Liban

Paris lie une aide de 166 millions d’euros à la fin des blocages institutionnels

Coopération

La secrétaire d'État chargée de la Francophonie et du Développement, Annick Girardin, achève son séjour au Liban : la France « accompagne », mais « elle ne peut pas faire à la place du Liban ».

24/03/2015

C'est un agenda chargé qui a rythmé le séjour libanais de la secrétaire d'État française chargée du Développement et de la Francophonie. En trois jours, Annick Girardin a participé aux cérémonies de clôture du mois de la francophonie, s'est déplacée à Deir el-Qamar pour l'inauguration d'un « bibliobus » (une « bibliothèque sans frontières »), a réceptionné une « Ideas Box » (« une énorme boîte pour la diffusion de la culture »), puis s'est rendue dans un camp de réfugiés syriens à Saïda. Un agenda ponctué de rencontres et d'entretiens avec le Premier ministre Tammam Salam, les ministres des Affaires étrangères, Gebran Bassil, des Affaires sociales, Rachid Derbas, de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Élias Bou Saab, et le ministre de la Culture, Rony Araygi, ainsi que des représentants de la société civile – ONG, expatriés français, entreprises. Si le but de cette visite est clair, « s'imprégner de la réalité sur le terrain », le message l'est également : « La France s'engage ! » À l'ambassade de France de Beyrouth, hier, Annick Girardin a souligné les engagements de son pays qui noue des « liens culturels, historiques et économiques avec le Liban », de même qu'elle a évoqué les conclusions que doit tirer le gouvernement libanais dans un contexte marqué par la crise syrienne.

Message au gouvernement libanais
Dénonçant « le risque de contagion de la crise syrienne », la ministre française soutient que « la France est attachée à l'intégrité, la souveraineté et la stabilité du Liban. » Selon les chiffres officiels, 1,2 million de réfugiés syriens sont actuellement au Liban. « Au total, la France accorde 80 millions d'euros pour l'ensemble de la région, et 26 millions au Liban », dit-elle. L'Agence française de développement laisserait cependant en attente « 166 millions d'euros », le temps « que le Liban retrouve une organisation institutionnelle suffisante, notamment l'élection d'un président de la République, pour débloquer ces soutiens financiers ». La nécessité d'élire un nouveau chef de l'État a été rappelée de nombreuses fois par la France, selon la ministre. En priorité, cette somme de 166 millions « couvrirait des besoins en éducation, assainissement de l'eau, construction d'écoles, prêts bancaires pour les entreprises libanaises dans le domaine des énergies renouvelables ». Or ces fonds ne seront pas débloqués « au-delà de juin, si le gouvernement n'apporte aucune réponse à un certain nombre de blocages institutionnels ». En d'autres termes, « il faut accompagner le Liban dans son développement, mais c'est aussi aux Libanais de se prendre en charge ».

Le problème des réfugiés syriens
Si la France encourage et lance des projets tournés vers les réfugiés syriens, « pour que les meilleures conditions possibles leur soient offertes », la secrétaire d'État, interpellée par une journaliste, reconnaît que le nombre de ces réfugiés accueillis en France, « qui s'élève à 5 000 », est peu important. Mais « la France fait sans doute partie des pays les plus engagés, et nous serons présents au Koweït la semaine prochaine (à l'occasion de la conférence des donateurs pour la Syrie). Nous serons l'un des bailleurs et espérons pouvoir être à la hauteur du défi, de façon collective ». Toujours est-il que « la génération de réfugiés syriens ne doit pas être sacrifiée. Si elle n'a pas accès à l'éducation puis à l'emploi, nous formerons alors une génération susceptible de se tourner davantage vers le terrorisme et vous savez combien la France est impliquée dans la lutte contre le terrorisme ». En d'autres termes, la ministre souligne le fait que « nous déployions tous les moyens que nous avons à notre disposition de façon bilatérale et multilatérale, ou avec des organisations internationales pour intervenir au Liban, mais nous ne pouvons pas faire à la place des Libanais ».
En guise de conclusion, oubliant un instant les problèmes politiques et économiques, Annick Girardin relève, avec un sourire complice, que la francophonie est « très vivante au Liban », ce pays « où je me sens le plus chez moi après toutes mes visites ».

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