Rechercher
Rechercher

À La Une - Terrorisme

En Irak, l'EI engage une "guerre de l'eau"

Le groupe jihadiste ferme les vannes d'un barrage à Ramadi.

Le barrage de Haditha, ville irakienne de la province d'al-Anbar qui abrite également la ville de Ramadi. Photo d'archives AFP/Jaime Razuri

Le groupe Etat islamique (EI) a engagé une "guerre de l'eau" en Irak en fermant les vannes d'un barrage à Ramadi, ce qui va rendre encore plus complexe l'opération de reconquête de cette ville lancée par les forces irakiennes.

Cette initiative de l'EI témoigne de la difficulté à reprendre les territoires conquis par les jihadistes en Irak et en Syrie malgré le soutien réaffirmé mardi par les pays de la coalition internationale réunis à Paris. La priorité est actuellement donnée à la reprise de Ramadi, capitale de la vaste province d'Al-Anbar (ouest) dont la chute aux mains de l'EI le 17 mai avait représenté un sérieux revers pour Bagdad et ses alliés. Dans les jours suivants, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi avait assuré que la reconquête de Ramadi serait une question de jours.

Mais, depuis, la contre-offensive avance lentement même si les forces gouvernementales, soutenues par des milices chiites et des tribus sunnites, ont repris une partie des environs de la ville. L'EI garde l'initiative, comme l'a prouvé sa décision de fermer les vannes d'un barrage situé à Ramadi qui régule le cours de l'Euphrate. La baisse du niveau du fleuve en aval provoque des coupures dans l'approvisionnement de Khaldiyah et Habbaniyah, deux zones encore sous contrôle gouvernemental à Al-Anbar, selon des responsables locaux.

 

(Lire aussi : La reprise de Ramadi serait « une victoire en trompe-l'œil »)

 

"Daech (acronyme arabe de l'EI) mène désormais une sale guerre de l'eau", a dénoncé Sabah Karhout, le chef du conseil provincial d'Al-Anbar. "Il espère déstabiliser Khaldiyah et Habbaniya (...) Fermer l'eau est le pire crime qu'il puisse commettre. Cela va forcer les enfants, les femmes et les personnes âgées à fuir, ce qui lui permettra de lancer des attaques". L'EI a choisi cette stratégie car il "n'a probablement pas assez de combattants à nous opposer dans le cadre d'une guerre conventionnelle", souligne Arkan Khalaf al-Tarmuz, un autre élu provincial. "Il utilise donc l'eau comme une arme pour affaiblir les zones où se trouvent des bases militaires".

 

(Lire aussi : La bataille est « mal préparée », selon le président du Parlement irakien)

 

"Progrès importants"
Les forces gouvernementales se retrouvent par ailleurs à la merci des attaques au camion piégé, une technique dévastatrice de plus en plus utilisée par l'EI pour semer la terreur et faire de nombreuses victimes. Le groupe a ainsi revendiqué mardi une attaque suicide perpétrée la veille par trois kamikazes, qui a fait 47 morts en visant une base de la police au nord de Bagdad.

Placé sur la défensive après la chute de Ramadi, M. Abadi avait qualifié d'"échec" mardi à Paris la stratégie suivie par les pays de la coalition internationale, Etats-Unis en tête. Le Premier ministre a néanmoins reçu leur soutien à son plan de reconquête des territoires perdus même si il lui a été demandé d'accélérer les réformes politiques, en particulier pour inclure la minorité sunnite.

Le numéro deux de la diplomatie américaine Antony Blinken a défendu la stratégie de la coalition. En menant plus de 4.000 raids en neuf mois, elle a entraîné des "progrès importants": l'EI contrôle "25% de moins de l'Irak", beaucoup de matériel a été détruit et plus de 10.000 militants de l'EI ont été tués, ce qui "va finir par avoir un effet".

 

Repère
Avancée de l'EI en Irak et en Syrie : ce qu'il faut savoir

Le groupe Etat islamique (EI) a engagé une "guerre de l'eau" en Irak en fermant les vannes d'un barrage à Ramadi, ce qui va rendre encore plus complexe l'opération de reconquête de cette ville lancée par les forces irakiennes.
Cette initiative de l'EI témoigne de la difficulté à reprendre les territoires conquis par les jihadistes en Irak et en Syrie malgré le soutien réaffirmé mardi...
commentaires (1)

Et que disent les sources de notre source? "Que d'eau, que d'eau!"

Christine KHALIL

19 h 44, le 03 juin 2015

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Et que disent les sources de notre source? "Que d'eau, que d'eau!"

    Christine KHALIL

    19 h 44, le 03 juin 2015

Retour en haut