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À La Une - Irak

Tikrit totalement piégée, l'offensive suspendue

Les jihadistes assiégés à l'intérieur de Tikrit.

 

 

L'offensive des forces gouvernementales irakiennes soutenues par des milices alliées pour reprendre Tikrit à l'EI a été suspendue en raison de la multitude d'engins explosifs posés par les jihadistes à travers la ville. AFP/AHMAD AL-RUBAYE

L'offensive des forces gouvernementales irakiennes soutenues par des milices alliées pour reprendre Tikrit au groupe État islamique (EI) a été suspendue en raison de la multitude d'engins explosifs posés par les jihadistes à travers la ville, a déclaré mardi un porte-parole.

L'EI a disséminé des milliers d'engins explosifs dans Tikrit, piégé des maisons, creusé des tranchées et érigé des monticules de terre pour se protéger selon des officiers. "La bataille pour reprendre Tikrit sera difficile", a expliqué à l'AFP Jawad al-Etlebawi, porte-parole de la milice chiite Asaïb Ahl al-Haq (la Ligue des vertueux, en arabe) qui participe à l'offensive. Selon lui, les jihadistes ont piégé toute la ville. "Ils ont posé des bombes dans toutes les rues, bâtiments, ponts, partout. C'est à cause de ces préparatifs défensifs que nos forces ont été stoppées", a-t-il ajouté. "Nous avons besoin de forces formées à la guerre en zone urbaine pour mener l'assaut", a-t-il estimé. Il a indiqué que les jihadistes étaient assiégés à l'intérieur de Tikrit, "mais quand on est assiégé, on lutte férocement".

 

 

Limiter les pertes

Lundi, le ministre irakien de l'Intérieur avait affirmé que les forces irakiennes avaient suspendu les combats en cours pour reprendre la ville de Tikrit à l'EI, afin de limiter les pertes et protéger les infrastructures. Il n'a pas précisé en quoi suspendre les combats contre les jihadistes et s'en tenir à un siège prolongé permettrait d'atteindre ces deux objectifs, à moins que les forces irakiennes n'obtiennent un appui extérieur supplémentaire, aérien notamment.

 

(Lire aussi : Bagdad réclame un appui aérien, mais de qui ?)

 

Le ministre de l'Intérieur Mohammed al-Ghabbane dirige les forces de son ministère, mais ce n'est pas lui qui supervise l'opération massive en cours à Tikrit, où l'Irak a mobilisé plus de 20 000 hommes, policiers, soldats, miliciens, membres des forces kurde ou de tribus sunnites. Il se peut que la myriade de groupes impliqués ait d'autres stratégies.

"Il ne reste plus aujourd'hui (à reconquérir NDLR) qu'un toute petite partie de la ville, à savoir le centre," a assuré M. Ghabbane lors d'une conférence de presse à Samarra, dans le nord de Bagdad. "Nous avons suspendu les opérations d'abord pour limiter les pertes dans les rangs de nos forces héroïques", et ensuite pour protéger les infrastructures de la ville, a-t-il expliqué. Ce constat d'une reprise de la plupart de la ville contraste avec les combats en cours pendant le week-end entre les jihadistes et les forces gouvernementales dans le nord de Tikrit, dans la zone de Qadissiyah.

 

(Pour mémoire: Tikrit tomberait-elle « dans deux semaines » ?)

 

L'offensive lancée le 2 mars mobilise des soldats, policiers et forces paramilitaires de volontaires dominées par des milices chiites. La ligne de front n'a pas bougé depuis des jours après l'assaut lancé il y a deux semaines vers Tikrit, la plus importante opération depuis que l'EI a conquis de vastes territoires au nord et à l'ouest de Bagdad l'an dernier.

Des commandants de l'armée et de milices ont affirmé de façon récurrente qu'ils étaient sur le point de lancer l'assaut final sur la ville située à 160 km au nord de Bagdad. Le général Abdelwahab al-Saadi, l'un des principaux commandants pour cette opération, a appelé dimanche à un appui aérien de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, qui pourrait faire basculer la bataille et déloger les derniers jihadistes de Tikrit. D'après le général Saadi, la coalition n'apportait "aucun soutien aérien" jusque là, en raison de l'implication de l'Iran dans l'offensive en cours.

 

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L'EI a disséminé des milliers d'engins explosifs dans Tikrit, piégé des maisons, creusé des tranchées et érigé des monticules de terre pour se protéger selon des officiers. "La bataille pour reprendre Tikrit sera difficile", a expliqué à l'AFP Jawad al-Etlebawi, porte-parole de la milice chiite Asaïb Ahl al-Haq (la Ligue des vertueux, en arabe) qui participe à l'offensive. Selon lui, les jihadistes ont piégé toute la ville. "Ils ont posé des bombes dans toutes les rues, bâtiments, ponts, partout. C'est à cause de ces préparatifs défensifs...
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