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"Sunnites ou chiites, il n'y a pas de différence. Les circonstances ont contribué à unifier l'Irak"

L'improbable union entre des Irakiens contre le groupe Etat islamique.

Fut un temps en Irak, il était totalement inconcevable pour un membre de la minorité sunnite de rejoindre une milice chiite, mais la lutte contre l'EI, un groupe sunnite extrémiste a permis de transcender les divisions confessionnelles. AFP PHOTO / HAIDAR HAMDANI

Avec son treillis, ses écussons de milices et un bandeau vert sur le front, Nawar Mohammed présente tous les signes distinctifs du combattant chiite irakien. Et pourtant il est sunnite.
Mohammed est originaire d'Al-Alam, une ville sunnite de la province de Salaheddine (nord) qui a été prise à partir de juin 2014 par le groupe Etat islamique, tout comme la capitale Tikrit. Et pour aider à la libérer, il a décidé, comme 250 autres habitants d'Al-Alam, de rejoindre la milice chiite Asaib Ahl al-Haq, qui a pourtant la réputation d'enlever et tuer des sunnites. D'où le nom de Asaib Al Alam donné par certains à cette unité sunnite.

Fut un temps, il était totalement inconcevable pour un membre de la minorité sunnite de rejoindre une milice chiite, mais la lutte contre l'EI, un groupe sunnite extrémiste a permis de transcender les divisions confessionnelles.
"Le monde entier est surpris de voir ça. C'est la première fois dans l'histoire du groupe Asaib qu'ils forment une unité sunnite", déclare Mohammed, une kalachnikov à ses côtés. "Le groupe Asaib nous a entraînés, et nous en faisons partie", ajoute-t-il.
"Sunnites ou chiites, il n'y a pas de différence. Les circonstances ont contribué à unifier l'Irak", estime-t-il. "Si Dieu le veut, il n'y aura plus de division confessionnelle", indique-t-il encore, en référence aux violences fratricides entre ces deux communautés qui ont notamment connu des pics dans les années 2000.

Avoir des sunnites combattant pour des chiites procurent des avantages des deux côtés: pour les sunnites, cela permet de recevoir un entraînement, une aide et reprendre leurs villes tombées, pour les miliciens chiites, c'est un moyen de faire oublier leur mauvaise réputation.

(Lire aussi : Les forces irakiennes préparent l'assaut final sur Tikrit)

 

"Message positif"
Asaib al-Alam a pris part, avec des miliciens bien plus expérimentés et les membres des forces gouvernementales, à la bataille pour reprendre Al-Alam, tombée cette semaine. La prise de cette ville s'inscrivant dans un objectif plus large: celle de Tikrit, ville contre laquelle des milliers d'hommes ont été mobilisés.

"La création de branches locales d'Asaib dans les zones sunnites a pour but de combattre le confessionnalisme", indique pour sa part Hussein Abdulabbas, un combattant chiite. Selon lui, c'est aussi pratique d'avoir dans les rangs des milices chiites des combattants qui connaissent bien le terrain.

Le ministre de la Défense Khaled al-Obeidi a salué la participation des habitants locaux dans le combat pour reprendre Tikrit, estimant qu'il s'agissait d'un "message très positif pour le peuple irakien".

Jassem al-Jbara, le président de la commission de sécurité du conseil provincial de Salaheddine, explique avoir encouragé la formation de forces locales similaires dans d'autres secteurs.
"Désormais, ce sont les hommes d'Al-Alam qui tiennent la ville", se réjouit-il. Il n'y a "pas eu de destruction, pas de vandalisme" après la reprise de la ville, assure-t-il.
Ce n'est pas le cas de la ville proche d'Albou Ajil, dont les habitants ont été soupçonnés de collaborer avec l'EI.
De nombreuses maisons y ont été brûlées même s'il est difficile de savoir qui sont derrière de tels actes.

"On ne vivait plus"
Des habitants d'Al-Alam ont indiqué que les membres de la tribu Joubour, majoritaires dans le secteur, avaient combattu contre l'EI bien avant la prise de la ville par l'EI, faisant ensuite d'eux les cibles des jihadistes.
"Je ne sortais pas (...) Les gens étaient en sécurité nulle part. Dans la rue. Quand ils dormaient. Quand ils mangeaient. Ce n'était pas une vie", raconte Mohammed --de la tribu Joubour--, qui est resté cinq mois dans la ville après la prise de contrôle de l'EI.
Il affirme avoir fini par être découvert par les hommes de l'EI qui lui ont tiré dessus. Il est parvenu à s'enfuir et s'est caché dans une maison occupée seulement par des femmes, avant de pouvoir rejoindre l'unité qui est devenue Asaib al-Alam.

Cheikh Khaled al-Jbara, un chef de la tribu des Joubour, dirige Asaib al-Alam.
"Ils considèrent que nous sommes comme nos frères chiites", dit-il en parlant des combattants de l'EI.
Et pour eux, nous sommes des gens "en dehors de la religion (islamique)" qui méritent d'être tués.

 

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commentaires (3)

Vive l'union sunnite-chiite contre le terrorisme organisé, insuflé par les très démocratiques zarabies du golfe (sauf Oman) et amies de la forign Policy occidentale et les criminels occupants sionistes.

Ali Farhat

13 h 50, le 15 mars 2015

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Commentaires (3)

  • Vive l'union sunnite-chiite contre le terrorisme organisé, insuflé par les très démocratiques zarabies du golfe (sauf Oman) et amies de la forign Policy occidentale et les criminels occupants sionistes.

    Ali Farhat

    13 h 50, le 15 mars 2015

  • Les forces chiites arriveront à prouver aux irakiens et plus tard aux libanais que cette théorie de la guerre chiite/sunnite n'et qu'un concept inventé par les occicons sionisés pour créer le zizanie qui leur permet d'usurper en paix ! le tout n'est que qu'une question de réveil ou pas ! les chiites attendront que les frères sunnites se réveillent pour mener le vrai combat contre l'injustice faite à leurs coreligionnaires palestiniens , en priorité . Le MAE jordanien est allé présenter aux iraniens NPR une lettre des sionistes d'israrecel pour demander à ces derniers de desserrer l'étau au sud de la Syrie sur le pays de l'usurpie .

    FRIK-A-FRAK

    13 h 31, le 15 mars 2015

  • SI LES IRAKIENS SUNNITES ET CHIITES S'UNIFIENT CE SERAIT UN BON EXEMPLE POUR TOUTE LA RÉGION ! MAIS AUX NOUVELLES ON ENTEND DES CHOSES ÉTRANGES PAR LEUR CRUAUTÉ... ESPÉRONS QUE CE NE SONT QUE DES RUMEURS MALSAINES...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    10 h 58, le 15 mars 2015