus à l’abri... »

Des policiers font la garde dans une rue du quartier des Moines à Saint-Quentin-Fallavier, près de Lyon. Une enquête est en cours suite à l’attaque dans l’usine de gaz industriels dans la région. Jean-Philippe Ksiazek/AFP

Une personne est morte décapitée et plusieurs ont été blessées dans un attentat jihadiste en France, qui a visé hier matin une usine de gaz industriels en Isère, près de Lyon. La tête décapitée a été retrouvée couverte d'inscriptions en arabe et accrochée à un grillage. Selon une source proche de l'enquête, un homme est entré, un drapeau islamiste à la main, dans l'usine de gaz industriels, située à Saint-Quentin-Fallavier, et il y a fait sauter plusieurs bonbonnes de gaz.

Cet attentat redouté survient près de six mois après les sanglantes attaques commises au nom de l'islam radical à Paris. L'attaque, « de nature terroriste » selon François Hollande, a ravivé la peur des Français, notamment les habitants de la région. Interrogés par L'Orient-Le Jour, des habitants de Lyon ont témoigné.

« Ici tout le monde est choqué, c'est un acte extrêmement barbare, peu importe par qui il est revendiqué », souligne Myriam Bourahla, une peintre de 39 ans. « On se croirait à l'époque des croisades », crie-t-elle sans cacher sa peur. « Dans les prochains jours, je vais certes éviter d'aller à la gare ou dans les grands magasins », ajoute-t-elle. Et la jeune femme de poursuivre : « Je ne comprends pas pourquoi ils ont visé Saint-Quentin, c'est un petit coin paumé à 30 kilomètres de Lyon. Même dans les campagnes, les habitants ne sont plus à l'abri... »

Guillaume Petit, lui, n'est pas surpris. « De nombreuses tentatives d'attentat ont déjà été déjouées dans la région. Les tensions sont palpables, ici en Rhône-Alpes, mais comme dans d'autres régions françaises », indique à L'Orient-Le Jour cet étudiant en journalisme, habitant à une trentaine de kilomètres de l'usine où l'attaque a été perpétrée. Selon lui, un certain nombre d'actes islamophobes, de radicalisation, ainsi qu'une extrême-droite active ont contribué à exacerber les tensions. Il estime néanmoins qu'il ne faut pas tirer de conclusions hâtives. Ce jeune de 22 ans ne cache pas sa colère : « Je suis horrifié qu'un acte aussi barbare survienne dans une petite commune sans histoires, qui n'a rien demandé, et frappe des travailleurs et des habitants innocents », lance-t-il.

Un sentiment indigné que partage Yacine Bourouba : « Je suis choqué qu'on puisse faire une chose pareille. C'est insensé. » Ce trentenaire vivant à Lyon souligne que « les terroristes ont créé un climat de peur dans la région Rhône-Alpes car ils peuvent s'attaquer à beaucoup d'infrastructures comme des usines pétrochimiques ou des centrales nucléaires, et ce serait une catastrophe. La population craint de nouveaux attentats », s'inquiète-t-il.
« Les journalistes disent qu'il y avait un drapeau du groupe État islamique. En tant que musulman et surtout pendant ce mois sacré du ramadan, je ne pense que ces gens peuvent prétendre être musulmans et agir au nom de l'islam, souligne-t-il. Les musulmans de France se sentent stigmatisés à cause de ces terroristes. »

Hala Khoury est libanaise et vit à Lyon. « Je travaille dans la formation à l'humanitaire. L'attentat s'est produit alors que nos équipes rentraient d'un exercice terrain dans l'Ain (département voisin) », raconte la jeune femme. « Nous sommes passés presque à côté du lieu, mais je n'ai rien remarqué de particulier. Plus tard, en arrivant à Lyon, j'ai appris qu'il y a eu un attentat. J'ai une appréhension de ce qui pourrait se passer, une peur certainement. Mais en bonne Libanaise, je suis bien habituée à ce genre d'événement », confie-t-elle.

 

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