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Moyen Orient et Monde - Terrorisme

Deux semaines après les attentats de Paris, l’enquête s’accélère

Quatre complices présumés des auteurs des attaques arrêtés ; l'Europe reste en état d'alerte.

Lassana Bathily (à gauche) est « le symbole d’un islam de paix et de tolérance », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, accompagné du Premier ministre Manuel Valls (à droite). Éric Feferberg/AFP

L'enquête sur les attentats de Paris s'est accélérée hier avec l'inculpation et la détention requises par la justice de quatre complices présumés des jihadistes, auteurs de la série d'attaques qui a fait 17 morts du 7 au 9 janvier dans la capitale française.
Arrêtés en fin de semaine dernière en région parisienne, les quatre hommes, âgés d'une vingtaine d'années, sont soupçonnés d'avoir apporté un soutien logistique, notamment en armes et en véhicules, à l'un des jihadistes, Amédy Coulibaly. Ce dernier avait tué une policière à Montrouge, au sud de Paris, le 8 janvier, au lendemain de la tuerie perpétrée au journal satirique Charlie Hebdo par les frères Saïd et Chérif Kouachi (12 morts). Amédy Coulibaly avait ensuite abattu le 9 janvier quatre clients ou employés juifs d'un supermarché casher de la capitale, avant d'être tué dans l'assaut des forces de sécurité.

 

(Lire aussi : « Je crains que l'islamophobie ne se banalise en France »)

 

La « bravoure » de Lassana Bathily
Un employé malien de ce magasin, devenu un héros après avoir sauvé des otages en les aidant à se dissimuler dans la chambre froide, a d'ailleurs été naturalisé français hier lors d'une cérémonie au cours de laquelle le Premier ministre français Manuel Valls a salué sa « bravoure ». Musulman pratiquant, Lassana Bathily est « le symbole d'un islam de paix et de tolérance », a déclaré le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. En France depuis 2006, le jeune homme, âgé de 24 ans, avait déposé en juillet 2014 une demande de naturalisation. Elle a été traitée en urgence pour le remercier.


L'enquête sur les attentats se concentre désormais sur les complicités, directes ou indirectes, dont ont pu bénéficier les trois jihadistes. Qui leur a fourni des armes et avec quel degré de connaissance de leurs projets ? Comment Amédy Coulibaly s'est-il rendu au supermarché cachère ? Qui a mis en ligne une vidéo posthume, dans laquelle il revendique ses actions au nom du groupe État islamique (EI) ? Selon une source policière, les enquêteurs ont effectué ces derniers jours de nombreuses filatures et écoutes téléphoniques dans l'entourage présumé des tueurs.


Un autre homme soupçonné de liens avec les frères Kouachi sera pour sa part bientôt extradé vers la France, a décidé hier la justice bulgare. Fritz Joly-Joachin, Français de 28 ans, avait été arrêté le 1er janvier alors qu'il tentait de franchir la frontière bulgaro-turque. Il pourrait être renvoyé vers la France « dans les 24 heures », selon son avocat. « Je suis innocent, je veux retourner en France », a déclaré M. Joachin. Il a admis connaître les frères Kouachi, mais il conteste avoir été associé à la préparation de leur attentat.

 

(Lire aussi : Hollande et Valls reviennent en force, Sarkozy en retrait)


De même, la justice française a finalement écarté hier la piste terroriste, après l'arrestation la veille, dans le sud de la France, de cinq ressortissants russes, dont plusieurs Tchétchènes, qu'elle avait initialement présentés comme préparant un attentat. « Il n'y a pas de projet d'attentat connu. Nous n'avons aucun élément sur cette hypothèse », a ainsi déclaré à la presse Yvon Calvet, le procureur de Béziers, où l'un des suspects a été interpellé. « C'est une affaire qui n'a pas de connotation religieuse. Il n'y a pas d'aspect religieux dans leur vie. C'est du grand banditisme. Le parquet antiterroriste n'a pas été saisi », a ajouté le magistrat.


En attendant, deux semaines après la tragédie, l'Europe reste en état d'alerte et le gouvernement français doit présenter aujourd'hui une première série de « mesures antiterroristes » promises dans la foulée des attentats par le Premier ministre Manuel Valls. La Commission européenne doit de son côté détailler à Bruxelles ses projets à l'échelle des 28 pays membres de l'UE. Lundi, les Européens ont décidé d'associer la Turquie et les pays arabes à leur lutte contre le terrorisme. En Allemagne, la police a mené hier de nouvelles perquisitions au sein de la mouvance islamiste, après celles déjà conduites vendredi à Berlin, sans toutefois procéder à des interpellations. En Suisse, un Tunisien soupçonné d'appartenir à la mouvance islamiste était en attente d'expulsion vers son pays d'origine.

 

(Lire aussi : Les Européens veulent accroître leur coopération avec la Turquie et les pays arabes dans la lutte antiterroriste)

 

« Moyens considérables »
Dans ce contexte, le gouvernement français doit révéler aujourd'hui quels moyens il va débloquer pour renforcer l'action de la police, de l'armée, des services antiterroristes et du renseignement, accusé de « failles » dans la surveillance des jihadistes. Selon une source proche du dossier, la police devrait obtenir environ 400 millions d'euros.


Paris multiplie aussi les signes d'apaisement face aux manifestations dans le monde contre la nouvelle caricature de Mohammad publiée la semaine dernière en une de l'édition des « survivants » de Charlie Hebdo. Manuel Valls a ainsi affirmé hier que « Je suis Charlie », le slogan emblématique de soutien à la liberté d'expression en France, « n'est pas le seul message de la France au monde ». « Défendre la liberté d'expression ne signifie pas pour la France vouloir insulter l'islam (...). Nous menons une politique de dialogue vis-à-vis de tous les pays musulmans », a renchéri le chef de la diplomatie, Laurent Fabius.


Par ailleurs, le Qatar a réfuté hier tout soutien à des organisations « terroristes » au Proche-Orient et en Afrique, et dénoncé des déclarations en ce sens, notamment après les attentats jihadistes de Paris. « L'idée selon laquelle le Qatar financerait ou soutiendrait d'une quelconque manière des terroristes et le terrorisme semble être devenue un présupposé communément admis au sein du débat sur l'extrémisme en Europe », relève son ambassadeur à Paris, Meshal Hamad al-Thani, dans une déclaration écrite. « Il faut être clair, le Qatar ne finance ni ne soutient aucune organisation terroriste », a-t-il insisté.

L'enquête sur les attentats de Paris s'est accélérée hier avec l'inculpation et la détention requises par la justice de quatre complices présumés des jihadistes, auteurs de la série d'attaques qui a fait 17 morts du 7 au 9 janvier dans la capitale française.Arrêtés en fin de semaine dernière en région parisienne, les quatre hommes, âgés d'une vingtaine d'années, sont soupçonnés d'avoir apporté un soutien logistique, notamment en armes et en véhicules, à l'un des jihadistes, Amédy Coulibaly. Ce dernier avait tué une policière à Montrouge, au sud de Paris, le 8 janvier, au lendemain de la tuerie perpétrée au journal satirique Charlie Hebdo par les frères Saïd et Chérif Kouachi (12 morts). Amédy Coulibaly avait ensuite abattu le 9 janvier quatre clients ou employés juifs d'un supermarché casher de la...
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