Le député Ghassan Moukheiber a exclu hier la possibilité d'une détérioration de la relation entre le chef du Courant patriotique libre, Michel Aoun, et Bkerké à la suite des dernières prises de position du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, au sujet de la présidentielle.
« L'Église maronite est à égale distance de toutes les parties politiques. Il se peut que des différences en politique existent, mais la relation ne doit pas être rompue, et je ne pense pas que cela soit actuellement le cas », a affirmé M. Moukheiber sur Radio-Orient.
Le patriarche avait exprimé mardi ses regrets de voir que le Parlement libanais, « du fait du blocage effectué par un groupe politique, a manqué à son devoir constitutionnel d'élire le président de la République », dans une allusion on ne peut plus directe aux forces du 8 Mars, notamment le Courant patriotique libre et le Hezbollah.
M. Moukheiber a estimé, par ailleurs, que « les Libanais ont tiré des leçons de la guerre (1975-1990), mais ce sont les jeunes, qui n'ont pas vécu cette époque, qui peuvent constituer un danger, d'où l'importance de commémorer le 13 avril 1975 chaque année ». « Les Libanais doivent tirer les leçons du passé et ne plus s'impliquer dans les conflits régionaux, en protégeant le pays et sa souveraineté à l'aide d'une armée forte », a-t-il ajouté, saluant le dialogue entre les différentes parties politiques. « La réactivation des institutions démocratiques ainsi que les dialogues consolident la scène interne, notamment au Parlement et en Conseil des ministres, et devraient permettre l'élection d'un président de la République bientôt », a-t-il dit.
Estimant que « la politique de distanciation adoptée par l'État va prévaloir face à toutes les autres politiques », il a déclaré que « l'armée libanaise est le centre d'intérêt de tous les Libanais et nous œuvrons à la renforcer par tous les moyens pour la protéger du vide ».
« Il n'y aura pas de vide au sein des institutions militaires, conformément à une double décision interne et étrangère », a-t-il conclu. Le bloc du Changement et de la Réforme, duquel relève le député Moukheiber, s'oppose à la prorogation des mandats des responsables militaires, notamment celui du commandant en chef de l'armée Jean Kahwagi, et réclame que le Conseil des ministres fasse de nouvelles nominations.


CORRECTION : C'EST QUE LA PATRIARCHE MÉLANGE TROP D'EAU À SON VIN. MERCI.
20 h 58, le 10 avril 2015