Fallait voir l'autre jour la cohorte des sous-fifres frétiller à la vue de leurs demi-dieux exotiques en train de se peloter à Rabieh. Une larmoyante gestuelle qui, au-delà de la chair de poule, frisait le grotesque et défrisait le poil intime. Le tout devant une belle brochette de patibulaires qui avaient mis jadis autant d'énergie à se castagner que ce jour-là à se bécoter. Bon, ce n'est pas ça qui va ressusciter les victimes des uns et des autres, mais si les bourreaux se sentent déjà mieux...
Il n'en fallait pas plus pour que la meute des journalistes s'en vient renifler l'instant historique à inscrire au patrimoine mondial de l'humanité. Y a même un canard qui s'est fendu du détail du débarquement du patron des Fleus en terre agrume : une bonne dizaine de serfs suiffeux s'entr'égorgent pour lui ouvrir portes et portières, cinq ou six bouviers du coin se font piétiner pour lui dire bonjour. À ce moment, c'est le rival qui se croit obligé d'envoyer ses larbins en renfort pour accueillir l'invité surprise. Re-concentration de loufiats, re-claquement de portières, re-courbettes-carpettes... Les glandes salivaires se dessèchent à deux kilomètres à la ronde.
L'ayatollah Orangina, pépé assagi de la bidasserie, et le déplumé de Maarab, vieux repenti de la milice, s'apprêtent ainsi à boucler leur tour de piste au terme d'une trentaine d'années de cirque guignol, qui ont vu leurs fan-clubs respectifs s'étriper sur des questions débiles, aux antipodes des soucis au ras des pâquerettes du vulgum pecus.
Refrain classique, la déclaration d'intentions écartera d'emblée les sujets qui fâchent et ne moulinera que des lieux communs : une loi électorale pour faire mousser les chrétiens, une autre pour replonger dans la fange locale nos émigrés qui n'en demandaient pas tant. Maintenant que le pensum est pondu, les deux canassons iront ensuite à la pêche aux voix parlementaires autour desquelles ils pourront se crêper ce qu'il leur reste de touffe pendant une autre trentaine d'années. Mais bon, dans ces cas-là, dit-on, mieux vaut prêter à sourire que donner à réfléchir.
Car c'est bien connu, quand la soupe est bonne, les papys ne décrochent jamais !
gabynasr@lorientlejour.com


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Refrain classique tournant autour de déclarations d'intentions bonnes ou mauvaises, les libanais avec vous sont pessimistes autour de cette rencontre .
18 h 08, le 05 juin 2015