Assurant que la relaxe d’islamistes détenus à Roumieh est un devoir et qu’elle est nécessaire pour obtenir la libération des militaires otages, les ulémas musulmans ont déclaré une nouvelle fois hier, et contrairement aux informations colportées, qu’ils n’étaient pas prêts à entamer des négociations avec les jihadistes s’ils n’étaient pas mandatés de manière officielle par le gouvernement. En visite auprès des familles place Riad el-Solh, le leader druze Walid Joumblatt a également assuré qu’il était en faveur d’un « échange inconditionnel », appelant le cabinet Salam à s’en remettre aux ulémas. Reste à savoir qui s’oppose, au sein du cabinet, à des négociations prises en charge par les religieux... Photo Marwan Assaf
L'arrestation des deux femmes Ola al-Oqaïly et Saja al-Doulaïmi, toutes deux proches des jihadistes responsables de l'enlèvement des militaires otages, avait causé, d'une manière ou d'une autre, la mise à mort du policier Ali Bazzal il y a quelques jours. Ce qui avait d'abord paru comme un tour de force de la part de l'État qui comptait, disait-on, négocier un éventuel échange entre ces deux femmes et les militaires enlevés a rapidement tourné au drame, révélant même une fois de plus la faiblesse des autorités chargées de ce dossier. En effet, après plusieurs appels de la part des familles des militaires pour la libération de ces femmes et les menaces des jihadistes d'exécuter d'autres militaires, l'État aurait apparemment choisi de faire marche arrière en libérant les deux prisonnières. Hier, de nombreuses informations contradictoires ont filtré à ce sujet.
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Tôt dans la matinée, on apprenait que Ola al-Oqaïly, épouse d'Anas Charkas, commandant jihadiste syrien, avait été libérée par le tribunal militaire et transférée à la Sûreté générale. « Elle sera libre dans quelques heures », affirmait le chef du Comité des ulémas, le cheikh Salem el-Rafeï, alors que l'autre prisonnière, Saja al-Doulaïmi, ex-femme du chef du groupe État islamique Abou Bakr al-Baghdadi, restait détenue au tribunal militaire qui a émis un mandat d'arrêt à son encontre. « On nous a d'abord fait croire qu'elle a également été libérée. Ce sont des informations erronées pour nous dérouter », ont alors déploré les proches des otages. En soirée, le ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk a affirmé que Ola al-Oqaïly a été transférée seule à la Sûreté générale pour vérification de ses papiers. « Cela ne signifie pas que les deux femmes vont être libérées », a-t-il toutefois expliqué. Selon la chaîne al-Manar, l'État compte encore utiliser Saja al-Doulaïmi pour négocier avec les ravisseurs.
Les propos tenus par le ministre de l'Intérieur en soirée ont fait froid dans le dos des familles qui ont appelé à la libération immédiate des deux femmes pour calmer le courroux des jihadistes qui détiennent leurs fils. Alors que les proches des otages ont également appelé à la prise en charge du dossier par les ulémas musulmans « qui ont prouvé leur efficacité », ces derniers affirmaient également qu'aucun soldat ne pourrait être libéré si les femmes restaient détenues. « La libération des deux femmes n'est pas une condition pour que nous entreprenions des démarches, mais elle est nécessaire afin que nous puissions négocier avec l'autre partie », a souligné cheikh Rafeï, à l'issue d'une rencontre avec le ministre de la Justice Achraf Rifi et le directeur de la Sûreté générale Abbas Ibrahim.
Pour les ulémas, « la libération des jihadistes est un devoir »
Sur ce plan, le Comité des ulémas musulmans a réaffirmé hier sa demande d'un mandat officiel du gouvernement pour prendre en charge ce dossier, assurant qu'une solution n'est possible que si l'État accepte de libérer certains islamistes détenus dans la prison de Roumieh, en échange des soldats et policiers. Lors d'une conférence de presse, les ulémas ont toutefois appelé les jihadistes à s'engager à ne pas exécuter les militaires qu'ils retiennent en otage depuis début août. « J'appelle les éléments armés dans le jurd du Qalamoun à promettre qu'aucune exécution n'aura lieu à partir d'aujourd'hui », a déclaré cheikh Salem Rafeï, à l'issue d'une réunion avec le ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk. « Nous avons ressenti du sérieux de la part du gouvernement en ce qui concerne la libération de certains détenus et la libération de ces jihadistes est un devoir pour résoudre cette affaire, a également noté cheikh Rafeï. Mais nous n'avons pas encore commencé à parler avec les éléments armés et nous ne le ferons pas avant d'être mandatés par le gouvernement. »
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Les ulémas se sont ensuite rendus au domicile de l'ancien Premier ministre Nagib Mikati à Beyrouth, avant de se diriger en soirée vers Clemenceau pour rencontrer le chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt et le ministre de la Santé Waël Bou Faour. Au terme de cette visite, des sources autorisées ont rapporté que les ulémas ont consenti à entamer de nouvelles négociations sans plus attendre un mandat officiel de la part du gouvernement, mais ces informations ont été démenties par les proches des otages à L'Orient-Le Jour. « Je suis prêt à quémander un tel mandat au sein du cabinet, a confié pour sa part le ministre Bou Faour à L'OLJ. Mais je ne suis pas sûr que cette proposition sera approuvée par toutes les parties. Certains refusent que le Comité des ulémas prenne en charge le dossier. » « J'ai envie de dire certaines choses, mais je me force au silence », a-t-il encore ajouté, assurant qu'il ne pouvait rien faire à lui tout seul tant qu'il n'était pas mandaté de manière officielle par le cabinet.
« Pourvu que les choses ne soient pas politisées »
Le leader du PSP Walid Joumblatt et M. Bou Faour s'étaient brièvement rendus dans l'après-midi à la place Riad el-Solh où les familles des militaires enlevés tiennent un sit-in depuis plusieurs semaines. Depuis le centre-ville, le chef druze a assuré qu'il était pour la prise en charge des négociations par le Comité des ulémas dont il partage les positions et qu'il allait tenter d'obtenir un mandat officiel pour les ulémas de la part du cabinet. « Ma position est claire, je suis pour l'échange des militaires contre certains détenus à Roumieh sans restrictions et sans conditions tout comme le président de la Chambre Nabih Berry », a-t-il déclaré, dénonçant la torture des militaires otages par leurs ravisseurs.
De leur côté, les parents des otages ont assuré que la visite de Walid Joumbaltt n'avait pour but que de les soutenir, et que ce dernier ne leur avait apporté aucune garantie. « Le nœud se trouve à l'intérieur du cabinet, ont-ils dit. Certaines parties refusent le rôle des ulémas ou le principe de l'échange. »
« Nous ne savons pas vraiment quelles sont les parties qui s'opposent, si c'est le Hezbollah ou une autre partie, mais on dirait que c'est le chaos. Pourvu que les choses ne soient pas politisées », a confié pour sa part le frère d'un des otages à L'Orient-Le Jour, assurant qu'il est très probable que les ulémas se chargent en fin de compte des négociations. Sur ce plan, des sources autorisées confiaient à l'agence al-Markaziya que le cabinet Salam devra choisir un nouveau médiateur parmi ces quatre : soit les ulémas, soit cheikh Moustapha Hojeiri, alias Abou Takiyyé, soit des notables parmi les déplacés syriens, soit encore le chef des tribus arabes, cheikh Jassem el-Asskar, qui fait l'objet d'un consensus de la part de l'État et des ravisseurs.
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De l’irrésistible et impossible sectarisme. Le comble est qu’on devra encore le remercier ! L'intrusion de ces "oulémâhs" dans le monde du politique, du savoir et de la grande classe n’est pas pour bientôt, et ne sera pas accomplie de sitôt. Faut pas rêver ! Ce sera la longue marche du dérisoire absolu où l’on rencontre les désopilances de ces sectaires écoutant de leurs deux grandes oreilles, de ces "génocidaires" virtuels des surnuméraires culturels, de ces "mandataires spirituels" mâchant leurs mots, et surtout de ces administrateurs de diphtongues à l’aise avec l'accent sectaire, indispensable si on ne dispose que de peu de temps pour maîtriser ce simple et commun parler façon indigène. Mais on n’est pas inquiets pour eux, ils le maîtrisent parfaitement déjà à merveille. Finalement, toutes ces manigances subreptices n’existent que pour en rire et s’en moquer ? Que faire d'autre avec eux, ces implacables et désolants oulémâhs ou sheïkhs si sectaires ? On sait depuis toujours que ce qui compte pour qu’1 mot soit un bon mot c’est d'abord l'accroche et la chute" ; et dans ce cas ici présent avec eux, il n’y a ni bonne chute ni bonne accroche mais sûrement une accroche malsaine et une chute sectaire ! Mais, comme de bien entendu, "Le plus beau pour le crapaud sera toujours son chef-Crapaud !". Mais, qu’on soit rassuré : "Ils devront balayer dans et devant la porte de la niche ; bien la laver et bien la récurer !".
17 h 10, le 10 décembre 2014