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Liban

À l’Onu, Samy Gemayel exhorte les parlementaires à agir pour le développement des droits de la femme

Le député Samy Gemayel, hier, à l'Onu.

Le premier « Forum sur la santé et le développement de la condition de la femme dans le monde » s'est ouvert hier au siège de l'Onu en présence de dirigeants venus des quatre coins du monde. Organisé par l'Académie royale des sciences « International Trust », en partenariat avec la division du développement durable du département des affaires économiques et sociales (DAES) pour aborder la santé des femmes et promouvoir le développement, ce forum de deux jours a été présidé par la princesse Nisreen el-Hashemite, « princesse royale, docteure, scientifique et artiste qui fait la promotion de la paix dans le monde », selon Twitter, et animé par Amir Dossal, fondateur et président du « Global Partnerships Forum », une ONG dont l'objectif est de relever les défis socio-économiques à travers des partenariats.
C'est dans le cadre d'un nouveau programme de développement durable qui s'appuie sur les succès des « Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), lequel entreprend des actions pour améliorer la vie de millions de personnes, que ce forum s'ouvre. De nouveaux objectifs de développement durable devraient être adoptés en septembre prochain, lors de la 70e session du débat général de l'Assemblée générale de l'Onu. Cette conférence se penche essentiellement sur la santé des femmes, au-delà de la santé reproductive, et son rôle dans le développement international. Comme le souligne le député Samy Gemayel dans sa remarquable intervention, l'égalité des sexes n'est pas seulement un droit humain fondamental, mais aussi une base nécessaire pour un monde pacifique, prospère et durable.

« Champion des droits de la femme »
Présenté par Amir Dossal comme « le seul politicien et parlementaire libanais » à prendre la parole et « champion des droits de la femme qui compte à son actif de nombreuses réalisations au Liban, en plus d'être un leader charismatique issu d'une famille qui a consacré sa vie à la défense du Liban et de la région », le député Samy Gemayel a profité de sa participation « à ce forum prometteur » pour exprimer « mon point de vue sur ce qui passe au Liban et au Moyen-Orient, témoins d'attaques vicieuses contre les libertés et les droits fondamentaux ». « Cette partie du monde est menacée par les attaques de l'extrémisme et du terrorisme, ainsi que par la crise croissante des réfugiés », a-t-il dit.
Dans le cadre de cette situation explosive, les droits des femmes pourraient être perçus comme une question secondaire, a-t-il relevé. Mais la lutte contre l'extrémisme, a-t-il ajouté, commence par la promotion des valeurs de la liberté, de la modération, de la diversité et de l'égalité. Samy Gemayel prône une plus grande autonomie des femmes. Pour cela, il est nécessaire d'offrir les ressources nécessaires et l'éducation dans les domaines de la santé et du développement, qui permettront aux femmes de se libérer des obstacles entravant leur avancement, tout en renforçant les bases de la démocratie et de l'égalité dans nos sociétés, de manière à les empêcher de dégénérer vers d'autres pratiques extrémistes.
Saluant les « progrès remarquables dans la promotion des droits des femmes depuis le Programme d'action de Beijing » (1995), Samy Gemayel relève néanmoins que « l'avancée vers l'égalité des sexes a été lente ». Les rapports et études ont montré que de nombreux défis, tels que l'ordre patriarcal, les normes religieuses, la pauvreté, le chauvinisme et les particularités culturelles, ont toujours été un obstacle aux droits et au développement des femmes. Il cite ainsi l'exemple de l'utilisation de contraceptifs, à laquelle continuent de s'opposer les chefs religieux et qui s'est avérée un outil efficace pour sauver des vies. Il en va de même pour les pratiques culturelles, « utilisées comme une excuse pour ne pas permettre aux femmes d'ouvrir un compte bancaire ou avoir leur propre entreprise sans le consentement de leurs maris et pères, sans compter qu'un certain nombre de jeunes femmes semblent être découragées de postuler à des emplois dans le domaine de la science et de la technologie ». « Les parlementaires peuvent jouer un rôle crucial dans le nivellement de l'égalité des sexes dans la promotion de la santé, de la richesse et du développement des femmes », a-t-il souligné.

Voter des lois
Samy Gemayel distingue par ailleurs trois points importants pour faire progresser les droits des femmes. Le premier est de soumettre ou de voter des lois et des politiques permettant aux femmes d'exercer librement leurs droits humains dans divers domaines, y compris la santé, les droits sexuels et la reproduction. « En effet, en tant que parlementaire libanais, je me suis engagé dans la rédaction et l'adoption d'un certain nombre de lois, y compris celles liées à des crimes de violence domestique, en renforçant les congés de maternité et la fourniture de manuels scolaires gratuits pour les enfants, garçons et filles, des écoles publiques », a-t-il déclaré. Et d'ajouter : « Le partenariat entre les parlementaires et les ONG dédiées à la cause de l'égalité et des droits des femmes est la clé du succès dans le procédé de réforme législative. La persévérance aussi est une qualité nécessaire pour atteindre cet objectif. »
Le jeune député a en outre indiqué que les parlementaires sont en mesure d'améliorer l'emploi et la protection sociale des femmes en légiférant en faveur des congés parentaux, de la couverture médicale, de l'égalité salariale et de l'accès aux microcrédits. Il convient aussi, selon lui, d'abroger les obstacles juridiques aux droits à la propriété, à l'ouverture de comptes bancaires et à la création d'entreprises. Samy Gemayel préconise enfin que les parlementaires soulignent la responsabilité du gouvernement dans la mise en place de programmes pour l'égalité des sexes, en conformité avec les normes internationales. Les députés peuvent influencer les électeurs dans les circonscriptions qu'ils représentent en ouvrant le débat sur les stéréotypes culturels et sociaux. Cette sensibilisation pourrait se faire avec la collaboration de la société civile, du secteur privé, des médias et autres. « Ce n'est pas une question propre aux femmes. C'est une question de droits humains. C'est une responsabilité collective et universelle », a-t-il martelé.
Le forum clôturera ses travaux demain par une déclaration sur le « Programme d'action mondiale pour la santé des femmes », qui fournira des recommandations pour lutter contre les disparités. Ce programme sera disponible aux décideurs, les leaders dans les systèmes du milieu universitaire, de la recherche et de la santé, dans le contexte du nouveau programme de développement.

Le premier « Forum sur la santé et le développement de la condition de la femme dans le monde » s'est ouvert hier au siège de l'Onu en présence de dirigeants venus des quatre coins du monde. Organisé par l'Académie royale des sciences « International Trust », en partenariat avec la division du développement durable du département des affaires économiques et sociales (DAES) pour...
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