Photo d'archives du ministre libanais de la Justice Achraf Rifi.
La condamnation mercredi de l'ancien ministre libanais Michel Samaha à quatre ans et demi de prison par le Tribunal militaire n'a pas fini de provoquer l'ire de nombreux politiques et responsables libanais, principalement ceux opposés au régime syrien dont M. Samaha était un proche collaborateur.
L'ex-ministre a été condamné mercredi à 4 ans et demi de prison, après avoir été reconnu coupable par le Tribunal militaire d'avoir planifié plusieurs attentats au Liban. "Michel Samaha a été condamné à quatre ans et demi de prison. Comme l'année judiciaire est de neuf mois et qu'il a été arrêté en août 2012, il devrait être libéré à la fin de l'année", avait affirmé le Tribunal. La défense de M. Samaha a également critiqué le jugement, espérant que son client puisse être immédiatement libéré.
Après avoir tiré à boulets rouges la veille sur l'instance judiciaire d'exception, le ministre de la Justice Achraf Rifi revient à la charge jeudi : Il estime qu'il est "inconcevable qu'une personne écope d'une lourde peine pour un crime anodin, alors que Michel Samaha se voit condamner à quatre ans et demi de prison".
(Lire aussi : Le tribunal militaire, un « archaïsme » accusé de creuser encore plus le fossé entre les Libanais)
Les ténors de la coalition anti-Assad du 14 Mars lui ont emboîté le pas, et ont clairement défendu ses positions. Hier, c'était au tour de l'ancien Premier-ministre et député Saad Hariri de s'indigner auprès de M. Rifi contre le jugement. Jeudi, c'est le chef druze libanais Walid Joumblatt qui a estimé que "le jugement du Tribunal militaire (...) légalise l'assassinat et les attentats à la bombe".
ان حكم المحكمة العسكرية في قضية ميشال سماحة يشرع الاغتيال والتفجير
— Walid Joumblatt (@walidjoumblatt) May 14, 2015
Même son de cloche de la part du député Mohammad Kabbani, qui a estimé que le jugement "encourage les semblables de Michel Samaha à trahir la nation".
Le leader des Forces libanaises (FL) Samir Geagea, a lui aussi violemment critiqué le Tribunal militaire : "Le jugement du tribunal militaire (...) affaiblit la confiance des Libanais en l'Etat et en la présence d'une justice sur cette terre. Est-ce cela qui est demandé?", s'est interrogé le leader chrétien sur sa page Twitter.
ان حكم المحكمة العسكرية في قضية ميشال سماحة يُقوض ثقة اللبناني بدولته وبوجود عدالة على هذه الأرض، فهل هذا هو المطلوب؟
— SAMIR GEAGEA (@DRSAMIRGEAGEA) May 14, 2015
M. Geagea a également exprimé son soutien au ministre de la Justice :
كلّنا مع أشرف ريفي في ردة فعله، حان الوقت للتخلُص من المحاكم الاستثنائية وبطليعتها العسكرية والعودة الى المحاكم المدنية @Ashraf_Rifi
— SAMIR GEAGEA (@DRSAMIRGEAGEA) May 14, 2015
"Nous sommes tous avec Achraf Rifi et il est temps d'en finir avec les tribunaux d'exception, à leur tête le tribunal militaire, afin de revenir aux tribunaux civils", a ajouté M. Geagea. Le Conseil des ulémas musulmans a également appelé à mettre fin à l'instance judiciaire en question afin que "Michel Samaha soit rejugé de manière équitable pour qu'il réponde de ses crimes".
Le coordinateur du secrétariat général du 14 Mars, Fares Souhaid, a lui aussi remis en question l'impartialité du tribunal militaire. "Nous avons l'impression que le tribunal militaire est entre les mains de certaines parties politiques", a souligné M. Souhaid lors d'une conférence de presse jeudi, en allusion au Hezbollah, allié du régime de Damas. "Tout événement qui ne contribue pas à l'unité des Libanais provoquera davantage de divisions, et c'est pour cela que nous nous opposons au jugement rendu à l'encontre de Michel Samaha", a ajouté M. Souhaid.
(Pour mémoire : Michel Samaha reconnaît avoir ramené des explosifs de Syrie)
Le ministre des Affaires sociales Rachid Derbas, a lui aussi critiqué le jugement, quoique de manière plus modérée : "Nous ne nous mêlons pas des affaires judiciaires, mais il n'y a aucune raison que Michel Samaha bénéficie de circonstances atténuantes", a estimé M. Derbas qui s'est recueilli devant la tombe de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri au centre-ville. Également présent sur les lieux, le ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk a assuré que "le 14 Mars réagit au jugement dans les cadres prévus par la loi afin de rétablir la justice. Nous allons œuvrer à ce que cela ne se reproduise pas afin que les Libanais ne soient pas jugés selon un deux poids deux mesures".
L'ancien Premier ministre Nagib Mikati, opposé à la famille Hariri, mais soucieux de prendre en considération les demandes de la rue sunnite de Tripoli dont il est originaire, s'est interrogé sur l'équité entre les Libanais à l'ombre du jugement de Michel Samaha. "Est-il admissible que des dossiers qui traînent depuis des années restent en suspens à ce jour, alors que des personnes croupissent en prison sans jugement", s'est interrogé M. Mikati en allusion aux islamistes qui attendent d'être jugés par le Tribunal militaire.
Du côté du 8 Mars pro-syrien, il n'y avait presque pas de réaction jusqu'à nouvel ordre, à part celle du ministre de l'Industrie Hussein el-Hajj Hassan qui a appelé à respecter les instances judiciaires, estimant qu'"on ne pouvait accepter certains jugements, et rejeter d'autres".
Réagissant à la charge du ministre de la Justice, la famille de Michel Samaha a demandé jeudi à M. Rifi de ne pas se livrer à une diffamation à l'égard du tribunal et ses juges. Elle estime que les critiques à l'encontre du jugement devraient se limiter au niveau du pourvoi en cassation. Achraf Rifi avait promis la veille de demander un pourvoi en cassation. Le procureur général près la Cour de cassation libanaise, le juge Samir Hammoud, avait ainsi demandé par la suite au commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire, le juge Sakr Sakr, un pourvoi en cassation. La famille de M. Samaha a souligné que le juge Sakr ne pouvait pas engager un tel pourvoi, et ce sur base de l'article 75 du Tribunal militaire.
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L'ex-ministre a été condamné mercredi à 4 ans et demi de prison, après avoir été reconnu coupable par le Tribunal militaire d'avoir planifié plusieurs attentats au Liban. "Michel Samaha a été condamné à quatre ans et demi de prison. Comme l'année judiciaire est de neuf mois et qu'il a été arrêté en août 2012, il devrait être libéré à la fin de l'année", avait affirmé le Tribunal. La défense de M. Samaha a également critiqué le jugement, espérant que son client puisse être immédiatement libéré.
Après avoir...


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DE QUOI DEGUEULER......un pays ou la justice est parodie n'est voué qu'à un surplus de malheurs....
19 h 09, le 14 mai 2015