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Économie - Liban - Finances Publiques

L’adoption de la grille des salaires ne pèserait pas sur la livre

Si de nombreuses voix s'inquiètent de l'impact négatif sur l'économie libanaise qui serait provoqué par l'éventuelle adoption de la grille des salaires, il est important de distinguer les effets de cette loi sur l'augmentation du déficit et ses conséquences sur la santé de la livre libanaise. L'expert financier Walid Abou Sleiman revient sur cette distinction.

L’été a été animé pour les fonctionnaires, qui attendent toujours d’obtenir une revalorisation de leurs rémunérations. Photo Ibrahim Tawil

« En n'accomplissant pas leur devoir législatif, les députés en fonction depuis 2009 et qui ont vu leur mandat prolongé depuis, ont coûté à l'État plus de 400 milliards de livres. » Le constat est cinglant, surtout au moment où les organismes économiques et les politiques n'arrivent pas à s'entendre sur le financement des quelque 1 950 milliards de livres que devrait coûter la grille des salaires, si elle était adoptée. Walid Abou Sleiman, expert financier et président d'Aksys Capital, une « société financière spécialisée dans l'offre de prestations de services et de courtage » fondée en 2008, en est l'auteur. Contacté par L'Orient-Le Jour, il précise les propos qu'il a tenus au cours d'une interview diffusée sur la chaîne de télévision NBN et essentiellement axée sur cette épineuse question qui mobilise de nombreux fonctionnaires depuis plus de trois ans.


Pour M. Abou Sleiman, la clef de voûte du financement de la grille des salaires est le contrôle du déficit public. « Garantir les droits légitimes des fonctionnaires va forcément apporter une charge supplémentaire à l'équilibre du budget de l'État », ajoute-t-il, avant de rappeler que « la Banque du Liban (BDL) dispose de ressources suffisantes pour soutenir la monnaie nationale en cas de coup dur ». L'expert avance en effet qu'avec « des réserves de devises s'élevant à 35 milliards de dollars et un pourcentage d'environ 67 % de la masse monétaire et des dépôts libellés en dollars », la BDL a les clefs de sa propre stabilité. Une analyse qui rejoint celle du président de l'Association des commerçants de Beyrouth (ACB), Nicolas Chammas, en mai dernier, qui rappelait que le Liban pouvait aussi compter sur des réserves d'or estimées à 12 milliards de dollars. L'économiste en chef de la Byblos Bank, Nassib Ghobril, affirmait déjà, à l'époque, que « l'augmentation de la grille des salaires ne suffira pas à déstabiliser la livre ».


Si le débat sur l'affaiblissement de la monnaie nationale semble ne pas avoir lieu d'être, la question de l'augmentation du déficit public dans le cadre de l'adoption de cette loi reste, elle, essentielle, poursuit M. Abou Sleiman. L'une des raisons avancées pour l'expliquer est que certaines sources de financement de la grille des salaires sont « volatiles ». Qu'il s'agisse des recettes liées à l'augmentation de 1 point de TVA ou encore celles produites par les taxes sur les transactions immobilières, elles sont en effet amenées à fluctuer au gré de la conjoncture économique. « Or, avec une croissance qui ne devrait pas dépasser les 1 % en cas de reconduction des mandats des députés et de l'aggravation de la situation sécuritaire aux frontières, ces sources de financement seront probablemement revues à la baisse au détriment de l'équilibre des finances », poursuit l'expert. Une autre raison concerne la confiance des investisseurs étrangers. « Pour les différents organismes internationaux, l'augmentation rapide du déficit est un signe inquiétant », explique M. Abou Sleiman, qui craint à terme une dépréciation de la note financière du Liban, qui « risquerait alors de perdre son B- ». Mais à ce niveau, plus qu'un rétropédalage sur l'adoption de la grille des salaires, c'est « une diminution de la corruption d'au moins 50 % » qui permettrait d'obtenir des résultats satisfaisants en matière de contrôle du déficit public, conclut-il.

 

(Pour mémoire : « La grille des salaires a été enterrée »)


En ce qui concerne le déblocage institutionnel autour de l'adoption de la loi, M. Abou Sleiman estime que « le renvoi du texte auprès du Conseil économique et social est la démarche à suivre ». Sur la question du bien-fondé de la réticence des banques à mettre la main à la poche pour financer la grille des salaires, l'expert rappelle d'abord que « l'augmentation de 2 % de la taxe sur les dépôts ponctionnera les déposants en première instance ». Il estime en même temps que les « banques libanaises sont assez solides pour supporter la charge d'une éventuelle augmentation de la taxe sur les gains du capital, à condition toutefois de procéder à une réforme complète du système fiscal libanais ». Interrogé enfin sur la pertinence de la décision de séparer la grille des grades et des salaires des militaires de celle des autres fonctionnaires, il dit que cela « n'allégerait en aucune manière son poids pour les finances publiques ».


Rappelons que la commission parlementaire des Finances et du Budget s'est réunie mardi avec des représentants du Comité de coordination syndical (CCS) afin de se pencher sur le dossier de la grille des salaires, quelques jours après que le président de la Chambre Nabih Berry eut transféré une fois de plus le projet de loi aux commissions parlementaires mixtes. La réunion, à laquelle a assisté le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur Élias Bou Saab, a examiné le dossier des enseignants des écoles publiques et privées, ainsi que le cas des militaires. Parallèlement, le ministre de la Défense Samir Mokbel a appelé à la formation d'un comité restreint dont la mission serait de préparer un projet de loi relatif aux salaires des militaires d'ici à la fin du mois.

 

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« En n'accomplissant pas leur devoir législatif, les députés en fonction depuis 2009 et qui ont vu leur mandat prolongé depuis, ont coûté à l'État plus de 400 milliards de livres. » Le constat est cinglant, surtout au moment où les organismes économiques et les politiques n'arrivent pas à s'entendre sur le financement des quelque 1 950 milliards de livres que devrait coûter la grille des salaires, si elle était adoptée. Walid Abou Sleiman, expert financier et président d'Aksys Capital, une « société financière spécialisée dans l'offre de prestations de services et de courtage » fondée en 2008, en est l'auteur. Contacté par L'Orient-Le Jour, il précise les propos qu'il a tenus au cours d'une interview diffusée sur la chaîne de télévision NBN et essentiellement axée sur cette épineuse question qui...
commentaires (3)

Afin de regler tous les problemes economiques:grille des salaires,electricite,eau,dette de l'Etat,etc... , il faudrait que que tous nos responsables s'attellent nuit et jour, 24 heures sur 24,a regler un seul probleme : celui du gaz et du petrol (OFFSHORE). En effet, plus de 40 Compagnies prequalifiees sont pretes a soumissioner pour le forage, l'extraction,l'exploitation et la commercialisation de ces produits.Le ministere en charge de ce projet , ne fait que reculer la date de soumission de six mois en six mois pour des raisons ocultes. En attendant, nos voisins du Sud sont en train de pomper par "vase communicant", et bientot "il va rien nous rester". Une Commission Adhoc a ete formee il y a plus d'une annee pour le suivi de ce probleme . On n'en entend plus parler . Dette de plus de 65 milliards US.Dollars , grille des salaires, Electricite, Eau,etc...,Tous nos problemes pourrait etre regles a court , moyen et long terme et dans ce cas , c'est l'"ECONOMIE" qui va redresser la "POLITIQUE", la confiance va renaitre et les Touristes vont revenir. Gabriel

Assioun Gabriel

09 h 59, le 10 octobre 2014

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Commentaires (3)

  • Afin de regler tous les problemes economiques:grille des salaires,electricite,eau,dette de l'Etat,etc... , il faudrait que que tous nos responsables s'attellent nuit et jour, 24 heures sur 24,a regler un seul probleme : celui du gaz et du petrol (OFFSHORE). En effet, plus de 40 Compagnies prequalifiees sont pretes a soumissioner pour le forage, l'extraction,l'exploitation et la commercialisation de ces produits.Le ministere en charge de ce projet , ne fait que reculer la date de soumission de six mois en six mois pour des raisons ocultes. En attendant, nos voisins du Sud sont en train de pomper par "vase communicant", et bientot "il va rien nous rester". Une Commission Adhoc a ete formee il y a plus d'une annee pour le suivi de ce probleme . On n'en entend plus parler . Dette de plus de 65 milliards US.Dollars , grille des salaires, Electricite, Eau,etc...,Tous nos problemes pourrait etre regles a court , moyen et long terme et dans ce cas , c'est l'"ECONOMIE" qui va redresser la "POLITIQUE", la confiance va renaitre et les Touristes vont revenir. Gabriel

    Assioun Gabriel

    09 h 59, le 10 octobre 2014

  • SUR LA LIVRE... PEUT-ÊTRE... NON ! SUR L'ÉCONOMIE ET SUR LES LIBANAIS... EH BIEN, OUI !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    08 h 02, le 10 octobre 2014

  • Parole, Parole, aurait dit Dalida.Toutes sortes d'analyses, dites serieuses, qui ne menent a rien en fin de compte.On veut tout faire et tout dire pour justifier une inanite.Une dette de $70 milliards de dollars qui a ete creee et alimentee par des interets composes qui, eux, a leur tour, ont servi a "creer" ce secteur bancaire dont on vante la solidite.Et, le plus amusant, personne ne songe a evoquer l'option de repayer cette dette qui enfle a present de $15 million de dollars par jour, mais va inevitablement gonfler du double d'ici quelques annees.Ceci personne ne songe a l'envisager, a present.C'est tellement plus interessant de parler de Daech, de l'election d'un President, de la reconduction du Parlement, de la pluie et du beau temps, mais surtout pas des reformes qui pourraient, peut-etre, avoir lieu d'ici vingt ans, a condition que le Liban soit toujours la.Pauvre Liban!

    George Sabat

    06 h 30, le 10 octobre 2014

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