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Bail que vaille

À la gamelle, les gars, la soupe est gratos !

Fallait les voir débarquer en courant, les jambes montées sur roulement à billes, la panse sautillante, la voix étouffée par le gargouillis de la bave. Manque de pot, il leur a fallu se dégourdir les guiboles ce jour-là, poursuivis par les enragés de la démocratie qui les ont copieusement gavés d'œufs et de tomates. Ne manquait que la mayonnaise qui aurait pu aider à gober leurs salades. C'est vrai, quoi ! Où irait le Liban s'il fallait voter à chaque fois que la société civile avait un caprice?
Du reste, cela fait toujours plaisir à voir quand un pays, éternellement en devenir, galope à bride abattue pour surdévelopper son sous-développement. Quand, dans une République en capilotade, la classe politique se proroge, se prolonge et se rallonge vers une reconduction sans cesse étirée. À défaut d'alternance, l'élasticité des matériaux !
En fait, le concept est usé jusqu'à la corde : en prenant prétexte du vide constitutionnel, les brimborions parlementaires ont implicitement passé un marché avec Istiz Nabeuh. Le tenancier de la Chambre garantit un nouveau bail aux députés, qui en retour reconduisent le Bibelot à son perchoir. L'éternité dans un fauteuil! Mais patience, au terme de ce navet de 31 mois, on remettra le couvert en dégainant une fois de plus l'état de la sécurité, la situation régionale ou encore, pourquoi pas, le vieux disque rayé de l'implantation des Palestiniens, auxquels seront venus entre-temps s'ajouter les Syriens et les Irakiens. Vivement les Afghans et les Tchétchènes !
La cerise sur ce gâteau gâté de birbes gâteux est ce vide politique dont on nous menace. Dans un pays sans président, sans élections et où l'on peut faire entrer toute une écurie de voitures piégées à travers les frontières, avoir ce genre de pudeurs est pour le moins cocasse.
Mission accomplie, donc, et jusqu'à l'élection d'un chef de l'État, le Parlement sera provisoire, nous promet-on. Ne reste plus qu'à rafistoler le provisoire et le maquiller en ordinaire durable.

gabynasr@lorientlejour.com

À la gamelle, les gars, la soupe est gratos !
Fallait les voir débarquer en courant, les jambes montées sur roulement à billes, la panse sautillante, la voix étouffée par le gargouillis de la bave. Manque de pot, il leur a fallu se dégourdir les guiboles ce jour-là, poursuivis par les enragés de la démocratie qui les ont copieusement gavés d'œufs et de tomates. Ne manquait que la mayonnaise qui aurait pu aider à gober leurs salades. C'est vrai, quoi ! Où irait le Liban s'il fallait voter à chaque fois que la société civile avait un caprice?Du reste, cela fait toujours plaisir à voir quand un pays, éternellement en devenir, galope à bride abattue pour surdévelopper son sous-développement. Quand, dans une République en capilotade, la classe politique se proroge, se prolonge et se rallonge vers une reconduction sans...
commentaires (11)

Le provisoire qui dure dans un pays qui devient de plus en plus artificiel.

Sabbagha Antoine

21 h 56, le 07 novembre 2014

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Commentaires (11)

  • Le provisoire qui dure dans un pays qui devient de plus en plus artificiel.

    Sabbagha Antoine

    21 h 56, le 07 novembre 2014

  • POURQUOI NE PAS AVOIR FERME LES PORTES ET EFFECTUE UN VOTE POUR UN PRESIDENT PUISQUE POUR UNE FOIS LE QUORUM ETAIT ATTEINT On a perdu une belle occasion

    LA VERITE

    12 h 10, le 07 novembre 2014

  • Amusant...

    Soeur Yvette

    12 h 10, le 07 novembre 2014

  • Merci M. Nasr ..vous titillez la neurone de la réflexion et de l'interrogation ....en s'auto- prorogeant les 'bananeux ' de service ...vont ils nous dirent au final, que c'était pour diminuer la pression de l'auto en zone urbaine....!

    M.V.

    12 h 01, le 07 novembre 2014

  • Là...ces énergumènes auto-prorogés qui se qualifient du nom de "député" ont dépassé toutes les limites de l'indécence, du ridicule, aussi ! Pourtant il y a encore des gens dans ce pays pour les suivre, leur faire la courbette...quelle honte ! Notre Liban n'est plus une nation, mais une grande entreprise commerciale, qui ne profite justement qu'à ces énergumènes auto-prorogés sans honneur ni patriotisme... Irène Saïd

    Irene Said

    11 h 05, le 07 novembre 2014

  • Comme toujours, des trouvailles géniales à la Gaby Nasr! Par exemple, qui aurait pensé à celle-ci:"Du reste, cela fait toujours plaisir à voir quand un pays, éternellement en devenir, galope à bride abattue pour surdévelopper son sous-développement." Un vrai régal: le vendredi, il suffit de lire uniquement ce billet, et oublier le reste...

    Georges MELKI

    10 h 30, le 07 novembre 2014

  • Faut dire que les financements de maisons de retraite sont si faibles et si rare dans notre pays ...que le 3 et 4ème âge au pouvoir préfèrent s'auto-proroger pour bénéficier du foin au râtelier de l'état ...! of course (hippique lol) payé avec l'argent de nos impôts ....! ma grand mère disait: ce n'est pas en ferrant un âne ...que l'on en fait un cheval de course ...ce quelle ne savait pas c'est que les ânes pouvaient s'autoprorogé entre eux....!

    M.V.

    09 h 57, le 07 novembre 2014

  • L'ABRUTISSEMENT AUTO-ALLONGÉ ET AUTO-PROLONGÉ EST ATTEINT D'HÉBÉTUDE CHRONIQUE... AVEC PROSTERNATION ET DÉCULOTTAGE DEVANT LES ORDRES DE LEURS MAÎTRES DES DEUX DÉSERTS... DES VAURIENS ON NE PEUT ATTENDRE AUCUN BIEN !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 09, le 07 novembre 2014

  • Ce billet est genial!!

    Rula Rais

    08 h 19, le 07 novembre 2014

  • Toute cette tragi-comédie grotesque, qui donne la nausée et qui fait chavirer le pays, à cause d'une ambition effrénée, aveugle, incontrôlable, irresponsable d'un homme !!!!!

    Halim Abou Chacra

    03 h 16, le 07 novembre 2014

  • UNE QUESTION POUR TOI GABY. LEQUEL DE CES IMMORTELS DÉPUTÉS TE PRÉSENTE ?

    Gebran Eid

    02 h 54, le 07 novembre 2014

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