Quel dommage que les facultés de Sciences-Po ne soient pas venues puiser dans les guirlandes de banderoles surchargées de beaux slogans qu'on se propose d'enlever, alors qu'elles ornent admirablement certains quartiers militants. Et quels slogans ! Une bouillie d'onomatopées primitives, pompées au hasard à partir d'allocutions politiques imbuvables et balancées sur des confettis de draps et d'affiches dont la mocheté rivalise avec la laideur des murs et gagne.
Évidemment, chaque quartier arbore sa propre griffe, constellée de son sabir surréaliste dans lequel la communauté du coin est massée jusqu'à la chair de poule. Dans l'optique d'améliorer leur image cabossée par les turpitudes et le passage des ans, certaines formations ont cru découvrir la poudre de perlimpinpin en sollicitant les services d'une agence de com. Sauf que quand la politique s'en mêle, les créatifs n'ont pas toujours le neurone heureux et versent parfois dans le grotesque et la niaiserie. Qu'ils soient du 14 ou du 8, les Marsiens de la ménagerie politique, conseillés par leurs mentors, entassent les maladresses avec un angélisme décoiffant. Alors, ça donne ces portraits collés qu'on se propose de décoller... avant de les recoller dès les premiers couacs du dialogue. Nasrallah assis, Nasrallah debout, Nasrallah pérorant devant un parterre de barbus compassés. À l'autre bout du sèche-linge, un autre cirque : Hariri scrutant l'horizon, Hariri à califourchon sur son blanc destrier. Sans oublier les agités du burnous toutes dents dehors, éructant leurs slogans de haute envolée culturelle et aboyant tout le bien qu'ils pensent de la communauté d'en face.
Ne cherchez pas le programme, il n'y en a pas. Juste un nuage de fumée sur une fioriture de lieux communs, notamment la vieille soupe réchauffée de la « dignité », brandie de part et d'autre par des blaireaux qui ne peuvent pas se blairer. Avec, en filigrane idiot, le nombre de sunnites qui doit être absolument égal à la racine carrée de l'hypoténuse des chiites.
Tout cela doit partir, nous dit-on. Certes, et c'est tant mieux : l'argent n'a peut-être pas d'odeur, mais il est des bannières qui sentent beaucoup trop l'argent.
gabynasr@lorientlejour.com
Évidemment, chaque quartier arbore sa propre griffe, constellée de son sabir surréaliste dans lequel la communauté du coin est massée jusqu'à la chair de poule. Dans l'optique d'améliorer leur image cabossée par les turpitudes et le passage des ans, certaines formations ont cru découvrir la poudre de perlimpinpin en sollicitant les services d'une agence de com....


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Ces portraits mascarades de nos leaders devront en effet disparaitre . Ils enlaidissent plus le visage sale de la capitale .
13 h 45, le 06 février 2015