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Dix ans après

Dix ans après le décès de Rafic Hariri, dix ans après le retrait de l'armée syrienne du Liban où en est-on aujourd'hui ? Un pays ingouvernable, une situation politique pourrie et un régime assadiste, cause de beaucoup de nos malheurs, qui rêve déjà de redevenir incontournable alors qu'il est lui-même embarqué dans une aventure cauchemardesque qui aurait dû causer sa perte il y a longtemps déjà.
Comment et pourquoi en est-on arrivé là ? On pourrait longuement disserter sur les raisons ou les causes de cette dérive, argumenter que le Liban n'est plus maître de son destin et qu'il navigue désormais au gré de vents contraires venant d'est ou d'ouest, du sud ou du nord. On pourrait mettre aisément le doigt sur la véritable plaie, celle qui s'est gangrenée depuis l'implication du Hezbollah dans la guerre syrienne, plaider notre impuissance face au jeu diabolique des grandes et moins grandes nations qu'il s'agisse des États-Unis, de la Russie ou de l'Iran.
Mais rien, vraiment rien ne peut justifier la politique de l'autruche menée par nos soi-disant dirigeants, l'inconscience et l'irresponsabilité qui leur collent aux fesses comme un aveu public de culpabilité. Rien, vraiment rien ne peut mettre hors de cause tous ceux qui étalent leurs frasques au grand jour, qui s'enfoncent chaque jour un peu plus dans le déni de leurs responsabilités.
Intolérable est cette paralysie qui pétrifie le gouvernement de prétendue cohésion nationale, inacceptable est cette règle du veto imposée au Conseil des ministres pour l'adoption de toute décision. Résultat : on s'étripe à huis clos et une fois hors des entrailles du monstre on règle ses comptes dans les médias, audiovisuels de préférence, le direct autorisant l'insulte suprême : laver son linge sale en public...
Désarçonné Tammam Salam ? Nullement ! À force d'entendre les mêmes facéties, d'écouter les mêmes litanies, tel un maître d'école appelé à arbitrer des querelles de galopins, il a acquis une sorte de blindage qui l'immunise contre les grosses colères. Excédé, il se contente tout simplement d'interrompre la classe et de renvoyer tous les élèves turbulents à la maison...
Pathétique est ce constat alors que le Liban commémore le dixième anniversaire d'un rêve assassiné mais aussi d'un espoir né un certain 14 mars de cette même tragédie. Incompréhensible est cette pulsion suicidaire alors que le Liban a, intrinsèquement, tous les atouts d'une résurrection sans cesse refoulée, celle que Rafic Hariri a tenté d'initier.
Samedi au Biel, le message s'est voulu, quand même, résolument ferme et optimiste. Et à juste titre : loin des misères de la politique politicienne, des inutiles dialogues de sourds, les quatre vérités ont été assénées et les constantes ont été renouvelées, celles de l'État de droit et du rejet de tout aventurisme. En toile de fond, se profilait naturellement le rappel d'une justice immanente, celle du Tribunal spécial pour le Liban qui permettra de tourner une page terrifiante de l'histoire du pays.
Alors que la montée du jihadisme criminel inverse désormais les priorités, l'envoyé spécial de l'Onu Staffan de Mistura a peut-être raison d'affirmer que « Bachar el-Assad fait partie de la solution en Syrie ». Mais il omet d'ajouter que le contentieux est bien lourd, que Bachar a 200 000 morts sur la conscience et que c'est la solution même dont il parle qui pourrait contraindre ce dernier à un départ précipité, une fois que tous les crimes auront été révélés, dès lors que le verdict du TSL aura été rendu.
L'attente dans ce cas précis a un nom : « épée de Damoclès » et l'État islamique n'a rien à y voir...


Dix ans après le décès de Rafic Hariri, dix ans après le retrait de l'armée syrienne du Liban où en est-on aujourd'hui ? Un pays ingouvernable, une situation politique pourrie et un régime assadiste, cause de beaucoup de nos malheurs, qui rêve déjà de redevenir incontournable alors qu'il est lui-même embarqué dans une aventure cauchemardesque qui aurait dû causer sa perte il y a...

commentaires (5)

Encore une autre décennie, n'challâh, et ce pays sera carrément foutu.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

10 h 42, le 17 février 2015

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Commentaires (5)

  • Encore une autre décennie, n'challâh, et ce pays sera carrément foutu.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 42, le 17 février 2015

  • EN DIX ANS ON EST PASSÉ DE L'ABRUTISSEMENT BÉNIN... À L'HÉBÉTUDE MALIGNE !

    PRET A SOUTENIR L,OLJ QUE JE CONNAISSAIS.

    13 h 03, le 16 février 2015

  • il est incontestable que Bachar Assad fait partie de la solution en Syrie. Il convient de rappeler à certains qu'il n'est en aucune manière une partie de la solution des problèmes au Liban. Prière de corriger : remplacer "huit clos" par "huis clos"

    Olivier Georges

    10 h 41, le 16 février 2015

  • DIX ANS APRÈS... LE JARDIN... QUE FEU RAFIC HARIRI FLEURISSAIT EN L'EMBELLISSANT... EST DEVENU UN HYPER BORDEL !!!

    PRET A SOUTENIR L,OLJ QUE JE CONNAISSAIS.

    09 h 18, le 16 février 2015

  • Les circonstances qui déterminent 1 situation sont nécessaires pour provoquer 1 accélération : comme le déclenchement d’1 guerre, e.g. Nécessaires, soit, mais sans doute pas suffisants. Et c'est ici que réapparait la main de l'humanoïdo-humain. On sait que l’aSSadiot, déjà sur le fil du rasoir, va continuer son massacre. Cette "tac-tic" vaut ce qu’elle vaut mais certainement pas plus, et est dégueulasse en sus ! La question éminemment troublante n'est-elle pas : 1 autre type que cet aSSadique, mais élu démocratiquement, lui ; et 1 autre équipe que ces bääSSdiots, auraient-ils de la même manière conduit la Syrie dans le gouffre de cette déflagration ? La réponse va de soi. Surtout qu’il est beaucoup plus aisé de déclencher 1 répression que de la terminer. Et d'ailleurs, ces bääSSyriens le savent autant que personne et même mieux. En effet, mahééék, une répression ne se déroule jamais comme il était généralement prévu dans leurs petites têtes vides de despotes dégueulasses ; cent impondérables viennent en perturber le cours, et il est rare que des tyranneaux äalaouïto-nouSSaïyrîs fournissent les bonnes réponses aux questions inattendues qui surgissent. En plus, en cas de victoire, il reste à ces (c)hébéls à organiser une certaine "stabilité?" tout en "soignant!" les traumatismes du Peuple vaincu. C'est un ouvrage qui réclame du doigté et de l'imagination ! Il est certain donc qu’on ne demandera pas à ce lionceau déjà à pied bot de s'y coller, car il déguerpira d’office bientôt.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    02 h 28, le 16 février 2015

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