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Du terrorisme aux conflits entre voisins, l’eau du Moyen-Orient otage des tensions

Le bassin du Sénégal comme exemple...

OLJ
29/09/2014

Durant le forum de Blue Peace à Istanbul, une présentation a été particulièrement centrale, celle donnée par M. Ba Madine, secrétaire général de l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS). Et pour cause : le modèle de gestion de ce bassin de 300 000 kilomètres carrés est si original qu'il pourrait inspirer bien d'autres pays qui partagent un même bassin.
Selon M. Ba Madine, la volonté d'aménagement de ce bassin remonte au XIXe siècle mais s'est surtout concrétisée par la création de l'OMVS en 1972. « Les missions assignées à l'OMVS consistent à développer le bassin en assurant la sécurité alimentaire, le développement énergétique, le transport et la sauvegarde de l'environnement », a-t-il précisé. La gestion de tout le bassin, précise-t-il, est commune à tous les pays, notamment les investissements pour financer les ouvrages, avec une répartition des coûts et des charges suivant les États. « La gestion solidaire et consensuelle exclut le vote dans la prise de décision », ajoute-t-il.
« Cette forme de gestion a eu des résultats tangibles dans le bassin du fleuve Sénégal dans le domaine de l'énergie avec les barrages, dans le domaine agricole et dans le domaine du transport fluvial », précise-t-il enfin. Bref, une gestion où les responsabilités, les investissements tout comme les bénéfices sont répartis entre les quatre pays : la Guinée, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. Le bassin du fleuve Sénégal a été doté d'un statut international, ce qui signifie qu'il n'est plus la propriété des pays qu'il traverse, mais que son exploitation sert les intérêts de tous les pays suivant les besoins par secteur.
Ce modèle pourrait-il être envisageable au Moyen-Orient, où le rapport de force continue de régir la plupart des relations entre les pays ? En réponse à une question allant dans ce sens, M. Ba Madine a répondu : « Pour créer un tel système, il faut mettre les ego de côté. » Il n'a pas manqué de rappeler que les quatre pays du bassin du Sénégal ont connu des guerres par le passé, auxquelles le facteur de la répartition des ressources n'était pas étranger, mais que les négociations et l'entente, soutenues par une forte volonté politique, ont prévalu au final.

95 % de l'eau de l'Oronte est souterraine
Qu'est-ce qu'un tel modèle de gestion pourrait enseigner aux pays riverains sur des cours transfrontaliers, plus particulièrement dans le cas du bassin de l'Oronte ? Une chose est sûre, autour de ce fleuve qui trouve sa source à l'est du Liban, nous en sommes loin, étant donné que, malgré les accords signés autour de ce cours (dont nous n'aborderons pas les détails ici), ce bassin reste très mal connu, et ne fait pas encore l'objet d'une gestion en bonne et due forme.
Sur l'Oronte, une présentation a été faite par Christophe Bösch, directeur d'un projet sur ce fleuve au sein de l'Agence suisse pour le développement et la coopération, réalisé en collaboration avec des partenaires libanais, tels l'Institut de recherche agricole libanais (Iral) et l'Office du Litani. Il en ressort que les études qui étaient faites jusqu'à présent sur ce bassin sont largement insuffisantes, et que nous sommes loin d'une gestion commune. Le projet se concentre sur la collecte de données (« sauvetage » de données dans le cas de la Syrie, dont 70 % des terres agricoles autour du bassin sont abandonnées en raison de la guerre). Des stations ont été installées du côté libanais pour contrôler la qualité de l'eau.
Toujours selon M. Bösch, 95 % de l'eau de l'Oronte est souterraine. D'où le fait que l'impact sur la qualité de l'eau ne va pas nécessairement d'aval en amont, mais peut être d'amont en aval, les polluants (provenant du secteur agricole principalement) pouvant faire le chemin inverse dans les nappes phréatiques. Quoi qu'il en soit, selon M. Bösch, le système commence à être mieux connu.

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