L'Ukraine a imposé hier le contrôle des passeports autour de l'Est rebelle prorusse, nouvelle mesure visant à isoler physiquement et économiquement ce territoire où les combats continuent malgré un cessez-le feu de plus en plus virtuel. Tout Ukrainien ou étranger devra désormais présenter son passeport pour entrer dans la zone sous contrôle rebelle ou quitter ce territoire où plus de 4 000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit armé en avril, ont annoncé les gardes-frontières. Kiev a par ailleurs interdit l'accès du reste du pays aux étrangers entrés dans l'Est par la partie de la frontière ukraino-russe sous contrôle séparatiste, a précisé le service. « C'est le territoire ukrainien. Mais puisqu'il est géré temporairement par les rebelles, nous devons introduire des contrôles », a commenté un haut responsable des gardes-frontières Sergui Astakhov. « Des Russes armés pénètrent sans aucun obstacle dans cette zone du côté russe. Nous devons faire en sorte qu'ils ne puissent aller au-delà de cette région », a-t-il ajouté. Ces décisions s'inscrivent dans le cadre du durcissement de la politique de Kiev annoncé après les élections séparatistes de dimanche, uniquement reconnues par la Russie, et qui ont, selon l'Ukraine et les Occidentaux, porté un grave coup au processus de paix. De plus, l'armée ukrainienne a démenti hier les allégations des séparatistes prorusses qui affirment que les troupes régulières ont lancé une nouvelle offensive dans l'est du pays. Pour sa part, le ministère russe des Affaires étrangères, Segeuï Lavrov, a estimé hier que les accords de paix pour l'Est séparatiste de l'Ukraine ont été « grossièrement piétinés » par Kiev qui, au lieu de favoriser la désescalade des tensions, a intensifié son opération militaire contre les rebelles prorusses. Sur le plan international, l'Union européenne a annoncé pour le 17 novembre la tenue d'un conseil de ses ministres des Affaires étrangères pour discuter notamment des sanctions contre Moscou après que les autorités russes eurent reconnu les « soi-disant élections » séparatistes en Ukraine. « Nous devrons discuter de l'action que nous devons engager » pour savoir « quel type de sanctions adopter », a souligné le chef de la diplomatie europénne Federica Mogherini.
Moyen Orient et Monde
Kiev isole l’Est rebelle où les combats font rage
OLJ / le 07 novembre 2014 à 01h32

