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Libération d'un mineur écroué pour "insulte" à Erdogan

Turquie

L'adolescent est accusé d'avoir publiquement accusé le président d'être "le chef du vol, des pots-de-vin et de la corruption".

OLJ/AFP
26/12/2014

Un lycéen de 16 ans qui a été inculpé et incarcéré mercredi à Konya (centre de la Turquie), pour "insulte au président" Recep Tayyip Erdogan, a été libéré vendredi à la suite d'une plainte déposée par ses avocats.
Son arrestation, une première pour un mineur pour ces motifs, a soulevé de vives critiques de l'opposition qui a dénoncé la "dérive fascisante" du régime islamo-conservateur ainsi qu'une levée de boucliers sur les réseaux sociaux.


Le jeune homme, Mehmet Emin Altunses, a retrouvé ses parents et les nombreux journalistes qui l'attendaient devant la prison de cette ville, un bastion islamiste, a précisé la chaîne d'information CNN-Türk.
"Pas question de faire marche arrière, nous allons continuer sur cette voie", leur a-t-il dit à sa sortie de prison.
Ses avocats avaient déposé mercredi une requête devant le tribunal qui l'avait inculpé la veille, réclamant qu'il puisse comparaître comme prévenu libre à son éventuel procès.


Membre d'un mouvement de gauche, l'adolescent est accusé par la justice d'avoir publiquement accusé mercredi l'homme fort de Turquie d'être "le chef du vol, des pots-de-vin et de la corruption".
Interpellé par la police à son école et immédiatement présenté à la justice dans le cadre d'une procédure expéditive, le lycéen a plaidé non coupable, et son avocat a rappelé que ces accusations circulaient librement sur les réseaux sociaux, mais cela n'a pas empêché son incarcération.
Il risque jusqu'à quatre ans de prison si le ministère de la Justice décide qu'il y a lieu de le poursuivre pour les faits qui lui sont reprochés.


Son cas a fait la Une de la presse et sa mère s'est dite "choquée par l'arrestation (de son fils) comme s'il était un terroriste armé". "Ce n'est qu'un enfant, sa place est à l'école et non en prison", a dit Nazmiye Gök, une cuisinière au chômage, au journal Hürriyet.


Le Premier ministre Ahmet Davutoglu avait semblé défendre jeudi cette mesure controversée, affirmant que "tout le monde doit respecter la fonction du président".


Sezgin Tanrikulu, avocat de profession et vice-président du parti Républicain du peuple (CHP, social-démocrate), principale formation d'opposition, a, pour sa part, estimé sur son compte Twitter que la libération de l'adolescent "ne change pas la situation misérable dans laquelle se trouve notre démocratie".


Par ailleurs, trois lycéens qui manifestaient leur soutien au jeune incarcéré ont été interpellés jeudi mais n'étaient pas inculpés pour l'heure.


Le gouvernement turc, dirigé de 2003 à août 2014 par M. Erdogan ensuite élu président, a été visé lors de l'été 2013 par une contestation populaire inédite pour sa "dérive autoritaire" et "islamiste".
Un vaste scandale de corruption a fait trembler ensuite le pouvoir à l'hiver 2013-2014, une affaire qui a été par la suite classée par la justice au grand dam des critiques.
M. Erdogan accuse son ex-allié, devenu son ennemi numéro 1, l'imam en exil Fetullah Gülen, d'avoir orchestré ce scandale pour le renverser.

 

 

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Ali Farhat

Mineur d'accord.. mais pas son acte "criminel"! Insulter le Sultan Ottoman Erdogan ou son PM moniseur glou-glou c'est très grave, les gars. On voit bien là, que la presse franchouille et notre olj itou (ahh l'amour..), sont en plein lachage de l'ami démocrate qui devait porter la tete du Lion de Damas sur un plateau (du Golan) pour l'offrir en loukoum au chef d'orchestre, au Maetro. Il a failli à sa mission, tant pis pour sa gueule, à ce grand frère musu. Halla2 saar baddoun y'nattfouh lal Ikhwanjé afandé. Bref, la carte des faux frérots musu n'as pas fonctionné... il leur reste l'Isis.. Mais cette dernière est en voie de règlement aussi et la chose la plus ubuesque, c'est qu'ils ont été obligé de jouer à découvert et de collaborer (du ciel) eux aussi.

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