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À La Une - diplomatie

L’Église catholique, garant et partenaire du changement à Cuba

La médiation du pape dans le rapprochement entre La Havane et Washington vient définitivement tourner la page de décennies d'incompréhension et de conflit.

Le Saint-Siège vient de révéler qu'il y a quelques mois le pape François avait écrit aux présidents Raul Castro et Barack Obama pour les enjoindre "à résoudre des question humanitaire d'intérêt commun comme la situation de certains détenus, pour ouvrir une nouvelle phase dans les relations" entre les Etats-Unis et Cuba. AFP PHOTO / ALBERTO PIZZOLI

La médiation décisive du pape François dans le rapprochement entre Cuba et les États-Unis vient réaffirmer le rôle crucial joué par l’Église catholique cubaine dans les changements et réformes survenus ces dernières années dans l'île communiste.

Le Saint-Siège vient de révéler qu'il y a quelques mois le pape François avait écrit aux présidents Raul Castro et Barack Obama pour les enjoindre "à résoudre des question humanitaire d'intérêt commun comme la situation de certains détenus, pour ouvrir une nouvelle phase dans les relations entre les deux pays".
Et en octobre le pape avait reçu au Vatican des délégations des deux pays pour leur offrir "ses bons offices pour favoriser un dialogue constructif sur des thèmes délicats", des discussions qui ont débouché mercredi sur la libération de détenus et l'annonce d'un rapprochement historique entre les deux pays après une brouille vieille d'un demi-siècle. Ces prochains mois, ces efforts diplomatiques vont se poursuivre : le Vatican "va continuer à soutenir les initiatives que les deux nations vont entreprendre pour accroître leurs relations bilatérales et favoriser le bien-être de leurs citoyens respectifs", annonce le Saint-Siège.

Cette médiation, saluée des deux côtés du détroit de Floride, vient définitivement tourner la page de décennies d'incompréhension et de conflit entre l’Église et les autorités cubaines. Dans les années 1960, l’Église avait manifesté son opposition au régime, déclenchant la fureur de Fidel Castro, qui expulsa une centaine de religieux et nationalisa de nombreux biens appartenant à l’Église. Après l'incompréhension totale des années 1960 vint l'époque de la délicate cohabitation des années 1970, 1980 et 1990.

 

(Lire aussi : Ces gens qui pleurent et ces gens qui rient...)

 

Puis l’Église a commencé à s'imposer comme interlocuteur du régime communiste à partir de la visite fondatrice du pape Jean-Paul II en janvier 1998, point de départ d'une nouvelle relation. Le souverain pontife polonais avait alors demandé que "Cuba s'ouvre au monde et que le monde s'ouvre à Cuba", marquant déjà l'intérêt de l’Église catholique pour l'évolution des relations cubano-américaines. Lors de ce voyage resté dans les mémoires, Jean-Paul II était accompagné par le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio, devenu en mars 2013 le pape François. Omniprésent lors de cette visite, ce dernier fut notamment le coordinateur de la publication de l'ouvrage "Dialogue entre Jean-Paul II et Fidel Castro".

Une nouvelle légitimité
Seule institution reconnue et non officielle à Cuba, l’Église catholique a vu sa légitimité entérinée lorsque Raul Castro, qui a succédé à son frère en 2008, l'a choisie comme interlocuteur lors d'un dialogue inédit lancé le 19 mai 2010. A l'initiative du cardinal Jaime Ortega, chef de l’Église catholique cubaine, ce dialogue conduit "dans un respect mutuel" selon les parties déboucha sur la libération de quelque 130 prisonniers politiques en 2010 et 2011, la plupart contre un exil en Espagne.
Les religieux cubains ont également obtenu des engagements des autorités sur la fin du harcèlement contre les "Dames en blanc", un groupe rassemblant épouses et proches d'ex-prisonniers politiques cubains et des sympathisants de leur cause. Celles-ci sont désormais autorisées de se rassembler chaque dimanche devant l'église Sainte Rita, dans l'ouest de La Havane.

 

(Lire aussi : "Notre vie à tous va changer", espèrent les Cubains)



Ce nouveau lien avec l’Église a permis "la consolidation du plus précieux héritage de notre histoire et du processus révolutionnaire : l'unité de la nation", a affirmé Raul Castro avant de recevoir en 2012 le pape Benoît XVI.
Et depuis, l’Église a apporté son appui public aux réformes économiques lancées par Raul Castro. Elle s'est même prononcée pour une privatisation des services de santé, au sein desquels elle se propose d'"assumer ses responsabilités". En retour, le gouvernement facilite ses activités sociales : accès aux médias d’État, diffusion de revues ou lettres paroissiales, ouverture à l'automne 2010 du premier séminaire à Cuba depuis un demi-siècle.

En mars 2012, Benoît XVI avait appelé les autorités cubaines à respecter "les libertés fondamentales" et condamné l'embargo économique appliqué à Cuba par les États-Unis depuis 1962.
Il y a quelques semaines, le pape François a confirmé qu'il se rendrait aux États-Unis en septembre 2015. Certains parient déjà sur une étape cubaine en chemin.

 

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