Des réfugiés syriens au Liban. Photo AFP
Le ministère des Affaires sociales et le Programme des Nations unies pour le développement ont tenu hier une conférence de presse pour annoncer les projets réalisés et les projets en cours d'exécution dans le cadre du « programme de soutien aux communautés hôtes », lancé en 2013 et qui est propre au ministère en question.
Plus restreint que le plan d'action pour soutenir le Liban, lancé par le gouvernement et les Nations unies en décembre dernier à partir du Grand Sérail, ce programme est axé sur des projets bien précis en coopération avec les municipalités.
Étaient présents à la conférence de presse, le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, le représentant permanant du Pnud, Ross Moutain, le conseiller du ministre des Affaires sociales, Adib Nehmé, Ragheb Assi, responsable des projets socio-économiques au Pnud, ainsi que des ambassadeurs et diplomates des pays donateurs, et des délégués du CDR et des ministères concernés par les projets en question. Ces derniers ont touché, depuis l'adoption du programme, 65 communautés hôtes. Ils sont financés, notamment, par l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie, le Danemark, le Koweït, le Mexique, l'Équateur, l'Union européenne et Monaco.
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Prenant la parole, le ministre des Affaires sociales a martelé que « les aides versées par la communauté internationale au Liban demeurent insuffisante pour un pays qui accueille un aussi grand nombre de réfugiés ».
Il a mis l'accent sur « la coopération bilatérale à long terme ». Dans ce cadre, il a discuté la semaine dernière avec le ministre allemand de la Coopération économique et du Développement, Gerd Müller, de la possibilité de la création d'un projet conjoint entre le Liban et l'Allemagne relatif à l'énergie éolienne, le pays du Cèdre ayant besoin du savoir-faire et des fonds de la République fédérale allemande sur ce plan.
M. Derbas a proposé des projets à adopter à l'avenir, notamment la mise en place de maternelles dans les villages accueillant des réfugiés syriens. « Ces espaces recevront aussi bien des Syriens que des Libanais. Ils constitueront une plate-forme où les communautés hôtes et les déplacés se rencontreront et pourvoiront au besoin de scolariser les enfants syriens », a-t-il dit, notant que « le ministère propose également la mise en place de centres qui s'occuperaient des femmes et des enfants victimes de violence ».
De son côté, le représentant permanent du Pnud au Liban a souligné que « nombre de pays ont pris en considération la situation du Liban, qui accueille un très grand nombre de réfugiés syriens, afin de mettre en place des projets bilatéraux », expliquant que « le PIB du pays est assez élevé pour profiter d'une aide au développement, ce genre d'intervention étant exclusivement destiné aux pays pauvres ; une exception a été faite pour le Liban qui porte le lourd fardeau des réfugiés syriens ».
Se penchant sur la troisième conférence des donateurs de la Syrie, qui se tiendra à la fin du mois au Koweït, il a souhaité que « la délégation libanaise qui sera conduite par le Premier ministre, Tammam Salam, puisse lever d'importants fonds pour le pays ».
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Prenant la parole, M. Assi a précisé que « le programme de soutien aux communautés hôtes, lancé en 2013, a touché 65 communautés et que 173 projets ont été mis en place dans divers secteurs, notamment le développement social, l'éducation, la santé et l'aide aux municipalités ».
Évoquant le choix des communautés hôtes ayant bénéficié des projets, il a indiqué que « c'est le ratio du nombre des habitants par rapport à celui des réfugiés ainsi que le degré de pauvreté des communautés hôtes qui ont été pris en considération ».
Certains de ces projets, tels que ceux qui touchent à l'infrastructure, comme la construction de canaux d'irrigation ou des routes agricoles, sont développés en coopération avec le CDR, d'autres nécessitant la collaboration des ministères concernés, notamment ceux de l'Intérieur et de l'Éducation.
M. Assi a également souligné que « les projets exécutés sont venus en aide à 644 555 Libanais et 179 887 Syriens ».
M. Nehmé a, pour sa part, souligné l'importance de « la décentralisation dans tout projet de développement », notant que « le programme de soutien aux communautés hôtes œuvre dans ce cadre avec le ministère de l'Intérieur ». Il a également indiqué que « les projets mis en application ne devraient pas être considérés comme des projets d'urgence, mais de développement à long terme ». Il a souligné la nécessité que « les plans mis en place et les fonds octroyés couvrent les trois années à venir, une période minimale pour entreprendre un projet de développement ». Il a aussi annoncé que le comité technique de ce programme de soutien aux communautés hôtes est constitué de membres permanents venus de quatre institutions : le Pnud, les ministères des Affaires sociales et de l'Intérieur, ainsi que le CDR.
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