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Nos lecteurs ont la parole - Mounir El-Khoury (Ul)

La troisième guerre mondiale aura-t-elle lieu ?

Le 6 juin 2014, les grands du monde se sont réunis en Normandie pour célébrer le 70e anniversaire du débarquement des Alliés sur le sol français. Américains, Canadiens, Européens, Australiens, rois, reines, présidents, princes, princesses, ducs et duchesses se sont rassemblés à Ouistreham pour commémorer le D-Day.
En début de journée, et puisque Caen est l'épilogue de la bataille de Normandie, le président français, François Hollande, a déposé une gerbe devant le mémorial en signe de reconnaissance à ceux qui sont tombés dans la bataille de Normandie, qui a duré trois mois, et aussi des résistants abattus dans une prison allemande.
Dans la journée, à Colleville-Sur Mer, dans le Calvados, tout près d'Omaha Beach, où se sont déroulés les combats les plus sanglants du D-Day, François Hollande, évoquant le drame qui s'est produit il y a 70 ans, a incité les dirigeants à rendre le monde plus juste, plus démocratique, plus équitable. Barack Obama, le président américain, a parlé des hommes qui ont brisé « le mur de Hitler » et se sont battus pour changer, bien « plus que le cours de la guerre, le cours de l'histoire de l'humanité ». « Omaha Beach, en Normandie, était la tête de pont de la démocratie », a martelé le président des États-Unis.
Les vétérans, y compris ceux qui, à plus de 90 ans, ont du mal à marcher, se sont levés, comme s'ils répondaient à l'appel de leur commandant en chef qui les a longuement applaudis.
Cette commémoration est vraisemblablement le dernier anniversaire décennal auquel les anciens combattants, aujourd'hui presque tous nonagénaires, étaient présents. C'est peut-être cela qui a poussé un vétéran britannique de 89 ans à s'échapper de sa maison de retraite pour rejoindre ses amis en Normandie...
Dans l'après-midi de ce jour-là, à Ouistreham, toute l'Europe a défilé, et surtout les 18 vétérans qui représentent 18 États. La présence de ces derniers survivants du « jour le plus long », « The Longest Day », a suscité une vive émotion parmi les spectateurs et les téléspectateurs qui suivaient en direct la cérémonie. Chacun était accompagné d'un parrain militaire, signe de respect et de reconnaissance.
L'arrivée des chefs d'État à Ouistreham était spectaculaire.
La parade militaire a débuté par le défilé des drapeaux des 18 pays, symbole de la réconciliation, sur un fond de carte de l'Europe, bordée au sud par la Méditerranée, rappelant la mare nostrum, cette fois lieu de rencontre, de réconciliation et de paix.
Dans son discours, vivement applaudi, le chef de l'État français a rappelé devant ses 9000 invités le sacrifice de ces 150000 hommes présents sur le sol français pour « nous libérer ». C'était là un hommage à ces vétérans, en signe de reconnaissance et de gratitude. C'était aussi un devoir de mémoire pour les victimes et aussi des victimes allemandes du nazisme. Sur ces plages, ces hommes ont donné leur vie pour la liberté. Le président français a dit la reconnaissance que l'on doit à l'Armée rouge, qui a contribué au déclin de la barbarie nazie.
Le 6 juin 1944, en Normandie, une bataille à l'échelle du monde s'est déroulée, la plus décisive de l'humanité. Le destin d'une histoire s'est dessiné alors, et l'avenir d'une géographie.
Soixante-dix ans, jour pour jour, après l'opération Overlord, qui vit le général Eisenhower lancer son célèbre « Let's Go », secondé par les généraux Patton, de Gaulle, Leclerc, les chefs d'État des Alliés étaient venus célébrer cet anniversaire sur les lieux où étaient tombés des milliers de soldats et civils, et aussi célébrer la naissance d'une certaine manière de vivre, de croire et d'espérer. L'Europe des 28 et plus tard des 32, ainsi que d'autres nations qui frappent à sa porte, cette Europe-là d'environ 500 millions d'habitants venait d' envoyer un message de paix, un message de réconciliation. Un conflit armé est devenu, entre eux, inconcevable. Réconciliés, les adversaires de la bataille de Normandie marchent désormais du même pas.
Si l'Europe, au siècle dernier, a été un espace de guerre, l'Europe d'aujourd'hui ne peut être qu'un espace de paix. Sur ses plages, où des soldats de 20 ans se sont engagés, « le vent de la liberté souffle encore », selon les termes du président français.
Mais la liberté est un combat continu. Elle n'est jamais acquise. Des femmes et des hommes devront continuer à se battre pour la préserver. Le courage dans la paix est nécessaire parce qu'il mène à un rêve qui illumine les esprits des hommes. Un monde sans tyrannie, sans misère, sans injustice, sans oppression parce que celles-ci mènent à la guerre.
Il faut lutter, a dit le président français, contre le fanatisme, le terrorisme, le réchauffement climatique, l'asservissement des femmes... Le souvenir des morts oblige les vivants à construire un monde plus juste, plus humain.
Mais devant le spectacle de tous les appétits économiques dévorants, devant les haines sociales, les haines religieuses, les injustices sociales et historiques ; devant l'oppression et la frustration des populations, peut-on continuer à croire en un monde plus juste, plus humain ?
C'est que « la guerre, elle est toujours là, encore, dans ce monde tumultueux, incertain et parfois menaçant ». Lorsqu' on voit des milliers de victimes du terrorisme, lorsque les guerres d'aujourd'hui jettent des milliers d'enfants sur les routes ou dans des camps de réfugiés et, pour employer les termes du président français, « lorsque des jeunes filles sont enlevées et livrées à la violence sexuelle », peut-on espérer un monde meilleur ?
Le 6 juin 2014, les grands de ce monde ont établi, semble-t-il, une feuille de route pour un nouvel ordre mondial, basé sur la liberté, le droit, la justice et la dignité humaine. N'assistons-nous pas plutôt à un désordre mondial ?
Le 8 juin 2014, au Vatican, le pape François a réuni Shimon Pérès et Mahmoud Abbas dans une prière pour la paix. Mais les prières seules peuvent-elles remédier aux frustrations accumulées et abolir les soifs de vengeance ?
Et puisque cette paix est fragile, ne faut-il pas parfois faire la guerre pour la préserver ?
« Plus jamais ça », clamaient en chœur les grandes puissances, réunies sur les plages normandes, se rappelant les atrocités de la Seconde Guerre mondiale. N'y a-t-il pas lieu aujourd'hui de craindre une troisième guerre mondiale ?

Mounir El-KHOURY (UL)

Le 6 juin 2014, les grands du monde se sont réunis en Normandie pour célébrer le 70e anniversaire du débarquement des Alliés sur le sol français. Américains, Canadiens, Européens, Australiens, rois, reines, présidents, princes, princesses, ducs et duchesses se sont rassemblés à Ouistreham pour commémorer le D-Day.En début de journée, et puisque Caen est l'épilogue de la bataille de Normandie, le président français, François Hollande, a déposé une gerbe devant le mémorial en signe de reconnaissance à ceux qui sont tombés dans la bataille de Normandie, qui a duré trois mois, et aussi des résistants abattus dans une prison allemande.Dans la journée, à Colleville-Sur Mer, dans le Calvados, tout près d'Omaha Beach, où se sont déroulés les combats les plus sanglants du D-Day, François Hollande, évoquant le...
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