Une capture d’écran d’une vidéo diffusée sur YouTube montrant un membre de l’État islamique (EI) en plein combat à Kobané. AFP Photo/ HO/Aamaq News Agency
La coalition internationale continue de cibler les jihadistes de l'État islamique à Kobané, en Syrie, mais la priorité de Washington reste de combattre l'EI en Irak.
Devenue le symbole de la lutte contre l'EI, la cité kurde de Kobané a de nouveau été hier le théâtre de combats acharnés entre les forces kurdes et le groupe extrémiste sunnite. De son côté, le général Lloyd Austin, chef du commandement militaire américain chargé de la région (Centcom), qui supervise la campagne de frappes aériennes en Irak et en Syrie, a évoqué « des signes encourageants » après la centaine de raids menés depuis fin septembre autour de cette ville située à la frontière turque. « Nous voyons les Kurdes se battre et regagner du terrain », s'est-il félicité, tout en tempérant tout excès d'optimisme car il est encore tout à fait possible, selon lui, que la ville tombe aux mains des jihadistes. En outre, d'après un responsable sur place, Anwar Moslem, la coalition, qui a mené de nouveaux raids hier, « a détruit beaucoup de véhicules et des pièces d'artillerie de l'EI. On voit les corps des combattants (de l'EI) dans les rues. Nos forces renforcent de leur côté leurs positions défensives (...) mais le danger est encore là ».
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Civils bloqués
Dans la journée, les jihadistes, qui contrôlent la moitié de la ville, ont lancé des attaques dans l'est et près du centre de Kobané tandis que la principale milice kurde, les YPG (Unités de protection du peuple), a mené des assauts dans le sud-ouest, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). En raison des tireurs embusqués de l'EI, les forces kurdes n'arrivent pas à évacuer les civils bloqués à l'intérieur de la cité, selon Anwar Moslem. Mais, d'après l'OSDH, un grand nombre refuse de toute façon de partir, « préférant mourir dans la ville plutôt que de s'exiler ». Pour aider les Kurdes, outre les frappes, des responsables américains ont rencontré pour la première fois des membres du principal parti kurde syrien hors de la région, selon des responsables américains. De plus, l'EI, qui a pris trois aéroports militaires depuis le début de l'année, a fait voler trois avions saisis à l'armée du régime, grâce à l'aide de pilotes de l'ex-armée irakienne, d'après l'OSDH.
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Nouvel attentat à Bagdad
Dans le même temps, et malgré l'engagement des États-Unis contre l'EI en Syrie, le général Lloyd Austin a souligné que l'Irak était la « priorité » de Washington et devait « le rester ». « Ce que nous faisons en ce moment en Syrie est fait avant tout pour améliorer les choses en Irak », a-t-il expliqué, évoquant la volonté de perturber ainsi les lignes d'approvisionnement de l'ennemi.
De leurs côtés, appuyées par des frappes aériennes de la coalition, les forces irakiennes sont passées à l'offensive pour « libérer des zones au nord de la ville de Tikrit », à 160 km au nord de Bagdad, selon un responsable local. Les forces de sécurité ont par ailleurs attaqué les jihadistes dans trois secteurs de Ramadi, ville qu'elles contrôlent partiellement, et ont repoussé un assaut dans le nord de la cité, selon un responsable provincial. Ramadi est le chef-lieu d'une province, celle d'al-Anbar, qui est désormais à 85 % aux mains de l'EI. De plus, selon le général Austin, il faudra un certain temps avant que l'armée irakienne ne soit en mesure de mener d'importantes offensives pour reprendre le terrain perdu depuis le début de l'année.
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Enfin, au moins 23 personnes ont été tuées hier dans l'explosion de deux voitures piégées dans des quartiers commerçants de Bagdad, régulièrement touchée par ce type d'attentats meurtriers, ont indiqué des sources médicales et sécuritaires. Un véhicule a explosé à Baladiyat, dans l'est de Bagdad, tuant au moins, tuant au moins 13 personnes, un deuxième a frappé Adhamiyah, dans le nord de la capitale, faisant au moins cinq morts, et un troisième le quartier de Karrada, dans le centre de Bagdad, où cinq personnes ont péri.
Analyse
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