La campagne de Nicolas Sarkozy, âgé aujourd'hui de 59 ans, a montré que deux ans et demi de retraite forcée n'ont pas adouci les angles d'une personnalité toujours très clivante, suscitant adulation ou rejet. AFP PHOTO/MIGUEL MEDINA
L'ex-président français de droite Nicolas Sarkozy a été élu samedi à la tête de son parti, l'UMP, par les adhérents de cette formation, mais avec un score décevant laissant présager un parcours plus difficile qu'il ne l'espérait vers la reconquête du pouvoir en 2017.
M. Sarkozy a remporté 64,5% des voix, alors que ses partisans tablaient sur un plébiscite à plus de 70%, signe que nombreux militants de droite restent réticents devant un retour en politique de l'ancien président battu en 2012 par le socialiste François Hollande.
Car la campagne de l'ex-chef de l’État, âgé aujourd'hui de 59 ans, a montré que deux ans et demi de retraite forcée n'ont pas adouci les angles d'une personnalité toujours très clivante, suscitant adulation ou rejet.
Ses challengers Bruno Le Maire et Hervé Mariton ont remporté respectivement 29,18% et 6,32% des voix.
Quelque 58% des 268 000 adhérents du mouvement conservateur ont voté par Internet, un scrutin légèrement perturbé par une cyberattaque qui a réveillé les fantômes de l'élection de 2012, quand des accusations de fraude avaient été portées contre l'ancien président du parti Jean-François Copé.
Nicolas Sarkozy a voulu conquérir l'UMP, qu'il avait déjà présidé avant 2007, pour le transformer en machine électorale en vue de la présidentielle de 2017. Sur sa page Facebook, il a salué un "nouveau départ" pour un parti déchiré depuis deux ans par des conflits de personnes et croulant sous une dette abyssale héritée de la campagne ratée de 2012, et annoncé qu'il en rencontrerait lundi les "principaux responsables" pour "créer les conditions du plus large rassemblement".
(Lire aussi : Sarkozy président en 2017 : un rêve (in)accessible ?, l'analyse d'Anthony Samrani)
Durant sa campagne auprès des militants, s'il a montré qu'il n'avait rien perdu de sa combativité, certaines de ses prises de position ont inquiété la droite modérée, avec laquelle il faudrait pourtant compter lors des primaires attendues en 2016 pour désigner le candidat à la présidentielle.
Mais certains, notamment l'ancien chef de la diplomatie Alain Juppé, le grand concurrent de Nicolas Sarkozy à droite, le soupçonnent d'avoir justement voulu conquérir l'UMP pour changer les règles du jeu, et se passer de primaires.
"Une France affaiblie"
M. Sarkozy a aussi montré qu'il ne reniait pas la ligne droitière adoptée durant la campagne de 2012, et jugée par ses détracteurs responsable de sa défaite.
Sur l'immigration ou la sécurité, M. Sarkozy a repris des thèmes chers au Front National (extrême droite) qui, ce week-end, a reconduit sa présidente Marine Le Pen, qui s'affirme sûre de sa propre victoire en 2017.
Nicolas Sarkozy a aussi courtisé les eurosceptiques, déclarant que l'Union européenne n'avait pas été créée "pour qu'elle se mêle de tout".
(Lire aussi: « Coming-out homophobe » ou simple stratégie politique pour Sarkozy ?)
Il reste que la très grande impopularité du président Hollande et la faiblesse du Parti socialiste et de ses alliés écologistes font planer sur la gauche la menace d'une élimination dès le premier tour de la présidentielle de 2017.
M. Sarkozy s'en est pris aussi à l'exécutif coupable selon lui de se livrer à "une entreprise sans précédent de démolition de la Nation, de la République, de l’État". Il a évoqué en termes apocalyptiques un monde menacé par la "barbarie" et la "sauvagerie", dans lequel "une France affaiblie est une proie offerte au malheur".
"J'ai mûri", avait assuré Nicolas Sarkozy en sortant à la fin de l'été de sa retraite politique, ponctuée de conférences rémunératrices dans le monde. Il "n'a pas changé, il est encore pire qu'avant", a jugé l'élu écologiste Noël Mamère.
La stratégie de reconquête du pouvoir de l'ancien président reste par ailleurs sous la menace de plusieurs dossiers judiciaires. M. Sarkozy est notamment inculpé pour corruption, soupçonné d'avoir tenté d'obtenir auprès d'un haut magistrat des informations couvertes par le secret judiciaire dans une enquête le concernant.
Ses comptes de campagne en 2007 et 2012 font aussi l'objet de plusieurs enquêtes.
Lire aussi
La justice laisse à Sarkozy le temps de respirer...
La classe politique très sceptique sur le « changement » de Sarkozy


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Minable vraiment, ce type.
13 h 30, le 01 décembre 2014