C'est dans des moments pareils que l'on se rend compte combien Ben Laden nous manque. Souvenez-vous : un paysage bucolique dans tous les tons gris et marron de la riante campagne afghane, des talibans hirsutes armés jusqu'aux gencives qui gambadent au milieu des champs de pavot, et un vieillard milliardaire tapi au fond d'une grotte en train de siroter son thé, absorbé dans la prière et la poussière... Spectacle émouvant d'une période à jamais révolue.
Bon, il avait bien quelques défauts, Oussama. Comme celui de jouer aux pirates d'avion barbus téléguidés pour les envoyer se télescoper dans les gratte-ciel. Et alors ? Tout le monde fait des erreurs de jeunesse. Mister Ben est resté jeune très longtemps, c'est tout.
Avec lui, au moins, les massacres se faisaient proprement et l'on était transformé en chaleur et vapeur sans angoisse ni stress. Pas comme ces disjonctés de Daech (à vos souhaits !) qui manient le coutelas et enrichissent leur tableau de chasse à la force du poignet. En jargon psy, on pourrait dire que ces patibulaires anonymes développent des pulsions agressives à tendances nettement régressives. Difficile d'enquêter dans un tel climat de tendresse.
Bref, c'est le principe de relativité dans toute sa splendeur. Rien à voir bien sûr avec celui d'Einstein, mais il est tout aussi croustillant. Flash-back et travelling arrière : dans les années 70, c'était le Palestinien Arafat qui était traité en pestiféré. Jusqu'à ce que le couple Habache-Hawatmeh le déclasse en faisant sauter des avions à coups de C4. La passion de l'aéronautique déjà ! Le barbu à la keffieh, devenu soudain fréquentable, a fini Prix Nobel de la paix. Maintenant, c'est Mahmoud Abbas qui fait office de centriste débonnaire face aux agités du Hamas, devenus à leur tour sociaux-démocrates devant les allumés du Jihad islamique.
Et le reste à l'avenant ! Au début de sa carrière, Ben Laden représentait le mal absolu. De nos jours et grâce aux talents créatifs des jihadistes, il ferait figure de gentleman-farmer travailliste.
Ainsi va le Proche-Orient. À voir les ahuris d'aujourd'hui, on se rend compte que les ahuris d'hier n'étaient finalement pas si ahuris que ça...
gabynasr@lorientlejour.com
Bon, il avait bien quelques défauts, Oussama. Comme celui de jouer aux pirates d'avion barbus téléguidés pour les envoyer se télescoper dans les gratte-ciel. Et alors ? Tout le monde fait des erreurs de jeunesse. Mister Ben est resté jeune très longtemps, c'est tout.Avec lui, au moins, les massacres se faisaient proprement et l'on était transformé en chaleur et vapeur...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Monsieur Nasr...j'attire votre aimable attention ...qu'en Afrique au Nigéria , il y a aussi ..., comme à l'époque romaine de Vespasien.... les °Bocaux Haram...que l'on appelle aussi les Ahuri-noir....
16 h 56, le 03 octobre 2014