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Moyen Orient et Monde

Ces peshmergas qui parlent Facebook, Viber ou WhatsApp...

Erbil
OLJ/AFP
18/10/2014

Ils sont assis devant des boissons énergétiques, smartphones sur la table, en jean et chemise. De retour du front contre l'État islamique (EI), les jeunes peshmergas sont loin du cliché des combattants des montagnes kurdes. On les avait presque oubliés depuis les années 1990 et la fin des insurrections contre Bagdad.

De ces peshmergas, « ceux qui ne craignent pas la mort », était restée l'image un peu surannée de montagnards féroces menant une guérilla, kalachnikov à la main. Mais l'offensive lancée en Irak début juin par l'EI a poussé toute une nouvelle génération à revêtir l'uniforme kaki. Des jeunes combattants qui donnent une image bien différente : modernes, urbains, biberonnés aux nouvelles technologies, presque décevants de normalité. Beaucoup ont grandi en ville, dans ce Kurdistan en plein boom économique qui connaît depuis plusieurs années une croissance supérieure à 10 %. Ils parlent Facebook, Viber ou WhatsApp. Ont souvent connu la guerre à travers les jeux vidéo, même si beaucoup ont appris à tirer avec la kalachnikov familiale.

À Erbil, de retour du front, ils troquent l'uniforme militaire contre un autre, urbain, et, quand ils sortent le soir, ils laissent dans la voiture un fusil d'assaut. En repartant à la guerre, ils glissent leur smartphone dans une poche du gilet pare-balles. « C'est la mondialisation, c'est un nouveau monde, et nous devons nous y adapter », commente le général peshmerga Sirwan Barzani. « Les jeunes d'aujourd'hui, ils ont tout : la technologie, les Smartphones, les applications... J'en ai vu un, hier au front, il avait un Iphone 6 », s'amuse-t-il.

Cela dit, dans la guerre contre l'EI, les générations cohabitent. Anciens en habit traditionnel – vêtement brun fendu jusqu'à la taille et large ceinture de tissu, nouveaux avec casquette, lunettes de soleil et smartphone. « Vous avez Facebook? » demandent-ils aux visiteurs occasionnels.
Basé dans les environs de Gwer, localité reprise à l'EI mi-août, Mohammad, 19 ans, reconnaît que « les anciens sont plus forts que nous. Même s'ils sont vieux, ils sont plus résistants, et ils connaissent des techniques que nous n'avons pas », ajoute-t-il. Enfin, par-delà la responsabilité, l'honneur, la défense de la patrie, une idée pointe, en filigrane, chez les jeunes combattants : être peshmerga, c'est accéder à un certain statut social, à une respectabilité.

 

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