Une photo montrant l’endroit où est tombé l’obus qui a tué les deux jeunes Ukrainiens dans le stade foot. Dimitar Dilkoff/AFP
Au lendemain de la mort de deux adolescents dans des bombardements à Donetsk, dans l'Est rebelle de l'Ukraine, les autorités ukrainiennes, les séparatistes prorusses mais aussi Moscou se jettent la pierre. Sur place, les habitants laissent éclater leur colère.
Ils étaient en train de jouer au football sur le terrain de sports de l'école numéro 63, rue Stepanenko, lorsqu'un obus y est tombé, tuant sur le coup deux adolescents, l'un de 14 ans, l'autre de 18 ans. Plusieurs autres ont été blessés. Hier, sur ce terrain de sports, les anoraks ensanglantés des enfants tués étaient encore visibles. Des morceaux de chair aussi. À côté, un petit bouquet de fleurs des champs, déposé par un inconnu. Face à ce drame, les habitants ne décolèrent pas. « Les salauds qui ont fait ça, ils n'ont pas de conscience ? Il faudrait qu'ils viennent ici et voient ce qu'ils ont fait, ceux qui ont tué les enfants », s'indigne ainsi Vassili Pavlovitch, 58 ans, qui réside près de l'école. « Il faudrait leur arracher les yeux et les obliger à vivre comme nous sous les bombes toute la journée », poursuit-il.
Deux jours de deuil
La tragédie a provoqué un vif émoi en Ukraine, où les hostilités entre forces régulières et séparatistes prorusses ont fait plus de 4 000 morts depuis leur déclenchement en avril. « Tous sont choqués par cette attaque inhumaine », a réagi sur son compte Twitter le chef de la diplomatie ukrainienne Pavlo Klimkine, appelant l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) à dépêcher d'urgence ses observateurs sur « les lieux du crime » afin d'en désigner les coupables. Ces observateurs ont d'ailleurs commencé « leur travail et rassemblé des éléments », a précisé une porte-parole de l'Organisation, Irina Goudyma. De son côté, le « président » de la République populaire autoproclamée de Donetsk, Alexandre Zakhartchenko, a décrété deux jours de deuil, les 6 et 7 novembre, pour rendre hommage aux adolescents. Au lendemain de la tragédie, tous les parties impliquées dans le conflit s'accusent d'être responsables du drame. Un chef rebelle, Boris Litvinov, a ainsi directement mis en cause l'armée ukrainienne, tandis qu'un porte-parole militaire ukrainien rejetait, lui, ces accusations et diffusait des photos et vidéos prouvant, selon lui, que le bombardement venait d'une zone contrôlée par les séparatistes prorusses.
Nicolas MILETITCH/AFP


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18 h 35, le 07 novembre 2014