Économie

La solvabilité du Liban poursuit sa chute

Liban - Classement
03/10/2014

Le magazine Institutional Investor a classé le Liban 115e sur 179 pays dans le monde en termes de solvabilité financière. « Concrètement, cela signifie que le pays du Cèdre aura plus de difficultés à honorer ses engagements financiers que 114 autres pays dans le monde », explique Mounir Rachid, le vice-président de la Lebanese Economic Association (Lea), dans un entretien accordé à L'Orient-Le Jour. Le Liban a ainsi reculé de cinq places alors qu'il s'était classé à la 110e position lors de l'étude précédente réalisée au mois de mars 2014.
Pour le président de la Lea, la position du Liban dans le classement d'Institutional Investor montre que « le pays n'est pas propice aux affaires, en raison notamment de la lourdeur des procédés administratifs ».
Le classement évalue la solvabilité des pays en les notant sur une échelle allant de 0 à 100, cette dernière note représentant les pays ayant le moins de chance de se trouver en défaut de paiement. Le Liban s'est ainsi vu attribuer le score de 30,7 points contre 31,3 en mars 2014 et 29,6 en septembre 2014. « Le risque du Liban est relativement élevé, précise Mounir Rached, en particulier en raison du niveau élevé de la dette publique et de la forte exposition des banques commerciales à cet endettement. »
Pour Nancy Élias, analyste financière, « ce rapport souligne les difficultés financières du pays à honorer ses engagements. Le ratio dette/PIB est à 140 % », insiste-t-elle. Elle aussi recommande une réforme du secteur public. « Nous payons chaque année 2 milliards de dollars à Électricité du Liban sans même pouvoir nous éclairer ! »
Malgré le niveau élevé d'endettement, pour chacun des deux économistes, le Liban est encore loin de la faillite. » Le défaut de paiement est pratiquement impossible, considère Nancy Élias. Cela grâce aux dépôts bancaires encore importants et au financement de la dette par le secteur privé.
« Le problème est que les banques commerciales sont ainsi fortement exposées à la dette publique, avertit Mounir Rached. Elles détiennent près d'un tiers des obligations d'État. »
Les deux économistes interrogés insistent et réitèrent l'urgence du besoin de réformes. « Le risque est la crédibilité du Liban à l'égard des autres pays, ajoute Nancy Élias. Le risque à terme est la difficulté du Liban d'emprunter auprès d'autres pays. Nous avons besoin de rigueur et d'une restructuration du secteur public, en particulier à l'heure où le pays connaît de tels défis. »
Le recul du Liban dans le classement d'Institutional Investor a constitué la 29e chute la plus importante dans le monde, précise Lebanon this Week de la Byblos Bank qui cite le rapport. À titre de comparaison, la moyenne mondiale a connu une augmentation de 1,3 % par rapport à la dernière étude du mois de mars, tandis que celle des pays arabes a légèrement baissé de 1,1 %. Le classement de cinq pays arabes s'est amélioré toujours par rapport à l'étude de mars dernier, onze ont reculé, tandis que trois pays de la région n'ont pas bougé et 11 ont reculé. La Norvège demeure le pays avec la meilleure solvabilité au monde selon Institutional Investor, tandis que la Somalie affiche la plus forte probabilité de défaut de paiement au monde.

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George Sabat

Que peut-on ajouter a cet excellent article? Peu de choses en fait. Sauf que pour un chirurgien , il ne suffit pas de correctement décrire le mal, il faut aussi en déterminer l'origine et réussir a l'extirper.
Quel est le mal dont nous souffrons présentement et comment le traiter?
4.5 million de Libanais souffrant de paresse mentale ont, au cours des 20 dernières années, stupidement et aveuglement confie le pays a une bande de profiteurs qu’ en ont, tout naturellement "profite" pour se remplir les poches.
Ces bandits, car il faut appeler les gens par leur nom, ont profite de la bêtise de leurs concitoyens, pour leur faire signer aveuglement a la fin de chaque exercice annuel des "traites" dont le montant annuel n'excédait pas, au départ, le milliard de dollars, mais lequel a atteint aujourd'hui les 5 milliards de dollars. Est-il possible d'atteindre un tel degré de bêtise, me demanderiez-vous? Je serais enclin de vous répondre: "Au Liban. Oui"
Sans omettre le fait que ces 5 milliards de dollars annuels vont encore doubler dans moins de huit ans, si rien n'est fait pour arrêter cette course vertigineuse vers l'abime. Un lecteur innocent serait enclin a me demander: Mais que fait-on pour arrêter ce suicide collectif? Si je lui répondais, en toute honnêteté: "Rien", il serait tente de prononcer le verdit d'Obélix: "Ils sont fous ces Libanais!
Plus de détails sur le sujet http://www.a-planned-development.blogspot

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