Rechercher
Rechercher

Société - Fonds Bloqués Au Liban

Des déposants libanais brûlent des pneus et saccagent des devantures de banques à Mkallès pour réclamer la restitution de leur argent

Deux manifestations de déposants se sont déroulées mardi, l'une pacifique sur la place des Martyrs à Beyrouth, l'autre à Mkallès a dégénéré.

Des déposants libanais brûlent des pneus et saccagent des devantures de banques à Mkallès pour réclamer la restitution de leur argent

A Mkallès, des manifestants ont enflammé des pneus à l'entrée d'une banque, pour protester contre la confiscation de leur argent par les banques. Photo tirée des réseaux sociaux.

Face au blocage des comptes bancaires en devises, des déposants ont manifesté mardi, place des Martyrs à Beyrouth, et à Mkallès, dans la banlieue sud est de la capitale, afin de réclamer la restitution des dépôts bancaires, menaçant les autorités de recourir à l'escalade si leur argent ne leur était pas rendu.

Si le mouvement est resté pacifique à Beyrouth, organisé par l’Association des déposants français et libanais (ADFL), il a en revanche dégénéré dans la région de Mkallès-Sin el-Fil (dans le Metn) où des protestataires ont brisé les vitres d'agences bancaires et incendié des distributeurs de billets et des pneus. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent le saccage d'une partie de la devanture d'une agence BLOM dans le quartier. D'autres montrent des pneus en train de brûler à l'entrée de la Byblos Bank dans le même secteur. Ces protestataires se sont ensuite dirigés vers la Bank of Beirut (BOB) où ils ont incendié des pneus, rapporte l’Agence nationale d’information (Ani, officielle), précisant que les feux ont été éteints par des équipes d'intervention. L'association « Cri des déposants » (@sarkhitmoudiin) a affirmé dans un communiqué avoir mené « une action d'avertissement devant trois banques de Horch Tabet (à Sin el-Fil), après la poursuite de la confiscation des dépôts depuis 7 ans ».

Lundi, l’association « Cri des déposants » avait reconnu dans un communiqué une avancée législative notable dans l’examen du projet de loi relatif à la restructuration du secteur bancaire. Elle avait en revanche affirmé que cette « restructuration ne produira les résultats escomptés que si elle s'accompagne d'une vision économique cohérente, d'un financement crédible et d'un engagement ferme en faveur de la transparence et de la reddition de comptes ». « Ce n'est qu'à cette condition que les réformes cesseront d'être de simples annonces pour devenir le fondement d'un véritable redressement national », avait-elle souligné.

Place des Martyrs, mardi, les représentants des manifestants ont fustigé le système politico-bancaire qu'ils ont qualifié de «corrompu ». « Aujourd'hui, nous sommes les martyrs de la place des Martyrs, et les véritables criminels sont le système politico-bancaire corrompu, qui a volé votre argent. Le prétendu « déficit financier » dont ils parlent est avant tout un déficit moral », a dénoncé pour l’occasion l'avocat Hanna Bitar, au centre-ville de Beyrouth. Le membre du collectif organisateur s’est insurgé contre « les bénéfices réalisés par les banques durant les trente dernières années ». « Affirmer aujourd'hui qu'elles enregistrent des pertes relève de la désinformation. La plupart d'entre elles ouvrent désormais des succursales à l'étranger, alors qu'au Liban elles se disent incapables de nous restituer notre argent. Il ne peut y avoir de réforme du secteur bancaire sans la restitution intégrale des dépôts. », a-t-il affirmé. Parmi les protestataires, place des Martyrs, l’ancien ministre Issam Charafeddine a accusé le gouvernement de « conspiration » contre les déposants et reproché aux partis politiques « leur absence de soutien à la cause légitime de restitution de l'argent aux citoyens ».

Alors que les banques libanaises ont imposé, dès le début de la crise en 2019, des restrictions drastiques sur les dépôts de leurs clients, les empêchant de retirer leurs fonds, des mobilisations violentes contre les banques avaient été organisées pendant des mois. En 2022, plusieurs déposants avaient effectué des descentes dans leurs propres banques afin de récupérer leurs fonds. Ce phénomène a toutefois perdu de son ampleur au fil des années.

Face au blocage des comptes bancaires en devises, des déposants ont manifesté mardi, place des Martyrs à Beyrouth, et à Mkallès, dans la banlieue sud est de la capitale, afin de réclamer la restitution des dépôts bancaires, menaçant les autorités de recourir à l'escalade si leur argent ne leur était pas rendu.Si le mouvement est resté pacifique à Beyrouth, organisé par l’Association des déposants français et libanais (ADFL), il a en revanche dégénéré dans la région de Mkallès-Sin el-Fil (dans le Metn) où des protestataires ont brisé les vitres d'agences bancaires et incendié des distributeurs de billets et des pneus. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent le saccage d'une partie de la devanture d'une agence BLOM dans le quartier. D'autres montrent des pneus en train de...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut