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Économie

Au Liban, « l’industrie a résisté à la conjoncture difficile »

Bilan 2014 - Trois questions à Fadi Gemayel - Président de l'association des industriels libanais

L'industrie libanaise a relativement bien encaissé le choc du ralentissement économique en 2014. Pour 2015, elle mise sur la concrétisation de l'ouverture de nouveaux marchés.

30/12/2014

Quelles ont été les performances de l'industrie libanaise en 2014 ?
La crise politique ainsi que les événements sécuritaires ont affecté le rythme de croissance du secteur, qui a su toutefois maintenir son volume d'activité : les exportations industrielles se sont établies à 2,12 milliard de dollars en août 2014, affichant un recul de 9,2 % en glissement annuel, selon les dernières données publiées par le ministère. Il n'y a donc pas eu d'effondrement du secteur malgré les nombreuses difficultés auxquelles les industriels ont dû faire face au courant de cette année.
Par ailleurs, l'industrie libanaise a pu bénéficier d'une véritable coordination interministérielle entre les ministères de l'Industrie, de l'Économie et du Commerce, et du Travail, notamment, pour contribuer à améliorer son accès aux marchés. Le programme de soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) lancé en décembre est particulièrement prometteur à cet égard. Parmi ses orientations, je retiens en particulier le développement du microcrédit et la simplification des levées de fonds pour leur permettre de diversifier leurs sources de financement. Ce programme affiche également une volonté de réformer la législation relative à l'activité des PME, notamment pour limiter la responsabilité personnelle du chef d'entreprise dans les procédures de redressement et de liquiditation judicaire. Enfin, il explore des pistes utiles pour faciliter les embauches, comme la création d'une plateforme réunissant offres et demandes d'emploi au niveau des PME.

 

Qu'est-ce qui a le plus marqué le secteur industriel au courant de l'année ?
Le problème de l'énergie au Liban : il est récurrent depuis plusieurs années, mais il s'est aggravé avec les turbulences traversées par Électricité du Liban et la pénurie d'eau de cet été. Ces aléas ont parfois triplé la facture énergétique des industries, plaçant de nombreux entrepreneurs dans des situations délicates.
L'aggravation de la situation sécuritaire au Nord a également eu un impact important sur l'activité commerciale et industrielle du fait que plusieurs axes routiers reliant le Liban à la Syrie, d'une part, et Tripoli au reste du Liban, de l'autre, ont été coupés.

 

Quels sont les grands enjeux du secteur pour 2015 ?
Il lui faut concrétiser les occasions créées par les initiatives déjà prises en termes de diplomatie économique, grâce aux nombreux voyages commerciaux effectués par l'Union des Chambres libanaises de commerce ou la visite d'officiels libanais en Russie. Ce pays offre des perspectives très intéressantes pour les industries libanaises dans la situation diplomatique actuelle, même s'il faudra rester attentif à l'évolution de certains paramètres, comme le cours du rouble.
Plusieurs axes doivent guider cette conquête de nouveaux marchés. D'abord, une plus grande diversification des zones d'exportation : le Liban ne doit plus être dépendre autant des marchés du Golfe. Il serait par exemple souhaitable de conclure des accords de libre-échange avec certains de nos principaux clients, par exemple en Afrique qui accueille 25 à 30 % des exportations libanaises.
Ensuite, compte tenu des capacités de production limitées du secteur industriel libanais, il faudrait se concentrer sur des niches spécifiques tels que les spécialités alimentaires ou les emballages.
Il faut aussi s'adapter aux spécificités des marchés visés. Des zones comme l'Union européenne ou l'Amérique du Nord sont très exigeantes en termes normatifs. Dans l'agroalimentaire par exemple, la certification Iso 22000 ne suffit pas à pénétrer les marchés occidentaux ; et notamment les États-Unis dont le système complexe de sécurité sanitaire mobilise une quinzaine d'agences gouvernementales. Il est donc impératif que les pouvoirs publics accompagnent davantage les industriels afin de les aider à adapter leurs produits aux normes de ces pays.

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