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Moyen Orient et Monde

Face à Assad et à l’EI, la diplomatie y va par cinq chemins

Quatre ans après le soulèvement en Syrie
16/03/2015

Après quatre ans de guerre, et face à l'impossibilité de mettre un terme au conflit syrien, force est désormais d'admettre l'échec manifeste de la voie diplomatique. En sous-estimant les capacités de résistance du régime syrien et la détermination de ses alliés russes et iraniens, les puissances occidentales, au premier rang desquels la France, ont probablement commis une grave erreur. Parallèlement, deux facteurs ont permis de renforcer le régime et d'affaiblir l'opposition. D'une part, l'évolution du rapport de force sur le terrain en faveur des forces loyalistes a sérieusement rétréci la marge de manœuvre des négociations. D'autre part, l'émergence des groupes jihadistes, particulièrement l'État islamique (EI) et l'hypermédiatisation de toutes leurs exactions, a contribué à légitimer le discours d'un régime se positionnant comme un moindre mal et un rempart contre l'islamisme.
Aujourd'hui, le départ de Bachar el-Assad n'est plus considéré comme une priorité pour de nombreuses chancelleries. Même l'opposition en exil ne pose plus son départ comme une condition au dialogue. La tournure de la crise incite les États à être prudents, à adopter une position plus pragmatique en privilégiant l'ordre et la sécurité à la liberté et à la démocratie. S'il n'y a évidemment pas de gagnant dans ce type de conflit, le temps semble jouer en faveur du régime syrien. Pour l'instant.

Au quatrième anniversaire du soulèvement en Syrie, une échographie du labyrinthe diplomatique s'impose. En voici les contours, au nombre de cinq.

 

Henry Kissinger l'emporte sur Woodrow Wilson

 

Depuis le début de la crise syrienne, la position des États-Unis sur le sujet a été guidée par une seule logique : le pragmatisme. Alors qu'il avait préalablement défini l'utilisation des armes chimiques comme une limite à ne pas dépasser, le président des États-Unis, Barack Obama, est complètement revenu sur sa décision en août 2013. En acceptant la proposition russe de placer les armes chimiques sous contrôle international alors que le régime venait de les utiliser dans la Ghouta, M. Obama a envoyé un message fort à la fois à l'opposition et au régime syrien. Après cela, tous deux ont pris conscience que les États-Unis n'avaient aucune intention d'intervenir contre le régime syrien.
Trois raisons semblent expliquer la volte-face du président américain. Un : les États-Unis ont été traumatisés par la guerre en Irak et voulaient à tout prix se désengager du théâtre moyen-oriental. Deux : la conclusion d'un accord avec l'Iran concernant le dossier nucléaire était, et reste, une priorité absolue pour Washington, et le dossier syrien était susceptible de sérieusement compliquer la poursuite de ces négociations. Trois : les États-Unis n'ont pas pu, ou pas voulu, trouver un interlocuteur crédible et légitime, capable de représenter une alternative sérieuse au régime de Bachar el-Assad.
Mais le facteur qui a véritablement modifié le discours de la diplomatie américaine sur le dossier syrien est intervenu à l'été dernier. Après l'émergence de l'État islamique (EI) et la mise à mort des deux journalistes américains, James Foley et Steven Sotloff, la lutte contre l'organisation jihadiste a été définie comme la priorité de Washington.
Dans un entretien accordé à la BBC, diffusé le mardi 10 février, le président syrien est venu confirmer le fait qu'il était tenu informé , « via des intermédiaires », des raids de la coalition contre l'EI. Pour sa part, le secrétaire d'État des États-Unis, John Kerry, avait présenté la nouvelle donne en déclarant que le président syrien « a perdu tout semblant de légitimité, mais nous n'avons pas de priorité plus haute que de perturber et de défaire l'EI ». Hier, peut-être inspiré par les propos de De Mistura, M. Kerry est allé encore plus loin en déclarant que les États-Unis devaient « négocier avec Bachar el-Assad ». Des propos qui, loin d'être véritablement étonnants, sont venus confirmer le changement de cap de Washington sur le sujet. Malgré leur décision d'entraîner et d'équiper, en partenariat avec la Turquie, des membres de l'opposition syrienne, les États-Unis ne semblent plus opposés au maintien du régime. Aux critiques qui les accusent de mener une politique aussi cynique qu'irresponsable, et qui auraient préféré voir les États-Unis défendre, à tout prix, les principes démocratiques, Washington répond par un hyper-pragmatisme. Alors que les clés du conflit étaient en grande partie entre ses mains, M. Obama a démontré qu'il était beaucoup plus fidèle à la vision diplomatique d'un Henry Kissinger qu'à celle d'un Woodrow Wilson.

 

(Lire aussi : Joumblatt à « L'OLJ » : Les Américains sont de grands menteurs)

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Un pragmatisme idéologique ?

 
L'Iran et la Russie sont les deux principaux soutiens du régime syrien depuis le début de la révolte. S'inscrivant dans la continuité des rapports qu'entretiennent Damas et Moscou depuis déjà 40 ans, le soutien du président russe, Vladimir Poutine, à son homologue syrien, Bachar el-Assad, n'est pas particulièrement surprenant. Au moins trois facteurs peuvent d'ailleurs l'expliquer. Un : après avoir cédé sur l'intervention onusienne en Libye, les Russes n'étaient pas prêts à autoriser une nouvelle fois ce qu'ils présentent comme un « interventionnisme occidental ». À ce titre, la position de la Russie relève d'une volonté de défendre sa vision des relations internationales. Deux : la base navale de Tartous est la seule dont dispose le Kremlin en Méditerranée et 150 soldats russes y sont stationnés. Cela dit, cet argument, qui était souvent mis en avant au début de la crise, apparaît beaucoup plus dérisoire aujourd'hui. Trois : dans la tradition de son histoire, la Russie se présente comme le protecteur des chrétiens orthodoxes au Moyen-Orient. Chrétien convaincu, M. Poutine craint, plus que tout, l'expansion d'un panislamisme du Moyen-Orient jusqu'à la Tchétchénie en passant par le Caucase. Si la Russie pourrait éventuellement laisser tomber M. Assad, tout semble indiquer qu'elle ne laissera jamais tomber le régime. Accusée de soutenir financièrement ce régime et de lui fournir des armes, la Russie est également très active sur le plan diplomatique, en témoigne le fait que les négociations entre le régime et l'opposition tolérée se déroulent à Moscou.
Pour sa part, l'Iran apporte son soutien à Damas pour des raisons stratégiques puisque la chute du régime compromettrait très fortement la survie de l'axe qui relie Téhéran au Hezbollah. Engagés sur le terrain aux côtés des combattants du parti de Dieu, les pasdaran iraniens sont désormais, d'après les observateurs, en position de force par rapport au régime. Si cet engagement leur donne une longueur d'avance sur les autres acteurs diplomatiques, compte tenu du fait qu'ils participent directement aux modifications des rapports de force sur le terrain, il n'en reste pas moins que l'intervention iranienne en Syrie pourrait devenir, à moyen terme, un handicap : il est possible que le régime syrien, même s'il ne semble pas avoir d'autres choix, conteste ce qui s'apparente à une inféodation. Il est également possible, même si peu probable, que les négociations sur le nucléaire obligent Téhéran a adopter une position plus souple sur le sujet. Reste une limite pour Téhéran, comme pour Moscou, dans leur soutien au régime : la crise des hydrocarbures devrait considérablement réduire leurs moyens et rétrécir ainsi leur marge de manœuvre.

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Ennemis, mais pas trop ?


La Turquie, le Qatar, et l'Arabie Saoudite partagent, pour des raisons différentes une volonté de faire tomber le régime syrien. Dès le 2 octobre 2011, des opposants syriens ont annoncé depuis Istanbul la création du Conseil national syrien (CNS), coalition de courants politiques opposés au régime. Frontalement opposé à Bachar el-Assad, Ankara a été accusé à plusieurs reprises, tout comme l'Arabie Saoudite et le Qatar, de financer les principaux groupes jihadistes en Syrie, à savoir le Front al-Nosra et l'État islamique (EI). Mais ce lien demeure aujourd'hui de l'ordre de l'hypothèse, plus ou moins probable selon les cas, tant les différents experts se contredisent sur la question. Ce qui apparaît toutefois certain, c'est que les trois États ont démontré qu'ils étaient quasiment prêts à tout pour renverser le régime. Ankara était prêt à financer l'opposition islamiste non jihadiste, à faire un pacte de non-agression avec l'EI et à négocier une paix avec les Kurdes sous condition d'une participation plus accrue aux combats contre le régime. Quant à Riyad et Doha, ils étaient prêts à financer l'opposition, particulièrement le Front islamique, via la Jordanie.
En contribuant à transformer une révolte populaire contre un régime dictatorial en un conflit confessionnel opposant les sunnites aux alaouites et aux chiites, Ankara, Riyad et Doha ont quelque part fait le jeu du régime syrien. Ils lui ont fourni des arguments solides pour consolider le discours d'un régime qui ne cesse de dénoncer l'instrumentalisation, guidée par des motifs religieux, de la rébellion par des puissances régionales. Parallèlement, le fait que ces trois États, qui ne sont pas des exemples de démocratie, se soient investis en première ligne dans la lutte contre le régime a probablement desservi le discours de l'opposition modérée et de ses soutiens.
Reste une puissance régionale à la position des plus ambiguës sur le dossier : Israël. Si l'État hébreu profite évidemment de l'affaiblissement du régime, il ne semble pas qu'il souhaite son départ pour autant. L'idéal étant, plausiblement, pour Israël, que les différents acteurs sur le terrain se combattent entre eux et qu'aucun n'en sorte réellement gagnant. Pour Damas, comme pour Téhéran, le fait qu'Israël soit un pays limitrophe de la Syrie et qu'il occupe de surcroît une partie du Golan s'est avéré être un moyen utile pour légitimer l'intervention iranienne et redorer, ne serait-ce qu'un tout petit peu, le blason de ces deux pays dans l'esprit des populations arabes.

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La hantise des accords de Munich


Incontestablement, Paris et Londres ont représenté la ligne diplomatique occidentale la plus ouvertement hostile au régime syrien de Bachar el-Assad. Particulièrement impliqué sur le dossier, le président français, François Hollande, tout comme son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, ont gardé le cap défini par l'ancien président Nicolas Sarkozy sur le sujet. En rappelant à plusieurs reprises que, selon eux, l'État islamique (EI) et le régime syrien constituaient les deux faces de la même pièce de monnaie, les responsables français ont démontré leur inflexibilité sur le sujet. Mais la récente visite de quatre parlementaires français à Damas a montré des signes de dissenssions, même minimes, au sein de la position française. « Bachar el-Assad est le principal responsable du malheur de son peuple et de la montée des groupes terroristes en Syrie. Il n'est pas un interlocuteur crédible pour lutter contre Daech (acronyme arabe de l'EI) », a toutefois déclaré M. Hollande, en réponse à la visite de ces députés et à la suite d'un entretien à l'Élysée avec le chef de la Coalition nationale syrienne, Khaled Khoja.
Cela dit, la position des autres chancelleries européennes apparaît plus nuancée. Interrogé par l'AFP, un diplomate européen se rendant souvent à Damas a assuré qu'en « dehors de la France, de la Grande-Bretagne et du Danemark, qui récusent tout rôle à Assad dans l'avenir de la Syrie, beaucoup de pays européens pensent qu'après quatre ans, cette position n'est plus tenable ».
Extrêmement symbolique, la position de Paris pose au moins trois problèmatiques au niveau diplomatique. Un : Paris frappe les positions de l'EI en Irak, mais refuse de le faire en Syrie, alors que Bagdad est un allié de Damas. Deux : la France continue de parler d'opposition modérée et d'alternative crédible alors qu'il apparaît désormais pour le moins difficile de l'identifier sur le terrain. Trois : la France vient de vendre 24 Rafale à un pays qui, sous couvert de lutte contre le terrorisme, n'hésite pas à réprimer ses opposants : l'Égypte. Hantés par l'idée de reproduire l'erreur historique des accords de Munich, Paris et Londres représenteront probablement les derniers opposants à une reprise de contact entre les puissances occidentales et le régime.

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De Mistura navigue en eaux troubles

Après les échecs respectifs de Kofi Annan et de Lakhdar Brahimi, le troisième envoyé spécial des Nations unies en Syrie, Staffan de Mistura, a opté pour une ligne différente de ses prédécesseurs en admettant, le 13 février dernier, que « Bachar el-Assad fait partie de la solution ». M. De Mistura est-il revenu ainsi sur les accords de Genève I et II qui prévoyaient la mise en place d'un gouvernement de transition qui aurait les pleins pouvoirs, ou bien a-t-il simplement cherché à rassurer le régime sur son avenir afin de le mettre dans les meilleures conditions pour négocier ? A posteriori, les deux hypothèses apparaissent aussi probables que complémentaires. D'une part, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'Onu en Syrie a dû constater que l'évolution du rapport de forces sur le terrain rendait assez illusoire l'idée d'un départ du régime à court terme. D'autre part, M. De Mistura a probablement compris qu'il était impossible de négocier avec le régime tout en s'opposant frontalement à lui. Ajoutée à ces deux hypothèses, une troisième raison a dû favoriser la prise de position de l'émissaire : la lutte contre l'État islamique (EI) est désormais la priorité des Occidentaux. Ce faisant, ces derniers semblent avoir mis entre parenthèses la question du départ de M. Assad.
Si M. De Mistura peut se prévaloir d'un certain pragmatisme, il n'empêche qu'il aura probablement du mal à obtenir une quelconque avancée diplomatique. Le rejet par les rebelles de sa proposition de gels des combats à Alep le met dans une position pour le moins délicate. Le médiateur de l'Onu doit rétablir une relation de confiance avec l'opposition sans pour autant irriter le régime, sans quoi il semble condamné à faire de la figuration.

 

Lire aussi dans notre dossier spécial : Quatre ans après le soulèvement en Syrie
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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CE N'EST PLUS DE LA DIPLOMATIE... C'EST DE LA BORDELLERIE !!!

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Ecoutez-moi, Svp, M. Samrani : A cœur Vaillant Libano-Syrien éhhh Cédraie Sain et non Collabo Malsain fakîhdio-bääSSyrien Per(s)cé iranàR(y)ien, Rien d'Impossible !

SOUS LES PAVÉS LA PLAGE

Faut l'avouer , j'aurai été partisan du 14 évanescent et lire cet excellent article de Mr Samrani m'aurait fait un mal de tête migrainique ! comment pourrai je accepter , moi qui prédisait un départ de Bashar président élu, en 2 semaines il y a 5 ans de cela, lire que le boss de tous ces vassaux , kerrydiot, dire il faut négocier , il n'est plus question qu'il parte , c'est plus notre priorité etc... ? c'est vrai on lit que 3 pays restent accrochés , désespérément au départ du pdt élu , mais on sait qu'ils vont se ranger à l'évidence , et alors que deviendrait mon monde ? je sentirai tout s'écrouler devant moi et pour au moins 2 semaines je songerai à me taire un peu ! Une phrase en OR a été écrite par Mr Samrani , c'est quand il dit l'occicon ne s'attendait pas à la capacité de RESISTANCE des forces loyalistes de Bashar ! Comme quoi seuls les grands esprits savent se rejoindre !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Ces affidés niais de ce sécurité conSeil du bää bää bääSSyrien vont loin, en déclarant que la partie libre de Syrie a perdu et ne peut + agir que d'accord avec eux, les séid es pions de l’aSSadique. Et, comme couards, ils ne pouvaient agir que sous la dictée de leur bääSSyrien bien choyé. Ils proclament alors de facto ce bääSSdiotiste, autorité suprême en Syrie Saine. De M(a)istura(h) himself, capitulant sur son chemin caillouteux de Damas, eut 1 chouia + de pudeur. Répondant aux injonctions du Monchâr, il déclara qu'il ne peut s'engager ayant, comme affidé des bääSSyriens, cessé de jouir sis Laodicée d'1 quelconque autorité. Il pouvait tout au + accepter un pis-aller, i.e. sous réserve de l’acceptation de cela par ce conSeil, qui seul a 1 peu de qualité de convenir des clauses de la débâcle avec ces bääSSyriens-là ! Rendu insolent par l'usurpation de ces séides qui comme tels continuaient à jouer aux "responsables Onusiens, lionceau intervint sans gêne alors dans les affaires de ce conSeil. Il proteste même, le "gentle-farmer" nouSSaïrî, contre cette manœuvre puînée Onusienne sous prétexte qu'elle porte atteinte à sa liberté à lui d’à l’aise encore manœuvrer en Saine Syrie. Really? Ces cancres Onusiens espèrent même que ce bâäSSyrien s'en tienne à ses conditions humiliantes inhumaines! Ils ne comprennent que cette façon de faire. Ils finiront peut-être par comprendre enfin que, dans le pire des cas, ils ne peuvent que gagner à la continuation de la Révolution Libre syrienne.

Sabbagha Antoine

En bref Paris et Londres ont échoué face à la politique de la Russie qui a bien fait d 'intervenir ainsi en Syrie.

Bery tus

heureusement que c'est pas toutes les capitales occidentales qui n'ont rien compris a la syrie et surtout aux assad, Merci a la France, la Grande Bretagne et le danemark !! pour le reste ce n'est que le petrole et les intérêts personnels qui priment !!

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