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Charlie Hebdo : Le film de l'attentat (Vidéo)

France

Attaque à la kalachnikov en pleine conférence de rédaction de Charlie Hebdo, échange de tirs avec les policiers et car-jacking permettant aux assaillants de semer les forces de l'ordre : le film de l'attentat.

OLJ/AFP
07/01/2015

 Une vidéo de notre partenaire, France 24

 

Vers 11H20, deux hommes vêtus de noir, cagoulés et armés chacun d'une kalachnikov se présentent au numéro 6 de la rue Nicolas-Appert (XIe arrondissement), où se trouvent les archives de charlie Hebdo. Ils hurlent "C'est ici charlie Hebdo?" Voyant qu'ils sont à la mauvaise adresse, ils se dirigent alors au numéro 10 de la rue, où se trouve le siège de l'hebdomadaire satirique.

"J'étais dans le bâtiment au bout du couloir. Des gens sont rentrés, ils cherchaient Charlie Hebdo puis ils ont tiré pour nous impressionner", raconte à l'AFP une factrice qui a pu s'enfuir. Mais dans les bureaux de l'hebdomadaire, c'est le carnage.


Une fois dans l'immeuble, ils font feu sur le chargé de l'accueil et se rendent au deuxième étage, où se trouve la rédaction de Charlie Hebdo. "Les deux hommes ouvrent alors le feu et achèvent froidement les personnes rassemblées pour la conférence de rédaction ainsi que le policier chargé de la protection du dessinateur Charb, qui n'a pas le temps de riposter", explique à l'AFP une source policière.
Une seule personne, qui a réussi à se cacher sous une table, en réchappe. Elle entend les deux hommes crier "nous avons vengé le prophète" et "Allah akbar", selon cette source.

 

(Lire aussi : Les dessinateurs Charb, Wolinski, Cabu et Tignous sont morts)

 

Un journaliste qui travaille dans des locaux situés en face de Charlie Hebdo décrit "des corps qui sont à terre, des mares de sang, des blessés très graves". "Les gens de Charlie Hebdo sont venus s'asseoir dans nos locaux pour être un peu au calme", relate-t-il sur iTELE.


Vers 11H30, un appel police-secours fait état de tirs au siège de Charlie Hebdo. Des policiers sont dépêchés immédiatement sur place.


Les deux agresseurs prennent la fuite en criant de nouveau "Allah akbar" et se retrouvent nez à nez avec une patrouille de la Brigade anti-criminalité (BAC) locale. Un échange nourri de coups de feu s'ensuit.
Ils parviennent à prendre la fuite à bord d'une voiture Citroën C3 noire et font alors face à un véhicule de police sérigraphié. Ils tirent une dizaine de coups de feu sur le pare-brise de cette voiture sans blesser les policiers qui se trouvent à l'intérieur.

 

"Ils étaient cagoulés, avec des armes kalachnikov ou M16", décrit un voisin, qui a jugé les assaillants "sérieux" au point de penser que "c'était des forces spéciales à la poursuite de trafiquants de drogue". "On se croyait sur le tournage d'un film". "J'allais en cours, je suis sortie du métro et j'ai entendu des coups de feu... peut-être trois", raconte Lilya Mohdeb, une étudiante de 24 ans. "Des gens m'ont dit: +ça tire, baissez-vous!+", explique la jeune femme qui n'a "pas réfléchi" et est "rentrée tout de suite dans le métro". Sous le choc, elle a "mis une heure avant de revenir" dans la rue.

 

(Voir aussi : L'attaque contre Charlie Hebdo vue du toit)


Des policiers font feu sur les assaillants, qui ripostent. Boulevard Richard-Lenoir, un policier en uniforme d'une quarantaine d'années, est touché et se trouve à terre, selon une vidéo diffusée sur internet.
Les deux hommes sortent alors de leur voiture et s'approchent en courant du policier qui lève la main et leur demande : "Vous voulez me tuer?".
L'un des deux assaillants s'approche de lui en courant et lui répond "C'est bon chef" avant de lui tirer une balle en pleine tête sans s'arrêter, selon une vidéo diffusée sur internet.

 

'On a tué charlie Hebdo'
Les deux assaillants repartent vers leur voiture sans s'arrêter. "On a vengé le prophète Mohamed! On a tué Charlie Hebdo!", crient-ils avant de repartir, selon une autre vidéo.
Un peu plus loin, place du colonel Fabien, les deux hommes percutent une automobiliste blessée légèrement. Ils abandonnent leur voiture rue de Meaux près du parc des Buttes Chaumont situé dans le XIXe.
Les deux assaillants braquent ensuite un automobiliste porte de Pantin et s'enfuient vers le nord de Paris à bord de sa voiture. Les forces de l'ordre perdent alors leur trace.

 

Bocar Diallo, lui, travaille alors dans un garage Volvo situé à proximité et confie avoir "vu des policiers en train de tirer, cela a duré au moins trois ou quatre minutes". "On a voulu sortir mais on a entendu des rafales et des policiers nous ont dit de rentrer", explique-t-il après avoir accueilli dans son garage un policier "blessé par un éclat, venu se soigner".
Des dizaines de personnes passent à proximité du périmètre de sécurité, accrochées à leur téléphone portable. "C'est de la folie en plein coeur de Paris", lance l'une d'elles.


Lors de leur attaque et de leur fuite, ils ont tué 12 personnes et fait 8 blessés, dont 4 en "urgence absolue" selon François Hollande.
Le ministre de l'Intérieur a indiqué que "trois criminels" étaient impliqués dans l'attaque et recherchés activement, sans préciser le rôle du troisième. Tout est mis en oeuvre pour "neutraliser le plus rapidement possible les trois criminels", a ajouté Bernard Cazeneuve.

 

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Halim Abou Chacra

Comme si Allah et le prophète avaient besoin d'eux, ces cons !

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