X

Économie

L’UVL se penche sur l’exportation des vins libanais en Amérique du Sud

Liban - Œnologie

Lors d'une récente visite au Brésil, une délégation de producteurs de vins a organisé deux événements pour promouvoir les vins libanais au sein de la diaspora libanaise. Cette initiative a eu lieu tandis que les ministères des Affaires étrangères et de l'Économie œuvrent pour signer un accord de coopération avec le Mercosur. Le président de l'UVL Zafer Chaoui a expliqué à « L'OLJ » l'importance d'une éventuelle coopération.

15/12/2014

Zafer Chaoui est un passionné des vins libanais, mais ça on le sait. Le président de l'Union vinicole du Liban (UVL) croit fermement en la production vinicole libanaise. C'est entre autres pour cela qu'il s'est récemment rendu à la tête d'une délégation de 10 producteurs de vins à Rio de Janeiro et São Paulo pour deux événements de dégustation de vins libanais. Grâce au soutien de la banque d'investissement Libank (Levant Investment Bank), c'est devant des centaines de professionnels du secteur et des Libanais de la diaspora, ainsi que de la présence de l'ambassadeur du Liban au Brésil Joseph Sayah venu spécialement de Brasilia, que les producteurs ont pu mettre en avant le savoir-faire œnologique libanais.

(Pour mémoire : L'industrie vinicole peu affectée par la crise syrienne)


L'idée de cibler le Marché commun du Sud (Mercosur) a germé à la suite d'une conférence tenue depuis quelques mois à Beyrouth et durant laquelle le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil avait demandé aux représentants diplomatiques et consulaires d'œuvrer en faveur d'une dynamisation des échanges via entre autres une révision à la baisse des tarifs à l'entrée des produits libanais. Rappelons-le, un vin libanais peut être taxé jusqu'à 130 % à son entrée dans un des pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Venezuela, Uruguay et la Bolivie bientôt, avec des pays associés : Chili, Colombie, Pérou, Équateur). S'ajoute à cela un système bureaucratique « très lourd », souligne le président de l'UVL.

Cette barrière à l'entrée n'est pourtant pas « un handicap majeur », a souligné Zafer Chaoui qui précise que l'initiative de développer l'exportation de vins libanais en Amérique du Sud vise surtout une niche de personnes. Il indique ainsi que les consulats généraux à Rio et São Paulo ont promis de fournir à l'UVL une liste de personnes influentes dans leurs villes. Ces personnes recevront donc un bulletin informatif (newsletter) autour de la production vinicole libanaise. M. Chaoui a d'ailleurs tenu à mettre en avant le soutien du consul Kabalan Frangié dans la promotion de l'événement qui s'est tenu à São Paulo.

(Lire aussi : Les vins du Liban se font connaître à Berlin)

Force est de noter que si le Liban produit 9 millions de bouteilles par an dont 60 % sont destinées à l'export, le volume reste infiniment petit. À titre d'exemple, la production libanaise ne représente que 10 % de la production turque et 30 % de la production chypriote. S'ajoute à cela la compétition des vins en provenance du Chili, d'Argentine et du Paraguay. C'est pour cela que M. Chaoui insiste sur l'importance de cibler un segment spécifique de buveurs de vins.

Nul n'est prophète en son pays ?

Si la production de vins libanais subit, à l'instar d'autres secteurs productifs, les conséquences de la guerre en Syrie, l'absence de touristes, le manque de stabilité politique et la stagnation économique, elle souffre pourtant d'un facteur plus subtil voire même sournois. « Les Libanais ont tendance à se tourner vers les vins importés notamment les vins français », déplore Zafer Chaoui. L'expert explique que les particuliers comme les restaurateurs préfèrent consommer ou proposer à leurs clients des vins importés. Cet automatisme nuit évidemment à la production nationale. « Le problème de la concurrence des vins importés est un véritable souci », insiste le président de l'UVL qui croit pourtant que grâce aux Salons internationaux et aux tournées internationales de dégustation, le vin libanais obtiendra justice.
En attendant la concrétisation d'un prochain accord avec le Mercosur (que doit signer Gebran Bassil au courant du mois de décembre), les producteurs locaux de vins croisent leurs doigts. Affaire à suivre...

À la une

Retour à la page "Économie"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

L'idée de cibler le Mercosur a "germé!" à la suite d'une conFérence tenue à Beyrouth et durant laquelle le "ministré" Béssîîîl avait demandé aux représentants diplomatiques d'œuvrer en faveur d'une dynamisation des échanges via une révision à la baisse des tarifs à l'entrée des produits libanais. En attendant la "belle" concrétisation d'un prochain accord avec le Mercosur, que devrait signer "encore" ce même Béssîîîl au courant, les producteurs locaux de vins "croisent leurs doigts." ! Wallâh malééék, ce "Jibrîîîl" ! Serait-ce encore une dépêche du CPL, cette "nouvelle" ?

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

X
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Vous lisez 1 de vos 10 articles gratuits par mois.

Pour la défense de toutes les libertés.