Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, aura la tâche de former un nouveau gouvernement. Photo archives AFP
Le Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahu a présenté hier ses excuses pour avoir dénoncé le « danger » de la mobilisation massive des Arabes israéliens aux élections législatives du 17 mars, qu'il a remportées. « Je sais que mes déclarations la semaine dernière ont offensé certains citoyens israéliens et des membres de la communauté des Arabes israéliens. Cela n'a jamais été mon intention. Je présente mes excuses pour cela », a dit M. Netanyahu, qui est déjà assuré d'avoir sa majorité. Ces propos, tenus lors d'une rencontre avec des Arabes israéliens à Jérusalem, ont été diffusés par les télévisions.
Pour rappel, quelques heures avant la fermeture des bureaux de vote, M. Netanyahu avait lancé un appel pour inciter les partisans du Likoud, son parti, à aller voter. « Le pouvoir de la droite est en danger. Les électeurs arabes arrivent en masse aux urnes. Les associations de gauche les amènent avec des autobus », avait-il dit. Cet appel avait été entendu et M. Netanyahu a remporté son troisième mandat consécutif, contrairement à ce que prédisaient les sondages.
Pour sa part, Ayman Odeh, le numéro un de la liste arabe qui a obtenu un record de 13 sièges sur 120 aux législatives, a rejeté les excuses de M. Netanyahu. « Elles ne sont pas acceptables, car Benjamin Netanyahu prévoit non seulement de faire voter des lois racistes, mais avec ses déclarations, il a contesté le droit élémentaire des Arabes israéliens à aller voter pour la Knesset (le Parlement) », a-t-il affirmé hier à la deuxième chaîne de télévision privée. « Netanyahu ne peut pas être sincère alors qu'il n'a pas invité les représentants légitimes qui ont obtenu plus de 90 % des voix de la communauté arabe pour présenter ses excuses », a-t-il ajouté. Selon la deuxième chaîne de télévision, les Arabes israéliens reçus hier par Benjamin Netanyahu faisaient partie de la minorité de cette communauté, qui est favorable au Likoud.
Par ailleurs, Benjamin Netanyahu devrait recevoir officiellement cette semaine du président israélien Reuven Rivlin la tâche de former le prochain gouvernement après s'être assuré le soutien d'une claire majorité de droite au Parlement. Soixante-sept parlementaires sur un total de 120 ont soutenu le Premier ministre sortant auprès du président Rivlin pour qu'il le charge de former le nouveau cabinet, a dit le porte-parole de la présidence Jason Pearlman. M. Rivlin devrait inviter cette semaine M. Netanyahu, en poste depuis 2009, pour le charger officiellement de la formation du gouvernement. Cela pourrait être dès demain, après la publication officielle des résultats des élections législatives du 17 mars.
Sur un autre plan, la Maison-Blanche n'a fait aucune allusion aux excuses publiques présentées hier par M. Netanyahu, mais a en revanche appelé à mettre fin à une « occupation qui dure depuis près de 50 ans », martelant son attachement à une solution à deux États, israélien et palestinien. « Nous ne pouvons simplement pas faire comme si ces propos n'avaient jamais été prononcés ou ne soulevaient pas des questions sur l'engagement du Premier ministre à atteindre la paix à travers des négociations directes », a déclaré Denis McDonough, secrétaire général de la Maison-Blanche, évoquant les déclarations « troublantes » de M. Netanyahu. « Les États-Unis ne cesseront jamais de travailler en faveur d'une solution à deux États », a-t-il poursuivi, lors d'un discours à Washington devant l'organisation J Street.
(Source : AFP)


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