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Économie

« L’activité commerciale a reculé de 20 % en 2014 »

Bilan 2014 - Trois questions à Nicolas Chammas, président de l’association des commerçants de Beyrouth

La consommation baisse, pénalisée par les méventes du secteur des biens durables et du luxe. Seuls les produits de première nécessité se maintiennent.

03/01/2015

Quel bilan dressez-vous de l'année 2014 ?
Depuis quatre ans, le secteur commercial enregistre une baisse globale de son chiffre d'affaires d'environ 35 %. En 2014, les dépenses de consommation ont encore diminué, avec un recul supplémentaire de l'ordre de 20 %, selon nos estimations. Les secteurs les plus touchés sont les biens de consommation durables comme l'ameublement, les voitures ou encore les équipements électroménagers. Côté habillement, les marques de luxe n'ont pas été épargnées, en particulier sur leurs entrées de gamme. Seules les ventes de produits alimentaires de première nécessité se maintiennent, soutenues par la consommation des réfugiés syriens au Liban. Les conséquences de cette nette contraction de la consommation ne se sont pas fait attendre : plusieurs dizaines de commerces ont fermé en 2014. Quand ils ne mettent pas mis la clef sous la porte, la plupart des commerces, en priorité les PME et les indépendants, font face à de graves problèmes financiers. On nous a signalé plusieurs cas de cessation de paiement ou de procédures de liquidation judiciaire, même s'il n'y a pas de statistiques globales en la matière.

(Lire aussi: Crise syrienne : le revenu des Libanais chute de 11 %)

Comment le secteur peut-il s'adapter à ce retournement de conjoncture ?
Les loyers sont l'un des principaux facteurs de coûts qui pèsent sur les résultats des commerçants. Il n'y a pas encore eu de baisse concertée en la matière, hormis certains ajustements au cas par cas. Mais si la dégradation de l'activité se poursuit, des renégociations plus systématiques des loyers sont inévitables pour s'adapter au ralentissement économique. Autrement, il y aura encore d'autres fermetures de magasins.

(Lire aussi: Hakim : « Le Liban a besoin de 7 % de croissance »)

 

Comment envisagez-vous 2015 ?
L'année 2015 s'annonce encore morose. Selon notre association, deux scénarios sont possibles : soit la consommation des ménages augmente de manière spectaculaire, ce qui permet d'équilibrer l'offre et la demande in extremis; soit la diversité de l'offre sera réduite d'une façon ou d'une autre. Cette seconde hypothèse, la plus probable, hélas, suppose une accélération des défaillances d'entreprises. Pour l'heure, les commerçants revoient leur prix à la baisse. Ils ont proposé des promotions de Noël avant la période normale des soldes de janvier. Nous connaissons tous l'importance de la consommation privée pour la croissance du PIB national. Une chute de 3 à 4 points de la consommation des ménages, comme le laissent entendre nos projections pour 2015, équivaudrait à une perte d'un milliard de dollars.

 

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