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Les Kurdes à Kobané attendent les renforts et repoussent un assaut jihadiste

Syrie-Irak

L'Iran renouvelle son soutien à l'Irak.

OLJ/AFP
21/10/2014

Les forces kurdes défendant la ville clé syrienne de Kobané attendaient des renforts mardi après avoir résisté à un nouvel assaut des jihadistes du groupe État islamique (EI).

Les combats semblent avoir baissé d'intensité dans cette ville kurde, frontalière de la Turquie, après une attaque lundi soir de l'EI menée entre autres par deux kamikazes, ont indiqué des témoins et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les forces kurdes résistent depuis plus d'un mois à Kobané, conquise à environ 50% par l'EI, aidées des frappes de la coalition dirigée par les États-Unis qui a encore mené quatre raids ces dernières 24 heures près de cette ville du nord de la Syrie ravagée par la guerre civile depuis 2011. La coalition a également lancé des frappes contre ce groupe extrémiste sunnite responsable d'atrocités, en Irak voisin où l'armée et les forces kurdes peinent elles aussi à repousser les jihadistes.

 

(Kobané : les images satellites avant et pendant la bataille)

 

Kobané est devenue le symbole de la résistance face à l'EI qui cherche à élargir son emprise territoriale en Syrie et en Irak, où il contrôle déjà de larges pans de territoire. "L'EI a tenté d'avancer dans le centre" et au nord de Kobané, et "il y a eu deux attaques suicide" lundi soir, selon un responsable local Idris Nassen, réfugié en Turquie. Les jihadistes tentent d'asphyxier Kobané, plus d'un mois après le début le 16 septembre de leur offensive, qui a poussé à la fuite plus de 300 000 personnes et fait plus de 700 morts selon l'OSDH. Des centaines d'habitants y sont encore bloqués.

 

Forcing anti-kurde de l'EI en Irak

Après avoir bénéficié lundi pour la première fois d'un largage d'armes par des avions américains, les forces kurdes à Kobané attendent toujours les renforts promis par le Kurdistan irakien après le feu vert donné par la Turquie à leur passage par sa frontière. "Nous avons de jeunes Kurdes originaires du Kurdistan occidental (Syrie, NDLR) que nous avons entraînés et nous allons les envoyer au combat", a déclaré à l'AFP Halgord Hekmet, porte-parole des peshmergas (combattants kurdes irakiens). Mais selon M. Nassen, aucun peshmerga n'était encore arrivé mardi dans la ville. "Nous n'avons aucune information à ce sujet".


(Lire aussi : Ces peshmergas qui parlent Facebook, Viber ou WhatsApp...)


La Turquie a confirmé qu'aucun combattant kurde n'avait encore passé sa frontière. "Les peshmergas doivent encore franchir (la frontière) entre la Turquie et Kobané, et cette question doit encore être discutée", a dit le ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, sans autre précision.

Malgré la grande attention portée sur Kobané, les États-Unis continuent de souligner que l'Irak, où les jihadistes ont conquis de larges secteurs dans des provinces au nord et à l'ouest de Bagdad, restait leur "priorité". Lundi, les jihadistes ont poussé vers le nord irakien et attaqué la ville de Qara Tapah, contrôlée par les Kurdes et située à une cinquantaine de km de la frontière iranienne. Quelque 9 000 personnes ont fui. "Nous avons réclamé un soutien aérien de la coalition", a déclaré un responsable militaire local.

 

(Lire aussi : Refusant l'ingérence, jusqu'à quand la Turquie acceptera-t-elle de rester passive ?)

 

Une femme lapidée

En Irak, la coalition a lancé ses premières frappes sur les positions de l'EI le 8 août, mais plus de trois mois après, elles commencent à montrer leurs limites face aux jihadistes qui contrôlent l'immense majorité de la province occidentale d'al-Anbar, frontalière de la Syrie.

Des responsables américains et irakiens ont reconnu qu'une stratégie purement aérienne ne permettrait pas de gagner cette guerre, soulignant la nécessité de renforcer l'armée irakienne, totalement dépassée au début, en juin, de l'offensive de l'EI.

Le nouveau ministre irakien de la Défense Khaled al-Obaïdi a d'ailleurs promis d'enquêter sur les manquements de l'armée et de demander des comptes aux responsables. Les jihadistes sont "une menace pour la région, et ces groupes terroristes tentent de créer la division entre chiites et sunnites", a déclaré le Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi en visite en Iran, puissance chiite de la région. "Nous nous tenons à vos côtés et nous défendrons votre gouvernement, comme le précédent", lui a dit le guide suprême iranien, Ali Khamenei, dont le pays a envoyé armes et conseillers militaires en Irak, pays à majorité chiite voisin de l'Iran.

D'autre part, les attentats anti-chiites se sont multipliés à Bagdad, faisant en trois jours plus de 50 morts.
Nouveau signe des atrocités commises par l'EI, une jeune femme accusée d'adultère a été lapidée par son père et des jihadistes dans le centre de la Syrie, selon une vidéo postée sur Youtube. Ce groupe fort de dizaines de milliers d'hommes est responsable d'autres exactions -viols, rapts, exécutions et décapitations dans le "califat islamique" proclamé sur les zones sous son contrôle.

 

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Hallak Andre

Daech est ébranlé sur le plan militaire et psychologique par la ténacité des Kurdes de Kobané car dans l’inconscient collectif de l’EI des hérétiques laïcs inférieurs en nombre ne peuvent triompher de l’armée du commandeur du croyant conditionnée et fanatisée au point de confondre la vie et la mort. Si les Kurdes sont épaulés par une coalition essentiellement occidentale .Daech dispose dorénavant d’un allié fiable, l’état islamique de Turquie. Celui-ci a privé les Etats-Unis de l’usage de leur immense base d'Incirlik, la plus proche du théâtre d’opération. Celle –Ci à 1600 Km de Moscou était le dispositif stratégique de l’Otan ; Avion espion et bombardier nucléaire stratégique y patrouillaient il y a quelques années encore .La Turquie a proposé au kurdes d’Irak de traverser ses frontières pour se battre auprès de leurs frères à Kobané .Mais, une fois en Turquie ils y sont insidieusement retenus et doivent assister aux assauts répétés de l’EI sans pouvoir prendre part aux combats. Aussi les Kurdes de turquie voulant rejoindre le théâtre d’opération de Kobané ont été bombardés par l’aviation turque. Cette attitude marquera l’histoire et fermera à jamais l’accès pour la Turquie à la citadelle Europe .Kobané a servit de révélateur sur le rôle de la Turquie quand a la naissance et la montée en puissance de l’EI. La coalition doit l’exclure de l’Otan et la sanctionner par une rupture échanges commerciaux.

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