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Le Liban en 2014

Une année de toutes les couleurs

Septième art
05/01/2015

Tomber amoureux de Rio après avoir filmé le Liban sous toutes ses facettes; plonger dans une vallée après avoir gravi une montagne; reprendre le passé et le conjuguer au présent. Mais aussi prendre l'ascenseur pour connaître l'intimité des êtres; prêter une oreille attentive à la différence des autres et sourire aux anges; faire des prisonnières des héroïnes et des hérauts du statut de la femme au Liban. Et encore, se battre contre l'inculture, la médiocrité, la censure; résister et faire résister des villes entières à travers les films. Et, par ailleurs, faire briller les stars, se parer de paillettes et de lumière afin que le 7e art continue à assumer son rôle de rencontre au firmament, telles ont été les gageures des cinéastes, des maisons de production et d'une poignée d'organisateurs de festivals cette année.
Malgré la morosité ambiante, le désespoir contagieux, le cinéma libanais et les activités cinématographiques internationales au Liban ont su se tailler leur part de lumière. Celle héritée évidemment des frères qui en portent le nom. Le Liban aura accueilli cette année des stars comme Juliette Binoche et Julie Gayet dans le cadre du Festival du film international de Beyrouth. Le cinéaste Robert Guédigian est venu également pour le tournage de son dernier film, défiant les risques que cela comportait. Où cela, me demanderiez-vous? À la Békaa même. D'autres ont pris le même risque pour appuyer le cinéma de résistance de Jocelyne Saab, comme Atiq Rahimi. L'Association Metropolis a fêté pour sa part son... anniversaire et continue à accueillir des festivals, des Semaines et éblouir avec une programmation fabuleuse un public toujours aussi fidèle.
Il est vrai que le chemin est tortueux, que le labyrinthe est parfois obscur, mais les Libanais parviennent toujours à retrouver une issue de sortie. Si les moyens de bord manquent, associations et subventions individuelles sont là pour se pencher de plus en plus vers le 7e art. Et si les films dits «commerciaux» continuent à envahir le marché (moins cette année), n'est-ce pas la règle du jeu? Les États-Unis n'ont-ils pas eu un jour leurs films de série B et le western son double prénommé spaghetti?
2014 a donc vu des films d'auteur notamment La Vallée de Ghassan Salhab qui lui a offert sa plus belle consécration: meilleur réalisateur du monde arabe. On a assisté cette année aussi au virage international qu'a pris la cinéaste libanaise la plus populaire Nadine Labaki. Trois films notamment, Rio, I love you (réalisation), Rock the Casbah et La Rançon de la gloire (actrice), et maintes participations à des jurys de festivals internationaux se sont ajoutées à son palmarès. Héritages de Philippe Aractingi a aussi beaucoup voyagé portant le message, voire le Liban-message. 2014 aura été également le témoin de thèmes différents traités au cinéma. La guerre n'occupe plus la place de choix – et c'est tant mieux – puisque le cinéaste n'est plus piégé dans son rôle d'historien. Ce sujet est relégué au second plan en faveur du citoyen ou de l'être libanais. Ainsi si Mahmoud Hojeij aborde une approche psychanalytique de la personne dans Taleh nazel, Zeina Daccache, elle, décroche les étoiles à ses prisonnières de Baabda. Elles deviennent toutes des Shéhrazade qui content l'histoire de la femme libanaise et arabe. Un souhait pour 2015? Tournez, tournez et tournez encore. Vous n'aurez pas le vertige tant que les films que vous tournerez seront le profond témoignage de vous-mêmes et du lieu où vous vivez.

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