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Liban - Environnement

Faites ce que vous voulez... mais n’incendiez pas les forêts !

Comme chaque année, une campagne de sensibilisation contre les incendies de forêt a été lancée à la veille de la saison des feux. Avec les mêmes vœux... pieux ?

La campagne de prévention de cette année : « Campez... Mais n’incendiez pas les forêts. »

La journée d'hier était sans conteste la plus chaude de 2015, jusqu'ici. Comme par coïncidence, c'était aussi la date choisie par les ministres de l'Agriculture et de l'Environnement, Akram Chehayeb et Mohammad Machnouk, en collaboration avec l'Association pour la conservation et le développement des forêts (AFDC), pour lancer la campagne médiatique annuelle sur les incendies de forêt. Dehors, des incendies se déclaraient déjà dans plusieurs régions, alors que les intervenants à la conférence de presse, qui avait lieu au Grand Sérail, déploraient la précocité de cette saison d'incendies : elle commence en effet en mai alors qu'elle débute généralement en juin, malgré un hiver relativement rigoureux.

« Campez... Célébrez... Désherbez... Mais n'incendiez pas les forêts. » Le message de la campagne médiatique de cette année, qui sera posté sur des panneaux, fera l'objet de brochures identifiant clairement les principales causes d'incendies telles que répertoriées par les autorités concernées : le désherbage en bord de route (principalement pratiqué par les agriculteurs qui brûlent les herbes sèches, perdant souvent le contrôle du feu naissant), les feux d'artifice, ainsi que les campings et pique-niques dans la nature (les feux de bois et les déchets oubliés sur place sont souvent des causes d'incendies).

Les mêmes consignes de prudence répétées chaque année, notamment depuis que les incendies de forêt se sont transformés en catastrophe nationale en 2007, ont été réitérées hier. Mais alors, qu'est-ce qui a changé ? Dès la première intervention faite par Sawsan Bou Fakhreddine, directrice générale de l'AFDC, le ton est donné : celle-ci déplore que la stratégie nationale, mise en place après les incendies monstres de 2007 et remise sur le tapis par le ministre de l'Agriculture il y a quelques mois seulement, n'ait pas encore été appliquée dans son intégralité. Le ministre Machnouk a, pour sa part, axé son intervention sur la prévention et sur l'intervention précoce, dans lesquelles les habitants des localités touchées et les municipalités jouent un rôle crucial, du fait de leur proximité aux espaces menacés. Il a souligné que des alertes précoces reçues sur un numéro vert mis en service l'année dernière ont permis de réduire de 40 % les incendies dévastateurs.



(Pour mémoire : Plaidoyer pour une véritable gestion des forêts)



Pour sa part, M. Chehayeb a évoqué les campagnes de reboisement menées par son ministère, notamment dans le cadre de la grande campagne intitulée « 40 millions d'arbres », qui a permis de distribuer cette année, au jour d'aujourd'hui, un million et demi de plants. « Mais l'abattage illégal et les incendies, dont l'ampleur a nettement augmenté ces dernières années, neutralisent tous ces efforts qui ne permettent pas de compenser la perte de 0,4 % d'espaces de forêts chaque année », a-t-il dit. Il a présenté certains éléments pour mieux comprendre pourquoi les incendies continuent d'être un fléau après tant de campagnes : « La grande majorité de ces incendies est d'origine criminelle. Malheureusement, les dossiers sont souvent transférés à la justice, mais ils finissent en plaintes contre inconnu. Tant que ces inconnus n'auront pas d'identité, on ne peut pas gagner cette bataille. » Le ministre a ajouté qu'il a déclaré « l'état d'urgence au ministère » et demandé à tous les concernés une application plus stricte de la loi sur les forêts.

Peu d'informations précises, donc, sur la manière dont les ministères comptent améliorer la lutte contre les feux de forêt ou sur une éventuelle réparation des hélicoptères de lutte contre le feu acquis il y a des années. Mais des chiffres préoccupants comme d'habitude. Selon Sawsan Bou Fakhreddine, une centaine de municipalités seraient directement exposées à des incendies vu leur localisation géographique et les espaces verts qui les entourent. Elle ajoute que 90 % des incendies commencent par des feux sur les bords des routes (agriculteurs ou déchets jetés), soulignant que 33 % des terres très exposées sont dans les cazas de Aley, Akkar et Tyr. Elle a enfin insisté sur le travail effectué auprès des municipalités pour une intervention précoce en cas de sinistre.

Des feux à la pelle
La canicule qui a sévi hier a, de façon prévisible, provoqué de nombreux incendies. Un des plus impressionnants a éclaté à Amchit, caza de Jbeil. Un espace de chênes et d'herbes sèches a pris feu juste près de la bourgade. La Défense civile a lutté contre le feu, parvenant finalement à le maîtriser.
Un autre sinistre a ravagé de grands espaces près du village de Kefraya, dans le Koura (Liban-Nord). La Défense civile a eu du mal à lutter contre le feu dans cette région.

 

Pour mémoire
Chehayeb à « L'OLJ » : Les incendies de forêt menacent et la loi ne s'applique toujours pas

Plus d'un million de douilles de cartouches de chasse... collectées dans les forêts


La journée d'hier était sans conteste la plus chaude de 2015, jusqu'ici. Comme par coïncidence, c'était aussi la date choisie par les ministres de l'Agriculture et de l'Environnement, Akram Chehayeb et Mohammad Machnouk, en collaboration avec l'Association pour la conservation et le développement des forêts (AFDC), pour lancer la campagne médiatique annuelle sur les incendies de forêt....

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