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Campus

Ahmad Ghourabi, l’étudiant qui veut faire avancer les droits des femmes

Libre cours
27/02/2015

« Tu ne veux pas avoir un vrai partenaire dans la vie ? » C'est ainsi qu'Ahmad Ghourabi, fondateur et président du Women's Rights Club de l'Université libanaise (UL), aborde les droits des femmes avec les jeunes hommes qu'il cherche à conscientiser. « Lorsque je veux sensibiliser mes confrères à la cause féminine, j'essaye toujours de rapprocher le sujet de leur vécu et des situations qu'ils vivent. Et le problème social le plus grave auquel ils font face à cet âge, c'est comment rencontrer et se lier avec la femme de leur vie... », explique-t-il. Pour cet étudiant en master de chimie, 22 ans, originaire de Saïda, notre société patriarcale est dangereuse, non seulement pour les femmes, mais également pour les hommes. « En privant la femme de certaines responsabilités, elle exerce une grande pression sur l'homme. Et cela dans les divers aspects de la vie : économique, social mais également affectif. On attend de l'homme qu'il assure tout, avant et après le mariage. Et avec la mauvaise situation économique actuelle, ce n'est pas facile pour lui », dénonce le jeune étudiant qui raconte s'être intéressé à la chimie après avoir vu son rêve d'intégrer l'École militaire voler en éclats « malgré ses bons résultats scolaires », car il n'avait pas « de piston politique ».
Les racines du militantisme d'Ahmad pour les droits des femmes remontent à loin. Le jeune homme confie que « son amour pour ses trois sœurs », beaucoup plus âgées que lui, a constitué un facteur déterminant dans sa volonté de défendre les femmes et leurs droits.

La naissance du Women's Rights Club
« Pour faire avancer la cause des femmes et atteindre une meilleure justice sociale, il faut cibler les jeunes, ce sont les clés du changement », affirme Ahmad qui, parallèlement à ses études en chimie, donne des leçons particulières aux étudiants des classes terminales. Et pour toucher les jeunes, quel meilleur endroit que l'université ? Le jeune militant en est conscient. Au mois de novembre 2014, et après deux longs mois et maintes difficultés pour obtenir l'autorisation, il réussit à créer dans sa faculté à Hadath le Women's Rights Club, premier club pour les droits des femmes à l'UL. « La naissance de notre club n'a pas été facile. "Choisissez un sujet un peu plus décent", nous a-t-on dit au début. Et dernièrement, on nous a poussés à annuler une activité prévue au sein de la fac pour soutenir la participation politique de la femme », dénonce Ahmad.
Le Women's Rights Club – dont le principal objectif est de conscientiser et sensibiliser la jeunesse libanaise sur « le respect de la femme » et « l'importance de ses droits » – a commencé ses activités sur le terrain en animant des débats estudiantins sur différents sujets sociaux. Une approche interactive qui a permis aux membres du club de déconstruire les stéréotypes et de changer les perceptions erronées. « Nous avons réalisé que de nombreuses filles ne connaissent pas leurs droits », révèle Ahmad, avant d'évoquer, à titre d'exemple, les jeunes étudiantes qui rêvent d'un mari « aisé financièrement, qui a réussi dans la vie » au lieu d'envisager leur propre réussite professionnelle et sociale.
Actuellement, l'association estudiantine qui réunit 22 membres, filles et garçons, de différentes confessions et appartenances, participe, avec la Commission nationale des affaires de la femme libanaise, au projet « Lana Hak » (On a le droit). Une initiative qui soutient la participation active des femmes aux instances de prise de décision. « Nous suivons également des ateliers formatifs avec l'ONG Abaad et le Comité des droits de la femme libanaise qui nous soutiennent », précise Ahmad, qui a déjà participé à de multiples conférences autour des droits des femmes, au Liban, mais également en Jordanie, au Kurdistan iranien et en Turquie.
Pour conclure, le jeune militant insiste sur l'importance d'adopter une approche inclusive dans la lutte pour les droits des femmes. « Les problèmes des femmes au Liban ne seront pas résolus sans la participation des hommes, en tant que partenaires du problème et des solutions. Toute initiative qui ne prend pas cela en considération sera vouée à l'échec », affirme-t-il.

Pour en savoir plus sur le Women's Rights Club de l'UL : www.facebook.com/women.club.ul? fref=ts.

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