Rechercher
Rechercher

Liban - La Situation

Arrestation à Bar Élias du « mufti de Daech » dans le Qalamoun ; progrès dans le dialogue CPL-FL

Les mots sont là. On attend les actes. Le député Ibrahim Kanaan s'est rendu hier à Bkerké et Maarab. De sa longue rencontre avec M. Geagea, il est ressorti pour annoncer que « de grands progrès » ont été effectués sur la voie de « l'entente » CPL-FL. Pendant ce temps, actes parlant d'eux-mêmes, l'armée arrêtait dans la Békaa le « mufti » de Daech dans le Qalamoun.

Le patriarche Raï accueillant le député Ibrahim Kanaan. Photo Emile Eid

Deux titres principaux ont fait l'actualité, hier : l'arrestation à Bar Élias (Békaa) par les renseignements de l'armée d'un membre du groupe État islamique qui remplissait la fonction de « mufti » au niveau de la région du Qalamoun syrien et « un grand progrès », selon le député Ibrahim Kanaan, dans le dialogue entre le Courant patriotique libre et les Forces libanaises.

Nabil Saleh el-Siddik, originaire de Qousseir (Syrie), vivait depuis deux mois environ dans un appartement de location à Bar Élias, avec son épouse et ses deux enfants. Il a été arrêté en même temps qu'un homme qui se trouvait chez lui, Ali Ayoub. « Taciturne et malpoli » selon ses voisins, à qui il marmonnait de vagues sons en guise de salutations, il vivait en marge de son voisinage, circulait à bord d'une voiture de location, et, parfois, recevait des invités. L'homme pourrait s'avérer une mine de renseignements, se félicite le commandement de l'armée, qui escompte, grâce à ses aveux, localiser d'autres cellules dormantes. La chaîne de télévision LBCI a cru savoir, de son côté, qu'il exerçait également une fonction militaire et était responsable d'un groupe de combattants.
De source proche de l'institution militaire, l'arrestation de ce « gros gibier », ainsi que les incursions préventives lancées avec succès par l'armée pour mieux défendre les villages frontaliers de la Békaa, sont d'excellents exemples d'une nouvelle stratégie consistant à « agir, puis laisser les faits parler d'eux-mêmes ».

Le commandant de l'armée, ajoute la source citée, a affirmé à plusieurs reprises, en public, que la bataille « sera longue » et que le Liban doit faire en sorte de « tenir le coup », notamment sur le plan économique. Le blocage des frontières terrestres au niveau de la Jordanie et la recherche d'une voie maritime alternative vient illustrer, encore une fois, la justesse de ce point de vue et met le gouvernement au défi d'adapter l'économie libanaise aux imprévus d'une situation régionale précaire. À côté des camionneurs enclore bloqués en Syrie ou en Jordanie, près de 300 camionneurs se trouvent bloqués aux frontières saoudiennes, attendant qu'une initiative du gouvernement permette leur rapatriement, par voie de mer, affirme-t-on de source syndicale.


(Lire aussi : Quatre des routiers libanais se trouvent à Deraa en Syrie)


À cet égard, et à quelques jours de la date-butoir du 15 avril choisie par le ministre de l'Intérieur pour l'entrée en vigueur d'un nouveau code de la route prévoyant des amendes élevées, certains voient dans cette décision une nouvelle taxe indirecte camouflée destinée à renflouer les caisses de l'État, voire à financer la nouvelle échelle des traitements et salaires dans le secteur public. Selon ces sources, l'application de ce code, comme la perception des factures de certains services publics, sera une fois de plus sélectif et variera selon les régions, inaugurant une nouvelle inégalité des Libanais devant la loi, qui s'ajoutera aux autres.

Évasive, mais non négative
Sur un autre plan, de « grands progrès » dans le dialogue entre Michel Aoun et Samir Geagea ont été annoncés hier par le député Ibrahim Kanaan. Ce dernier a été successivement reçu hier au siège patriarcal de Bkerké et à Maarab. L'entretien – prolongé – avec Samir Geagea s'est déroulé en présence de Melhem Riachi, responsable à l'information et à la communication des Forces libanaises.
En fin de réunion, M. Kanaan a confirmé que des progrès décisifs ont été accomplis en direction d'une « déclaration d'intention » ou encore, pour citer M. Kanaan, d'une « entente politique » (terme utilisé par le CPL pour qualifier ses rapports avec le Hezbollah) entre MM. Aoun et Geagea. Cette entente serait, selon le député, de nature à « assainir le climat sur les plans chrétien et national ».
« Mais, a nuancé M. Kanaan, il importe aussi que des progrès similaires soient accomplis dans les autres dialogues (entendre le dialogue entre le courant du Futur et le Hezbollah), sans quoi il sera toujours difficile de libaniser les échéances qui s'annoncent, et notamment celui de la présidentielle. »
Par une réponse évasive, mais non négative, M. Kanaan a laissé entendre qu'une rencontre personnelle entre les deux chefs du CPL et des Forces libanaises n'est plus très éloignée.


(Lire aussi : Moukheiber exclut toute rupture entre Aoun et Bkerké)


Toutefois, des propos tenus par une source ecclésiastique au sujet de la visite de M. Kanaan à Bkerké, auparavant, ont dissipé les faux espoirs que certains ont pu nourrir, en ce qui concerne une possibilité de rapprochement entre MM. Aoun et Geagea sur l'élection présidentielle.
De fait, la visite de M. Kanaan au siège patriarcal est intervenue quelques jours après la messe de Pâques, dimanche dernier, de laquelle s'est absenté, inhabituellement, Michel Aoun. Or, au cours de cette messe, le patriarche avait mis le doigt sur la plaie et clairement mis en cause le CPL, mais sans le nommer, dans la persistance de la vacance au niveau de la présidence de la République.
« Force est de constater que la plupart des évêques sont de cet avis, a affirmé la source citée, et M. Kanaan n'a pu que le constater et le comprendre. Mais sa visite n'en aide pas moins à décrisper le climat tendu qui s'est établi entre Bkerké et Rabieh. »

En ce qui concerne le dialogue Futur-Hezbollah, dont la 10e rencontre se tiendra le 16 avril, on ne peut que constater qu'il tient de la raison d'État plus que d'autre chose, le désaccord entre les deux formations s'étendant désormais à un nouveau dossier : celui du Yémen.

 

Lire aussi
Raad se déchaîne contre Riyad, mais « comprend » la position « délicate » de Hariri

Le chef du Hezbollah reçoit Sarmadi

De Maarab, Jreige appelle les Libanais à exercer des pressions sur les députés boycotteurs

Deux titres principaux ont fait l'actualité, hier : l'arrestation à Bar Élias (Békaa) par les renseignements de l'armée d'un membre du groupe État islamique qui remplissait la fonction de « mufti » au niveau de la région du Qalamoun syrien et « un grand progrès », selon le député Ibrahim Kanaan, dans le dialogue entre le Courant patriotique libre et les Forces libanaises.Nabil Saleh el-Siddik, originaire de Qousseir (Syrie), vivait depuis deux mois environ dans un appartement de location à Bar Élias, avec son épouse et ses deux enfants. Il a été arrêté en même temps qu'un homme qui se trouvait chez lui, Ali Ayoub. « Taciturne et malpoli » selon ses voisins, à qui il marmonnait de vagues sons en guise de salutations, il vivait en marge de son voisinage, circulait à bord d'une voiture de location, et,...
commentaires (2)

La visite d'Ibrahim Kanaan à Bkerké : "Lorsqu'on tue quelqu'un, on ne vient pas marcher dans ses funérailles" (Adage libanais).

Annie

10 h 35, le 10 avril 2015

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • La visite d'Ibrahim Kanaan à Bkerké : "Lorsqu'on tue quelqu'un, on ne vient pas marcher dans ses funérailles" (Adage libanais).

    Annie

    10 h 35, le 10 avril 2015

  • QUAND LES POULES METTRAIENT BAS DES PETITS ET LES MOUTONS PONDRAIENT DES OEUFS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    08 h 56, le 10 avril 2015

Retour en haut