Au milieu de la fange nauséeuse qui enserre dans ses remugles cette République de peu, dans le clapotis visqueux du cloaque où baignent en vrac : gabegie, corruption, déchets alimentaires servis à table et médiocrité de la classe politique, il reste malgré tout un seul secteur qui fonctionne depuis 40 ans avec la régularité d'un métronome, l'implacable précision d'une horlogerie suisse : le rationnement du courant électrique.
Non mais, quelle fantastique machinerie ! Dans la lasagne des câbles enchevêtrés au-dessus des torchis, sous les volutes toxiques des cheminées des centrales, au milieu des isolants thermiques rongés par l'humidité, des transformateurs mutés en chauffe-bains, et des turbines gavées de sacs de nylon, s'il est un seul dispositif qui n'a jamais flanché, c'est bien le disjoncteur d'EDL : 8h, 10h, 14h, 18h, clac ! Admirable minutie, extraordinaire rigueur dans la ponctualité, un des derniers – sinon le dernier – symboles de la rectitude de celui qu'on pourrait qualifier de « Fonctionnaire inconnu » et auquel il convient de rendre ici un hommage appuyé...
Gloire à toi, obscur rond-de-cuir à l'existence pourrie, au niveau de vie minable, à la fiche de paie misérable, mais qui ne rate jamais l'instant pour actionner le couperet du jus d'électrons, lequel chaque fois rajeunit le Libanais en le ramenant à l'âge de pierre et diffuse le nirvana dans son caleçon.
Que grâce te soit rendue, formidable planqué, emblème éternel de l'Homo libanicus miserabilis, qui 25 ans après la fin de la guerre, à minuit pétante et en hommage au Dr Schweitzer, continue d'abattre son épée de Damoclès au-dessus de nos frigos, machines à laver et ordinateurs.
Inventé en 1975 par le vénérable Misbah Natour, alors patron d'EDL, le concept dont on devra célébrer dans quelques années le jubilé a été exporté avec succès vers tout ce que la planète compte comme bleds actifs en sous-développement durable. Un bel exemple de créativité à rebours, où le verbiage politique n'a pas sa place.
Et pour cause : il y a trop de courants au Liban pour que le courant passe...
gabynasr@lorientlejour.com
Non mais, quelle fantastique machinerie ! Dans la lasagne des câbles enchevêtrés au-dessus des torchis, sous les volutes toxiques des cheminées des centrales, au milieu des isolants thermiques rongés par l'humidité, des transformateurs mutés en chauffe-bains, et des turbines gavées de sacs de nylon, s'il est un seul dispositif qui n'a jamais flanché, c'est bien le disjoncteur d'EDL : 8h,...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
pourquoi on a aucune explication M Bassil ( le nouveau ministre , c est de la figuration probablement ) sur le fait que l'electricite n'existe pas au Liban une dizaine d'annees après notre nouvelle autonomie avez vous OUI ou NON recu les sommes ( 1.7 millards de dollars ) pour une nouvelle central ?( qui entre nous coute juste 800 millions d'Euros a Chypre ) le lobby des proprietarie de moteurs est il trop fort pour vous ? Si vous n'avez pas reussi a remettre l'electricite en place durant tant d'annees passees au ministere comment croire un instant que vous pourrez un jour etre President ( vous ou votre beau-pere ) de ce beau pays?
17 h 05, le 05 décembre 2014