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Turquie

Erdogan hausse le ton contre les manifestants kurdes, toujours mobilisés

Le coordonnateur de la coalition, le général américain à la retraite John Allen, a été dépêché hier à Ankara.

Des incidents entre manifestants kurdes et forces de l’ordre turques à Ankara. Adem Altan/AFP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a haussé le ton hier contre les manifestants kurdes à l'origine des émeutes qui ont fait plus de 20 morts dans le sud-est de la Turquie, alors que les violences se poursuivaient dans tout le pays. Comme son Premier ministre Ahmet Davutoglu la veille, l'homme fort du pays a dénoncé une tentative de « sabotage » des pourparlers de paix engagés par son régime avec les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et a promis de réprimer sans ménagement les fauteurs de troubles. « Nous ne tolérerons pas le moindre acte de menace ou d'intimidation qui remet en cause la paix en Turquie, sa stabilité et sa sécurité, et nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour combattre tous ceux qui commettent de tels actes d'intolérance », a déclaré M. Erdogan dans un message écrit.

 

(Eclairage : La zone tampon voulue par Ankara dans le nord de la Syrie vise avant tout à maîtriser la question kurde)


Sur le terrain, des incidents violents ont opposé dans de nombreuses villes de Turquie la police turque et des manifestants kurdes qui dénoncent le refus du gouvernement d'Ankara d'intervenir en Syrie, a-t-on appris de sources officielles locales. Malgré le couvre-feu militaire imposé dans six provinces du Sud-Est turc à majorité kurde, des centaines de manifestants sont à nouveau descendus dans les rues de Diyarbakir, Batman, Van ou Siirt, où ils ont lancé pierres et projectiles sur les forces de sécurité qui ont riposté avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes. Des incidents similaires se sont déroulés dans d'autres grandes villes du pays comme Istanbul, Ankara ou Mersin, ont rapporté les médias turcs. Le couvre-feu imposé par les autorités a été levé hier matin dans les grandes villes du Sud-Est mais devait être réinstauré en soirée. Selon le dernier bilan cité hier par les médias turcs, ces affrontements ont fait au moins 22 morts, de très nombreux blessés et d'importants dégâts matériels.

 

« De la frustration et de la colère »
Dans ce contexte, les États-Unis semblent frustrés des réticences de la Turquie à lutter contre le groupe État islamique, qui menace sa frontière avec la Syrie, mais Washington marche aussi sur des œufs avec son allié en raison de l'explosive question kurde. Signe également des frictions turco-américaines sur le conflit syrien, les deux gouvernements ont étalé au grand jour mercredi leur désaccord sur la sempiternelle question d'une « zone tampon » réclamée par Ankara à sa frontière avec la Syrie. « Il y a chez les Américains de la frustration et de la colère. Mais ils voient bien en même temps que la position des Turcs n'est pas évidente. Ils savent que les Turcs ont de bonnes raisons de ne pas intervenir », résume Bayram Balci, du Centre d'études et de recherche internationales (Ceri) de Sciences Po à Paris et du centre de réflexion Carnegie de Washington. Alors, pour tenter de convaincre une Turquie réticente de participer pleinement à la bataille contre les jihadistes, l'administration américaine dépêche hier à Ankara le coordonnateur de la coalition, le général à la retraite John Allen, et son adjoint Brett McGurk.

 

(Pour mémoire : Le revirement de la Turquie contre l’EI...)


Après trois semaines de bataille à Kobané, Washington exprime de plus en plus son impatience face aux hésitations de l'allié turc, seul pays musulman de l'Otan. « Il y a de plus en plus d'angoisse devant une Turquie qui traîne des pieds pour agir afin d'empêcher un massacre à moins d'un kilomètre de sa frontière », s'est ainsi emporté dans le New York Times un haut responsable américain. « Nous pensons clairement qu'ils peuvent faire davantage », a enfoncé la porte-parole du département d'État Jennifer Psaki, soulignant que le groupe EI représentait « une menace directe pour la Turquie ».

 

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan a haussé le ton hier contre les manifestants kurdes à l'origine des émeutes qui ont fait plus de 20 morts dans le sud-est de la Turquie, alors que les violences se poursuivaient dans tout le pays. Comme son Premier ministre Ahmet Davutoglu la veille, l'homme fort du pays a dénoncé une tentative de « sabotage » des pourparlers de paix engagés...

commentaires (2)

Et quand est ce qu'il va pousser une gueulante contre les daech salafowahabites allie d'israel ?? ne serait ce que ca au moins !!

FRIK-A-FRAK

09 h 50, le 10 octobre 2014

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Commentaires (2)

  • Et quand est ce qu'il va pousser une gueulante contre les daech salafowahabites allie d'israel ?? ne serait ce que ca au moins !!

    FRIK-A-FRAK

    09 h 50, le 10 octobre 2014

  • BATAL.... BILA... 3ASSA !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    08 h 04, le 10 octobre 2014