Un employé du secteur pétrolier irakien inspecte des oléoducs sur le gisement de Bai Hassan, à l’ouest de Kirkouk, dans le nord de l’Irak. Photo d'archives AFP
La Turquie a annoncé mardi un accord avec le géant pétrolier British Petroleum (BP) en Irak pour l'exploitation d'hydrocarbures dans la région de Kirkouk (nord), selon le ministre de l'Energie.
Cette annonce survient au soir de la visite à Ankara du Premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, qui a été reçu par le président Recep Tayyip Erdogan. Elle fait également suite à la fin programmée, le 22 juillet, de l'accord historique de 1973 sur l'oléduc reliant les champs pétrolifères de Kirkouk au port turc de Ceyhan sur la Méditerranée.
« Aux termes de l'accord de transfert d'actions signé aujourd'hui entre Turkish Petroleum et BP, TPAO a acquis une participation de 15% dans BP Energy Company of Kirkuk Limited (BPECKL), qui opère à Kirkouk », a indiqué le ministre turc, Alparslan Bayraktar sur son compte X. « Grâce à ce partenariat, TPAO s'implantera dans la région de Kirkouk, l'une des plus importantes zones de production d'hydrocarbures d'Irak » poursuit-il. La société turque « travaillera aux côtés des partenaires de BPECKL pour mettre en production les réserves potentielles estimées à 3 milliards de barils ». « Cette étape constitue un élément clé de notre objectif de renforcer la présence et l'efficacité de Turkish Petroleum sur la scène internationale » poursuit le ministre.
En juillet 2025, la Turquie avait annoncé mettre fin à l’accord de 1973 sur l'oléoduc Kirkouk-Ceyhan qui a pris effectivement fin le 22 juillet. Un accord transitoire doit continuer d'assurer à Bagdad un débouché vital pour ses exportations tout en maintenant le rôle de la Turquie comme corridor énergétique. Le transit par cet oléoduc a été régulièrement perturbé depuis par une série de différends d'ordre juridiques mais aussi financiers entre Bagdad, le Gouvernement régional du Kurdistan irakien et la Turquie.
Lors d'un point de presse commun mardi soir avec M. Zaidi, arrivé au pouvoir en avril et dont c'était la première visite officielle en Turquie, M. Erdogan a salué le renforcement de la coopération entre les deux pays notamment en matière de défense, d'énergie et de lutte contre le terrorisme. M. Zaidi est venu avec son ministre des Affaires étrangères Fouad Hussein qui a rencontré son homologue turc, Hakan Fidan.
La Turquie partage quelque 350 km de frontière avec l'Irak, notamment la région autonome du Kurdistan irakien (nord) dans laquelle les combattants kurdes du PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan interdit) ont trouvé refuge. Ankara a engagé fin 2024 un processus de paix avec le PKK qui a annoncé sa dissolution en mai 2025, suivie en juillet 2025 d'un début de désarmement. Mais depuis, le processus semble en panne, suspendu aux travaux d'une commission parlementaire turque transpartisane dont les conclusions se font attendre.

