X

À La Une

La guerre en Syrie provoque la colère des druzes du Golan

conflit

Deux blessés syriens se sont fait lyncher par des druzes accusant Israël d'aider les rebelles.

OLJ/AFP/Michael BLUM avec Sarah BENHAIDA
23/06/2015

La guerre en Syrie a débordé sur le Golan occupé par Israël où deux blessés syriens se sont fait lyncher par des druzes accusant Israël d'aider les rebelles au moment où leurs coreligionnaires sont sous leur feu en Syrie.

Après avoir été apparemment remis aux Israéliens sur la ligne de démarcation, les deux Syriens étaient en route pour un hôpital israélien quand leur ambulance à été attaquée à coups de pierres par des dizaines de personnes tout près du village druze de Majdal Shams, dans la montagne.
Les assaillants ont tiré les deux blessés de l'ambulance parce qu'ils étaient convaincus qu'il s'agissait de rebelles ayant combattu en Syrie. Puis ils se sont livrés à un lynchage sans précédent, tuant un des blessés et laissant le second dans un état critique.

Cet acte met en lumière l'inquiétude et la colère qui habitent les druzes du côté israélien devant l'évolution de la situation en Syrie.
Un temps à l'écart des affrontements, les druzes de Syrie sont désormais pris en étau par des groupes rebelles et jihadistes alors qu'ils sont traditionnellement partisans du régime de Bachar el-Assad.
Au moins 20 druzes ont été tués mi-juin par le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'el-Qaëda, dans le village de Qalb Lozé, dans le nord-ouest. Ces violences inédites contre les druzes, adeptes d'une religion musulmane dérivée du chiisme, ont retenti comme un signal d'alarme côté israélien.

"Ce qu'ils méritaient"
Les lynchages de lundi ont été précédés de manifestations, d'au moins deux attaques contre des ambulances et d'appels au gouvernement israélien, soit à intervenir en Syrie, soit à cesser de soigner des rebelles.

Dans le Golan, les druzes craignent pour leurs coreligionnaires juste de l'autre côté de la ligne de démarcation hermétiquement fermée, dont certains sont des parents. Chez beaucoup, la rage est grande de penser qu'Israël porte secours à des rebelles, ce dont se défend Israël.
Les deux hommes lynchés "ont eu ce qu'ils méritaient", déclare Souad Fahad al-Din, une vendeuse de 33 ans à Majdal Shams. "Il fallait s'y attendre. Israël n'a aucun droit de les soigner et de les renvoyer là-bas pour qu'ils recommencent à tuer".

Sur la place centrale, autour de la statue du héros druze Sultan al-Atrash brandissant son sabre, les habitants n'ont guère de doute que les auteurs de l'attaque, sans doute très jeunes, ont été renseignés par un druze et ont monté un guet-apens.

Israël compte une importante minorité druze, surtout dans le nord. La plupart d'entre eux, soit environ 110.000, ont la nationalité israélienne. 20.000 autres vivent dans la partie occupée du plateau du Golan, sont détenteurs d'un laissez-passer israélien sans avoir la nationalité, et se considèrent comme Syriens.
"Les druzes de Syrie, c'est notre famille", affirme Tarek Awdt, commerçant de 27 ans à Majdal Shams. "Ce qui s'est passé hier, ce n'est pas une attaque contre Israël, mais contre Al-Nosra. On se battra pour empêcher qu'on les soigne ici".

(Lire aussi : Israël s'engage à protéger des réfugiés syriens notamment druzes)

 

"Un acte déplorable"
Israël s'emploie à rester totalement à l'écart du conflit et se défend constamment contre le soupçon de soutenir le Front Al-Nosra, une accusation répandue chez les druzes et entretenue par Damas. L'agence syrienne Sana a présenté les blessés de lundi comme des "terroristes du Front Al-Nosra".

Israël affirme que les 1.600 Syriens qu'il a soignés ces trois dernières années pour des raisons humanitaires étaient tous des civils. Israël ne soigne "pas en fonction de la race, de la couleur ou de la religion" et prodigue "une aide humanitaire vitale à quiconque demande de l'aide une fois à la frontière", assure à l'AFP Arye Shalicar, un porte-parole de l'armée israélienne, faisant référence à la ligne de démarcation qui traverse le Golan.

Les leaders des druzes en Israël ont condamné les violences. Ceci est "un acte déplorable commis par des voyous. La religion druze, ses valeurs et ses traditions interdisent de faire le moindre mal à un blessé", a martelé à l'AFP le cheikh Mouafaq Tarif.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, lui, appelé au calme.

Israël occupe depuis 1967 quelque 1.200 km2 du plateau du Golan, qu'il a annexés en 1981, tandis qu'environ 510 km2 restent sous contrôle syrien. L'annexion par Israël est jugée illégale par la communauté internationale.

 

Lire aussi
Pourquoi al-Nosra s'est excusé après la tuerie de Qalb Lozé, l'éclairage de Samia Medawar

Assad veut-il punir les druzes de Syrie ?

La Syrie, paradis perdu des druzes du Golan

Joumblatt : Non à l'agitation, oui à la stabilité

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

SUR QUELLE RIVE EST LE MAESTRO DE L'ORCHESTRE ?

Bery tus

Les lynchages de lundi ont été précédés de manifestations, d'au moins deux attaques contre des ambulances et d'appels au gouvernement israélien, soit à intervenir en Syrie, soit à cesser de soigner des rebelles

pas etonnant qu'il soit du cote du regime .. !! haha

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants