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À La Une - proche-orient

"Son seul crime, c'était d'être un Arabe"

A Kafr Kanna, les Arabes israéliens disent leur colère.

La colère des Arabes israéliens vivant dans le village de Kafr Kanna a explosé après la mort de Kheir Hamdane, 22 ans, tué par des policiers samedi alors qu'il s'opposait à l'arrestation d'un de ses proches. AFP / Jack Guez

Kafr Kanna tente de retrouver une vie normale après les heurts qui ont suivi la mort d'un jeune abattu par la police mais la colère reste intacte dans ce village arabe d'Israël, où l'odeur du gaz tiré sur les manifestants flotte encore.

La colère de ces Arabes israéliens, qui dénoncent leur marginalisation depuis 1948 et la création de l'Etat d'Israël sur leur terre, a explosé après la mort de Kheir Hamdane, 22 ans, tué par des policiers samedi alors qu'il s'opposait à l'arrestation d'un de ses proches.

Pour tous à Kafr Kanna, comme le proclame une énorme banderole tendue devant la maison de sa famille, "son seul crime, c'était d'être un Arabe". C'est à leurs yeux la raison pour laquelle les policiers n'ont pas hésité à tirer sur lui à plusieurs reprises, alors qu'il tentait de leur échapper, comme le montre une vidéo qui a circulé partout. Les policiers disent s'être défendus car Hamdane brandissait un couteau.

"C'est un acte barbare", lance son père Raouf. "Et même des barbares n'auraient pas fait ça !".
Cet homme coiffé du traditionnel keffieh noir et blanc des Palestiniens assure que son fils a été victime d'"une exécution de sang-froid parce qu'ils (les Israéliens) pensent que les Arabes sont des cafards et que leur sang ne vaut rien". "Le sang des Arabes vaut quelque chose et l'Etat d'Israël doit comprendre ça", martèle Raouf, l'un des descendants des 160 000 Palestiniens restés sur leurs terres après 1948.

Aujourd'hui, ils sont 1,7 million en Israël, chrétiens et musulmans. Ils représentent plus d'un Israélien sur cinq et pourtant, disent-ils, ils sont toujours traités en citoyens de seconde zone.
Dans les localités arabes, le chômage est plus élevé, l'accès aux études et aux transports semé d'embûches, dénoncent les associations qui militent pour les droits de cette minorité.

 

(Lire aussi : Deux Palestiniens poignardent des Israéliens à Tel-Aviv et en Cisjordanie)

 

"Une tache sur la démocratie israélienne"
Après la mort de Kheir, alors que 2 500 personnes manifestaient à Kafr Kanna et que policiers et jeunes Palestiniens s'affrontaient, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a menacé de "révoquer la citoyenneté de ceux qui appellent à la destruction de l'Etat d'Israël". Lundi, son ministre de la Sécurité intérieure, Yitzhak Aharonovich, réaffirmait son "soutien total aux policiers".

Ces propos sont "une tache sur la démocratie israélienne", accuse Moujahed Awadeh, le maire de la localité de 18 000 habitants. "Si Kafr Kanna était un village juif, il (Aharonovich) aurait dû démissionner", assure-t-il, "mais c'est un village arabe".

Un village arabe où, pour célébrer la mémoire de Kheir Hamdane, des drapeaux palestiniens ont été sortis et où beaucoup arborent le keffieh, comme Farhane Khatib, un jeune qui raconte à l'AFP "la tristesse et la peur" dans laquelle il vit depuis samedi. Autour de lui, les magasins ont rouvert après deux journées de grève générale et la municipalité nettoie les rues pour tenter d'effacer les restes des violences, alors que qu'une dizaine de policiers sont toujours postés à l'entrée du village.

Fin 2000, alors que débutait la deuxième Intifada, la police avait tué 13 jeunes Arabes israéliens. Quatorze ans plus tard, alors que les violences à Kafr Kanna viennent s'ajouter aux heurts quotidiens à Jérusalem-Est, Raouf Hamdane prévient : "Mon fils n'est pas le premier et si ça ne s'arrête pas, les choses vont vraiment dégénérer"

 

 

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